•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La vie dans une bulle : 132 matchs de hockey, 87 nuits à l’hôtel et 137 tests de dépistage

Phil Laplante tient la Coupe Stanley au bout de ses bras lors d'une fête à l'hôtel.

Après le dernier match de la finale, Phil Laplante a pu se faire photographier tenant la Coupe Stanley avec le capitaine du Lightning Steven Stamkos.

Photo :  Courtoisie / Phil Laplante

Radio-Canada

L’opérateur de caméra Phil Laplante ne savait pas trop ce qui l’attendait quand il a accepté de se joindre à l’équipe technique responsable de la diffusion des matchs de séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey (LNH), disputés à Edmonton. Le concept d’environnement protégé, aussi appelé bulle, en était alors à ses premiers balbutiements.

Le monde du sport a pris les grands moyens pour s’assurer que des événements d’envergure pouvaient être présentés, malgré la pandémie de COVID-19.

Les ligues avec en poche de gros contrats de télévision, comme la NBA et la LNH, auraient perdu beaucoup d’argent si elles n’avaient pas été en mesure de présenter leurs séries éliminatoires.

Quand la LNH a dévoilé son concept de bulle dans les villes de Toronto et d’Edmonton, elle a beaucoup insisté sur les éléments de sécurité mis en place pour les joueurs. On a aussi présenté les ressources mises à leur disposition pour qu’ils puissent occuper leur temps libre.

Il a rarement été question de ce qui avait été fait pour les autres personnes dans la bulle, mais cela ne signifie pas qu’on les a oubliés.

La LNH a pris notre sécurité très au sérieux, mentionne Phil Laplante. Les responsables de la ligue savaient que si l’un d’entre nous était infecté, c’est toute la diffusion qui aurait été en péril.

Durant les premières semaines, les journées de travail étaient longues avec deux ou trois matchs par jour. Les temps libres étaient donc presque inexistants.

Phil Laplante et ses collègues ont dû attendre la fin du deuxième tour avant de pouvoir profiter de ce qui avait été mis à leur disposition.

L’hôtel où ils résidaient leur a, par exemple, ouvert les portes de la salle d’entraînement et de la piscine.

C’était étrange, par les fenêtres à la piscine, je pouvais voir ma maison, se souvient-il.

Même s’il n’est pas situé au centre-ville, le stade du Commonwealth faisait aussi partie de l'environnement sécurisé. Phil Laplante s’y est rendu trois ou quatre fois par semaine pour monter et descendre les escaliers afin de maintenir sa forme physique et mentale.

J’ai compté toutes les marches du stade! Il y en a 3376 dans la section du bas et 5576 dans la section du haut.

Une citation de :Phil Laplante

À l’extérieur de l’hôtel et de la Place Rogers, les membres de l’équipe pouvaient avoir des interactions avec les joueurs. Phil Laplante se souvient particulièrement d’un moment étrange avec Nathan MacKinnon de l’Avalanche du Colorado.

J’étais assis près du camion Tim Hortons et Nathan MacKinnon s’est présenté pour acheter un café. Près du comptoir, il y avait un présentoir sur lequel on avait placé une immense publicité incitant les clients à collectionner les bâtons des joueurs de la LNH. MacKinnon s’est retourné et m’a regardé. Je me suis mis à rire. Il m’a dit: "c’est un peu étrange non?" Et il s’est aussi mis à rire, raconte-t-il.

Deuxième bulle

Depuis plusieurs années, Phil Laplante fait partie de l’équipe technique qui travaille pour assurer la diffusion du Championnat mondial de hockey junior, peu importe l'endroit dans le monde où l'événement est présenté.

Pour poursuivre cette tradition du temps des fêtes, il a accepté à nouveau de se joindre à l’équipe et de passer trois semaines supplémentaires dans un environnement protégé.

La bulle était semblable en ce qui concerne la sécurité. Il fallait subir un test tous les jours avant d’entrer dans l’amphithéâtre. La grande différence entre les deux bulles concerne surtout le nombre d’activités offertes, car la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) n’a pas le même budget que la LNH, explique-t-il.

Contrairement aux séries éliminatoires, quelques journalistes qui étaient aussi dans la bulle, pouvaient faire des entrevues face à face avec des joueurs entre les périodes et après les rencontres.

Tout était marqué. Il y avait un X sur le sol à l’endroit où devait se trouver le joueur, un à l’endroit où devait être le journaliste, un autre pour le caméraman et un dernier pour les lumières, raconte Phil Laplante.

Un représentant de l’IIHF était toujours présent pour s’assurer que les distances étaient respectées. Durant une des entrevues en direct, on a même pu entendre très clairement le son de son ruban à mesurer, ajoute-t-il.

Des hauts et des bas

Phil Laplante a adoré son expérience à l’intérieur des deux bulles, mais il admet avoir vécu certains moments plus difficiles.

Quand les gens sont isolés pendant une longue période, il arrive un moment où le sentiment de solitude devient plus fort que tout. On sent que tout va bien et soudainement ça nous frappe, partage-t-il.

Quand ça m’est arrivé, j’étais incapable d’arrêter de pleurer. Je suis certain que tous ceux qui ont passé beaucoup de temps dans la bulle ont vécu la même chose.

Une citation de :Phil Laplante

Le moment fort de son expérience est survenu le soir du dernier match, alors que les joueurs du Lightning de Tampa Bay ont éliminé les Stars de Dallas.

Après avoir ramassé leur équipement, les techniciens sont sortis de la Place Rogers. En levant la tête, ils ont vu un joueur du Lightning sur un balcon qui tenait la Coupe Stanley à bout de bras. Phil Laplante et ses collègues se sont alors mis à crier pour le féliciter. Leurs cris ont attiré des coéquipiers qui sont aussi sortis sur le balcon pour soulever le précieux trophée.

C’était incroyable, nous étions les seuls au monde à pouvoir crier comme ça et je pense que nous avons aidé les joueurs à réaliser ce qu’ils venaient d’accomplir, dit-il.

Phil Laplante a ensuite eu la chance d’entrer dans la salle où se déroulait la fête du Lightning. Le capitaine Steven Stamkos l’a invité à se faire photographier avec lui et la Coupe Stanley.

Ça fait plus de 25 ans que je travaille lors d’événements sportifs d'envergure, mais je n’ai jamais vécu un moment comme celui-là, admet-il.

En attendant le retour des séries, Phil Laplante travaille lors des matchs des Oilers et des Flames. Il n’a pas à subir de tests de dépistage tous les jours et, comme les joueurs, il peut retourner chez lui après les rencontres.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !