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Vol PS752 : le BST juge insuffisant le rapport de l’Iran

Un policier monte la garde alors que l'on voit les débris d'un avion ukrainien qui s'est écrasé à Shahedshahr, au sud-ouest de la capitale Téhéran.

Le vol PS752 s'est écrasé en Iran en janvier 2020 avec 176 personnes à bord.

Photo : Associated Press / Ebrahim Noroozi

Radio-Canada

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) estime que le rapport de l’Organisation de l’aviation civile iranienne (CAO) qui visait à mettre en lumière les causes de l’écrasement du vol PS752 « indique ce qui s’est produit, mais n’explique pas pourquoi cet événement s’est produit ».

Dans son rapport publié mercredi, la CAO conclut que le vol PS752 d’Ukraine International Airlines a été abattu parce qu’une unité de défense aérienne a pris le Boeing 737 pour une menace. Cette méprise aurait été causée par un mauvais alignement du radar du lance-missile. De plus, selon le rapport, l’opérateur n'avait pas reçu l’autorisation de tirer de la part des officiers supérieurs, comme il le faudrait.

Bien que le BST considère qu’il s’agit d’une explication plausible de ce qui s’est produit, l’organisme indépendant déplore le manque d’informations détaillées sur la façon dont le mauvais alignement s’est produit et sur les mesures prises pour s’assurer qu’il était convenablement calibré.

Il est inhabituel pour le BST de commenter les résultats d’un rapport sur un incident survenu dans un autre pays. En vertu des règles de l’aviation civile internationale, c’est le pays où l’incident a eu lieu qui est responsable de l’enquête. Mais Kathy Fox, la présidente du BST, a qualifié jeudi la situation d'inédite compte tenu du fait que l’enquête a été menée par l’État dont les forces militaires étaient en cause dans l’événement, de même que de l’impact de l’événement au Canada.

Le rapport met beaucoup l’accent sur ce qui s’est passé, mais pas sur le pourquoi, et c’est le pourquoi qui est le plus important pour éviter de tels incidents par la suite, dit Natacha Van Themsche, directrice des enquêtes du secteur aérien du BST.

Le BST estime aussi que des informations sont manquantes quant à la formation, l’expérience ou la compétence de l’opérateur du lance-missile, ou sur les raisons ou les manières dont les communications requises avec le commandement central n’ont pas été respectées ou n’ont pas pu être effectuées.

Au niveau de l’opérateur, c’était quoi sa formation? Ce sont des détails qu’il nous faut pour nous permettre de comprendre ce qui s’est passé, dit Mme Van Themsche.

Pourquoi garder l’espace aérien ouvert?

En outre, le BST ne croit pas que les résultats de cette enquête réduiront à l'avenir les risques que courent les compagnies aériennes commerciales dans l'espace aérien iranien.

Il [le rapport] n’explique aucun des facteurs sous-jacents à l'origine du lancement des missiles vers le vol PS752, la cause déclarée de cette tragédie

Une citation de :Natacha Van Themsche, directrice des enquêtes du secteur aérien du BST

Sans cette information, comment le milieu de l’aviation peut-il être assuré qu’une erreur aussi tragique ne pourra pas se reproduire? demande-t-elle.

Un groupe représentant les familles des victimes a également rejeté les conclusions du rapport iranien comme criblées d'incohérences et de fabrications, qui sont manifestement insuffisantes pour expliquer les deux tirs de missiles.

Ralph Goodale, l'ancien ministre libéral de la Sécurité publique qui a été nommé conseiller spécial du Canada pour la réponse à cette tragédie, a qualifié le rapport iranien de peu convaincant, de n'importe quoi et d'insultant pour les proches des victimes.

La Grande-Bretagne, l'Ukraine, l'Afghanistan et la Suède ont aussi perdu des ressortissants dans cette tragédie. Ces pays ont formé une coalition avec le Canada pour traiter avec l'Iran, exigeant des indemnités et un rapport plus transparent sur ce qui s'est réellement passé ce mercredi 8 janvier 2020.

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