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Quand la pandémie oblige les designers à repenser les espaces publics

Un barman derrière une séparation en plexiglas dans un bar.

Le Plexiglas a envahi les espaces publics pour créer des barrières sécuritaires et transparentes entre clients et employés.

Photo : Radio-Canada

Camille Renarhd

L’organisation des espaces publics a été bouleversée durant la pandémie. Les restaurants, les épiceries ou encore les pharmacies et les transports en commun ont dû réinventer leurs espaces en fonction des nouvelles consignes sanitaires. Cela représente un défi de taille pour les designers et les architectes, dont le métier est de penser et de créer de tels espaces.

Barrières en Plexiglas, signalétiques au sol et stations pour la désinfection des mains se sont intégrées à notre quotidien. Comment ces éléments peuvent-ils maintenant être intégrés au travail des designers et des architectes?

Abigaïl Hoover (à droite) et Tom Kunz (à gauche) dans la galerie d'art visuel de l'Université de l'Alberta.

Tom Kunz (à gauche) et Abigail Hoover (à droite) sont tous deux étudiants en design et conception industrielle à l'Université de l'Alberta.

Photo : Radio-Canada

Tom Kunz et Abigail Hoover sont tous deux étudiants en design et conception industrielle à l’Université de l’Alberta. Ils seront bientôt sur le marché du travail, directement aux prises avec ces nouvelles réalités.

Ils avouent tous deux que rien ne vaut le présentiel et que, comme le dit Abigail Hoover, terminer son diplôme à distance est une pilule dure à avaler.

Pourtant, ils admettent que le contexte particulier créé par la pandémie leur a permis de développer de nouveaux outils et des capacités de résilience.

Réagir à ces imprévus, c'est la clé de notre succès, admet Tom Kunz, qui espère trouver du travail dans une entreprise où il pourra travailler en équipe.

Il y a assurément une occasion à saisir, renchérit Abigail Hoover en parlant du contexte de travail qu’offre la pandémie.

Ils font d’ailleurs tous deux partie d’un projet qui leur demande de repenser le bureau central d'orientation scolaire sur le campus de l’Université. Cela leur permet déjà de penser leur métier différemment en imaginant comment les futurs étudiants utiliseront cet espace.

Tom Kunz croit qu’avec la pandémie, les gens développent un autre rapport aux espaces qui perdurera dans les prochaines années. Quand on regarde un espace, le grand public sait maintenant qu'il faut évaluer : est-ce que je vais tomber malade ici? explique-t-il.

Il y a un an, nous n'avions pas à penser à ce genre de choses, fait remarquer Abigail Hoover.

Ils admettent tous deux qu’ils est important d’intégrer les nouvelles normes de sécurité, sans pour autant arrêter d’être créatifs.

Les ventes de Plexiglas ont explosé

Le Plexiglas est, par exemple, un des matériaux qui est présent partout dans les espaces publics et qui permet de créer des séparations translucides entre les clients et les employés.

L'entreprise Plexi Canada, établie à Calgary, existe depuis le mois de juin. Comptabilisant environ 1000 ventes chaque mois partout au pays, elle a un chiffre d’affaires mensuel qui atteint les centaines de milliers de dollars.

Tom Kunz espère que de nouvelles solutions seront inventées par les designers.

Espérons que nous verrons moins de Plexiglas, tout en faisant en sorte que les espaces soient sécuritaires! s’exclame-t-il.

Il estime qu’il faut repenser complètement les espaces et leur usage, et que la pandémie permettra des innovations en ce sens.

Faire tomber les barrières

Aidan Rowe devant le bâtiment de la faculté des Beaux-Arts.

Aidan Rowe est professeur agrégé de design à l'Université de l'Alberta.

Photo : Radio-Canada

Aidan Rowe, professeur agrégé de design à l'Université de l'Alberta, croit justement qu’il faut faire tomber les barrières et préserver la qualité des espaces publics.

Il encourage ses étudiants à penser au-delà des solutions temporaires.

Plutôt que des applications temporaires, comme le Plexiglas et les masques, quelles choses plus importantes pouvons-nous faire dans notre nouveau monde? demande-t-il.

Au lieu de créer des espaces avec des barrières provisoires, il s’agira peut-être de concevoir des espaces moins denses, avec une meilleure ventilation, plus de fenêtres ou encore des boucliers de protection esthétiquement plus agréables à regarder, avance-t-il.

Aidan Rowe remarque que ce que la pandémie a mis en évidence, c’est notre dépendance à l'égard de nos espaces extérieurs, qui doivent être au cœur du travail des designers et des architectes.

Si ses étudiants peuvent tirer une chose de la pandémie, c'est que leur rôle est plus important que jamais, selon Aidan Rowe.

Avec les informations de Katrine Deniset

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