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Les deux Michael seront jugés derrière des portes closes

Michael Kovrig (à gauche) et Michael Spavor (à droite) ont été arrêtés par les autorités chinoises.

Michael Kovrig (à gauche) et Michael Spavor sont emprisonnés en Chine depuis 829 jours.

Photo : La Presse canadienne/Twitter

Radio-Canada

Les procès de Michael Kovrig et Michael Spavor, accusés d’espionnage en Chine, se dérouleront derrière des portes closes, selon ce qu’a fait savoir jeudi le gouvernement canadien.

Une note officielle reçue des autorités chinoises indique que ces procès sont fermés à la fois au public et aux médias, indique Affaires mondiales Canada dans une déclaration envoyée à CBC.

Malgré plusieurs requêtes officielles aux autorités chinoises, des responsables canadiens n’ont toujours pas reçu la permission d’assister aux procès, ajoute le ministère.

Nous restons profondément troublés par le manque de transparence entourant ces procédures, conclut-il, en précisant ne pouvoir en dire davantage en vertu de la Loi sur la protection des renseignements personnels.

Michael Kovrig, un ex-diplomate canadien, et Michael Spavor, un homme d'affaires, ont été arrêtés en Chine en décembre 2018. Ils y sont détenus depuis 829 jours.

Le procès de M. Spavor s'ouvrira vendredi et celui de M. Kovrig, lundi, avait annoncé mercredi Affaires mondiales Canada.

Le sort réservé à ceux qu'on appelle les deux Michael est considéré par Ottawa comme une mesure de représailles à l'arrestation de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou.

La fille du fondateur du géant chinois des télécommunications a été arrêtée le 1er décembre 2018 à Vancouver, à la demande de Washington, qui l'accuse d'avoir contourné les sanctions américaines contre l'Iran.

La procédure d'extradition visant Meng Wanzhou est entrée dans sa dernière phase. Les dernières audiences avant une décision canadienne sont prévues en mai.

M. Spavor, un homme d'affaires actif en Corée du Nord, est accusé d'avoir volé et transmis illégalement des secrets d'État à destination de l'étranger.

M. Kovrig, qui agissait comme consultant pour l'International Crisis Group (ICG) au moment de son arrestation, est accusé d'avoir recueilli des secrets d'État et des renseignements à destination de l'étranger.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, Marc Garneau, a répété mercredi qu'Ottawa considérait leur détention comme arbitraire et a demandé une fois de plus leur libération immédiate.

Il y a deux semaines, le premier ministre canadien Justin Trudeau a accusé Pékin d'avoir fabriqué de toutes pièces les accusations déposées à leur encontre.

Il est évident que les deux Michael ont été arrêtés sous de fausses accusations [...] après que nous nous sommes acquittés de nos responsabilités envers le traité d'extradition et envers notre allié, les États-Unis, a-t-il dit.

Un jugement de culpabilité quasi certain

L'ancien ambassadeur du Canada en Chine Guy Saint-Jacques a expliqué en entrevue à 24•60 que les dés sont pipés contre les deux Michael.

Nous savons que le verdict est connu d'avance. Une fois qu'un suspect est officiellement accusé en Chine, il a plus de 99,2 % de chances d'être trouvé coupable, a-t-il soutenu.

Il a également expliqué que les deux Michael n'ont pas le droit de consulter leurs avocats pendant le procès et qu'ils n'ont pas non plus le droit d'apporter des notes dans la salle de cours. Ils doivent mémoriser tout ce qu'ils veulent présenter.

La peine de mort est possible, mais je pense que ce serait très surprenant. Il y aurait une levée de boucliers. Cela dit, je m'attends à ce qu'il y ait une sentence très sévère.

Une citation de :Guy Saint-Jacques, ancien ambassadeur du Canada en Chine

Selon lui, leurs sentences pourraient être connues aussi rapidement que d'ici quelques semaines.

De plus, l'annonce de la tenue de ces deux procès au moment où les Chinois doivent rencontrer les Américains lors d'un sommet en Alaska, n'est pas une coïncidence, estime M. Saint-Jacques. Il est d'avis que la Chine tentera d'user des procédures judiciaires comme d'un levier de négociation pour demander la libération de Mme Meng auprès des États-Unis.

Deux familles inquiètes

Les proches de Michael Spavor ont fait une rare déclaration publique jeudi et ont clamé son innocence. En tant que famille, nous avons choisi de demeurer largement à l'écart des médias afin de respecter la demande de Michael de préserver sa vie privée, ont expliqué les proches de l'homme d'affaires. En ce moment, nous croyons toutefois qu'il est nécessaire de prendre la parole pour demander sa libération sans condition.

Son maintien en détention est à la fois injuste et déraisonnable, plus encore compte tenu du manque de transparence de cette affaire, ont-ils dénoncé, en indiquant que Michael Spavor n'était qu'un homme d'affaires canadien ordinaire.

Il aimait vivre et travailler en Chine et n'aurait jamais rien fait pour nuire aux intérêts de la Chine et du peuple chinois. Nous soutenons Michael et maintenons son innocence en ces temps difficiles.

La famille de l'ex-diplomate Michael Kovrig s'est elle aussi exprimée. En entrevue à CBC, son épouse Vina Nadjibulla a indiqué qu'il s'agissait d'une période délicate et très émotive pour sa famille.

Nous soupçonnions que ce jour viendrait plus tôt que tard, a-t-elle fait savoir. Reste que ça fait beaucoup à absorber, c'est dur émotivement et c'est difficile d'exprimer tout ce que cela signifie pour nous.

L'employeur de Michael Kovrig, l'International Crisis Group, a aussi publié une déclaration jeudi dans laquelle il presse la Chine de libérer l'ex-diplomate. Dès qu'il a été arrêté, la nature politique de cette affaire est apparue très claire. Les décisions prises au sein du système judiciaire chinois ne changeront rien à cela, a déclaré le président par intérim de l'organisation, Richard Atwood.

Après 830 jours d'emprisonnement, Michael devrait être libéré immédiatement afin de pouvoir retourner chez lui, auprès de ses proches.

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