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Une infirmière auxiliaire exténuée lance un cri du cœur

Une femme en entrevue regarde la caméra.

Bianka Villeneuve, infirmière auxiliaire du CISSS de l'Outaouais

Photo :  Capture d’écran

Radio-Canada

Une infirmière auxiliaire du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais a lancé un cri du cœur pour déplorer le manque de personnel et des conditions de travail qui se détériorent, alors que l’arrêté ministériel adopté dans la foulée de la crise de la COVID-19 est toujours en vigueur dans la région.

Je n’ai tout simplement plus le goût de donner autant, de me consacrer [corps] et âme. [...] On ne se fait pas entendre. On ne se fait pas écouter. On ne se fait pas reconnaître, a lancé Bianka Villeneuve dans une vidéo publiée sur Facebook.

En entrevue, la jeune femme a soutenu mercredi que l’arrêté ministériel, qui permet aux gestionnaires du CISSS d’annuler des vacances et de forcer des employés à temps partiel à travailler à temps complet, a contribué à mener elle et bien de ses collègues à bout de souffle.

Avec l’arrêté ministériel et avant même celui-ci, on a perdu énormément de joueurs, de combattants. Le personnel soignant [...] ne veut plus endurer cette surcharge de travail et plusieurs décident donc de quitter le milieu littéralement, de changer d’endroit ou de poste, a-t-elle dit.

Rythme soutenu

Selon le Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais (SPSO), plus de 250 départs d'infirmières, d’infirmières auxiliaires et d’inhalothérapeutes sont survenus depuis un an.

Ainsi, le ratio patients-infirmières devient intenable, selon les dires de Bianka Villeneuve, qui travaille depuis sept ans au CISSS de l’Outaouais et a notamment œuvré aux urgences de l’Hôpital de Gatineau.

On a des patients sur moniteurs cardiaques qu’on doit surveiller constamment, des soins à prodiguer immédiatement. Donc, ça devient difficile pour l’infirmière, a-t-elle relevé.

Elle a indiqué que le ratio, dans l’aire des civières, est de 10 patients pour une infirmière, ainsi qu’une infirmière auxiliaire, soit beaucoup trop.

Avec le temps supplémentaire obligatoire qui s’accumule, en plus du temps plein forcé, elle a raconté qu’elle travaille pratiquement sept jours sur sept.

Je vais avoir une journée de congé, mais [...] il faut que je rentre cette même journée-là à 23 h 45 pour faire le quart de nuit. Alors je n’ai pas vraiment congé, a-t-elle expliqué.

Elle a ajouté que l’état d’épuisement qui gagne ses collègues et elle nuit, en fin de compte, à la qualité des soins donnés aux citoyens.

« On est rendu à un point où plus personne ne veut crier parce qu’il n’y a plus d’efforts qui sont faits. Il n’y a plus rien qui avance [...] Donc, on n’a plus le goût de donner. »

— Une citation de  Bianka Villeneuve, infirmière auxiliaire

Le CISSS défend son recours à l'arrêté

Le CISSS de l’Outaouais s’est dit, dans un courriel, à l’écoute des préoccupations de Mme Villeneuve et de ses pairs.

L'organisation a à cœur la santé et le bien-être de ses employés et des gestes concrets sont posés en ce sens, a-t-on écrit, en indiquant que la direction avait demandé, mercredi, à rencontrer l’infirmière auxiliaire en question.

De son côté, le président du SPSO, Patrick Guay, estime que la direction du CISSS est insensible à la détresse des professionnelles en soins. Il accuse aussi la haute gestion d’utiliser l’arrêté ministériel à mauvais escient.

Tout ça n’est pas nécessairement en lien avec les besoins liés à la COVID-19. C’est en lien, toujours, avec la pénurie d’infirmières et d’infirmières auxiliaires qu’on connaît dans la région, a-t-il déploré.

Le CISSS de l’Outaouais assure pour sa part qu’il évalue de façon régulière l'utilisation de l'arrêté ministériel aux hôpitaux de Hull et de Gatineau. On fait valoir que les hospitalisations ont doublé, la semaine dernière, à l’unité COVID et que leur nombre pourrait rapidement augmenter à nouveau.

Mercredi, on dénombrait huit patients hospitalisés en raison de la COVID-19 et un aux soins intensifs.

Par ailleurs, plusieurs services doivent rehausser leurs activités dans un contexte de transmission communautaire plus soutenue, tel que les cliniques de dépistage, a-t-on également relevé, mentionnant au passage la venue de cas impliquant les nouveaux variants du coronavirus.

Avec les informations de Catherine Morasse et de Josée Guérin

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