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Lettre de la ministre Squires sur le 219 Provencher : Brian Bowman défend la Ville

Le soleil plombe sur le dessus de l'ancien hôtel de ville. Deux grosses affiches sont collées au bâtiment. L'une d'Enterprises Riel et l'autre de la maison des artistes visuels francophones.

Des résidents du quartier ont installé une pancarte pour montrer leur opposition à la vente de l'ancienne mairie de Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada / Zoé Le Gallic-Massie

La ministre responsable des Affaires francophones du Manitoba, Rochelle Squires, a demandé à la Ville de Winnipeg de « revenir sur sa décision de vendre la totalité du campus civique de Saint-Boniface » et de consulter les francophones sur l’avenir de l’hôtel de ville.

Dans une lettre adressée au maire Bowman datant du 17 mars, la ministre Squires soutient que l’ancien hôtel de ville de Saint-Boniface est un site historique national et un symbole important pour la francophonie manitobaine.

Il devrait certainement rester dans les mains de la communauté qui le chérit, plutôt que de devenir une propriété privée, écrit-elle. 

Rochelle Squires s'exprime devant un micro en gros plan.

La ministre des Affaires francophones du Manitoba, Rochelle Squires, appuie la communauté de Saint-Boniface qui s'oppose à la vente de l'ancienne mairie.

Photo : Radio-Canada

Je suis convaincue que vous pouvez trouver une façon de vendre les autres terrains du campus, y compris la caserne des pompiers, pour qu’ils soient développés comme prévu, poursuit la ministre des Affaires francophones. 

Lundi, une quinzaine de personnes se sont présentées en délégation devant le comité permanent sur la propriété, le patrimoine et le développement du centre-ville dans l’espoir de convaincre ses membres de ne pas vendre le bâtiment.

Le comité permanent avait à son ordre du jour une motion de Mathieu Allard adoptée par le comité communautaire Riel en février lui demandant de reconsidérer sa décision. La motion visait en particulier à retrancher de la vente la portion du lot correspondant à l’ancien hôtel de ville et à assurer qu’à l'avenir, ni le bâtiment ni le Jardin des sculptures ne pourront être mis en vente.

Le comité permanent a choisi d'aller de l’avant avec sa décision initiale.

Le 219 boulevard Provencher abrite la Maison des artistes visuels francophones, les bureaux de Tourisme Riel ainsi que ceux du World Trade Centre Winnipeg, et continue donc à jouer son rôle essentiel au centre de la vie de la communauté de Saint-Boniface, soutient la ministre Squires.

J’espère sincèrement que vous reconnaîtrez l’importance de prendre en considération [les] perspectives et désirs [de la communauté] lors de la prise de décisions définitives en ce qui concerne l’avenir de l’hôtel de ville, poursuit-elle dans sa lettre.

La consultation et la collaboration avec la communauté forment un pilier de la Loi [sur l’appui à l’épanouissement de la francophonie manitobaine], dont l’objectif était clair lorsqu’elle a été adoptée par le gouvernement.

Le maire de Winnipeg surpris par cette initiative

Au cours d’une entrevue avec Radio-Canada, le maire de Winnipeg, Brian Bowman, s’est dit surpris par la lettre de Mme Squires.

Un gros plan sur le visage de Brian Bowman en conférence de presse devant un drapeau.

Brian Bowman

Photo : CBC / Gary Solilak

Elle était la ministre des Relations avec les municipalités et elle n’a jamais démontré un quelconque intérêt [pour le 219 Provencher] jusqu’à aujourd’hui. Son soudain intérêt est surprenant, a-t-il déclaré.

Rochelle Squires a signé cette lettre en sa qualité de ministre. Il n’est pas clair, cependant, si elle a agi en son propre nom ou au nom du gouvernement manitobain. Le maire estime néanmoins que si la province est intéressée par les bâtiments, c’est maintenant Manitoba Possible qu’elle doit contacter.

Si l’accord doit être rompu, Winnipeg veut une indemnisation de la province

Brian Bowman a aussi défendu le processus des appels d’offres de la Ville. Ils sont ouverts et transparents; c’est un processus long et c’était ouvert à tous les membres de la communauté qui pouvaient y répondre. Nous avons suivi et respecté le processus, a-t-il insisté.

Il a, par ailleurs, rappelé que l’accord avec Manitoba Possible engageait la responsabilité de la capitale manitobaine, et que si le gouvernement provincial envisage de demander à la Ville de revenir sur cette entente, il suggère à Rochelle Squires de commencer par fournir une indemnisation écrite pour les risques juridiques et financiers qui pèsent sur la Ville de Winnipeg.

Le maire a le dernier mot, reconnaît la province

Interrogée par Radio-Canada pour avoir une clarification concernant la position de la province dans ce dossier, Rochelle Squires n’a pas élaboré quant à d’éventuelles actions du gouvernement manitobain.

Elle a cependant expliqué qu’en tant que ministre responsable des Affaires francophones, elle a senti qu’il était de son devoir de se prononcer sur ce dossier. Il est de ma responsabilité dans le cadre de mon mandat de demander que la décision prise par la Ville tienne pleinement compte des points de vue et des souhaits de la communauté francophone, développe-t-elle dans un courriel.

Rochelle Squires a aussi reconnu que c'est finalement le maire qui sera responsable de l'avenir de l'hôtel de ville de Saint-Boniface.

Avec des informations de Chloé Dioré de Périgny

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