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Une culture de la confiance à rebâtir à Services aux Autochtones en Atlantique

Confrontée à un climat toxique, l'organisation vouée à la santé des Autochtones est appelée à changer ses pratiques de travail pour guérir les blessures du passé.

Un immeuble de bureaux avec un drapeau canadien et un ordinateur sur lequel une personne travaille.

Un changement de culture interne est conseillé par une firme qui s'est penchée sur le cas de la DGSPNI.

Photo : Radio-Canada / Photomontage/Sophie Leclerc

Geneviève Normand

La Direction générale de la santé des Premières Nations et des Inuit (DGSPNI) devrait « immédiatement » entreprendre un processus de réparation au sein de son équipe de gestion en Atlantique, peut-on lire dans un document interne dont Radio-Canada a obtenu copie.

Cette recommandation, une parmi plusieurs, est le résultat d'un examen du milieu de travail mené au sein du ministère des Services aux Autochtones (SAC) par une firme indépendante.

Au terme d’un processus d’évaluation qui a pris la forme de rencontres individuelles avec des gestionnaires l’automne dernier, les deux consultantes mandatées par le ministère ont recommandé à la haute direction d’entreprendre un processus réparateur.

En novembre, Radio-Canada levait le voile sur un climat toxique persistant au sein du bureau de l’Atlantique. De multiples sources avaient dit s’être senties humiliées, rabaissées et intimidées par la directrice exécutive régionale, Debra Keays-White, que certains avaient décrite comme une microgestionnaire abusive.

Dans un document interne et confidentiel daté du 18 janvier que Radio-Canada a obtenu, la firme HR Atlantic offre un condensé des thèmes qui ont été abordés lors de l’évaluation : ce qui va bien, le leadership et la gestion, la culture et l’environnement, ainsi que la charge de travail.

Le document de deux pages est un sommaire des participants. Il présente également sept recommandations. La première consiste à rebâtir une culture de la confiance, de la responsabilité et un sentiment de sécurité au travail.

Les deux consultantes proposent aussi que l’organisation revoie ses politiques et procédures à propos du harcèlement au travail pour s’assurer qu’elles soient appropriées et que les plaintes soient adéquatement traitées.

D’autres recommandations telles qu’un renforcement des stratégies des ressources humaines ainsi qu’une clarification des rôles et des responsabilités figurent dans la liste.

L’accumulation de différentes situations fait en sorte que certains sentent que l’environnement de travail n’est ni sain ni sécuritaire sur le plan psychologique.

Une citation de :extrait du Sommaire des participants

En aucun cas le nom de Debra Keays-White ne figure dans le document interne. Ce dernier y fait néanmoins allusion à quelques reprises. Par rapport au leadership de la directrice exécutive régionale, peut-on lire en anglais, des inquiétudes partagées portaient sur sa tendance à exercer son contrôle à travers un modèle de décision centralisé. Le document note en revanche ses compétences exceptionnelles à tisser des liens avec les communautés autochtones.

Toujours selon ce même sommaire, des participants ont qualifié la directrice exécutive régionale de microgestionnaire et estiment que le ministère n'agit pas pour répondre aux plaintes et aux préoccupations soulevées par le personnel.

Non pas une, mais deux évaluations

Le ministère des Services aux Autochtones a indiqué par courriel à Radio-Canada que la gestion de la DGSPNI en Atlantique a fait l’objet de deux évaluations du lieu de travail en l’espace de cinq mois.

La première, amorcée en septembre, pour laquelle nous avons obtenu le sommaire, était axée sur l’équipe de direction, alors que la seconde, lancée en novembre à la demande des employés, permettait à l’ensemble du personnel de faire entendre sa voix.

Les employés ont exprimé un intérêt à participer à la conversation, précise par écrit une porte-parole des relations aux médias aux SAC. Cette seconde évaluation s’est conclue à la mi-janvier.

Préoccupations en lien avec les employés autochtones

Selon le document de HR Atlantic, des gestionnaires fédéraux ont aussi exprimé des inquiétudes par rapport aux pratiques d’embauche, aux possibilités de promotion ainsi qu’au roulement du personnel.

Des inquiétudes en lien avec l’embauche et le soutien au personnel autochtone ont été soulevées, peut-on lire en deuxième page. Il a été entendu que certaines personnes interrogées percevaient un comportement irrespectueux et offensant au travail.

La semaine dernière, une autre enquête de Radio-Canada révélait que les ministères au service des Autochtones menaient la vie dure aux employés autochtones.

Appelée à faire une mise au point sur la situation à la DGSPNI en Atlantique, une porte-parole a indiqué que le ministère demeure déterminé à poursuivre des dialogues constructifs avec les employés concernant le climat de travail.

Nous tenons à assurer aux employés que nous sommes déterminés à poursuivre la conversation et à travailler avec eux dans le cadre de l’élaboration et de la mise en œuvre d’un plan d’action qui vise à répondre à leurs préoccupations.

Une citation de :Une porte-parole du ministère

À la fin février, la sous-ministre déléguée au SAC, Valérie Gideon, n’a pas commenté le dossier de la DGSPNI en Atlantique lors d’un entretien virtuel. Un autre cadre supérieur a été assigné de façon intérimaire au poste de Debra Keays-White en Atlantique en novembre dernier.

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