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March Madness : l'Université Gonzaga et 52 Canadiens sur fond de pandémie

Les joueurs des Bulldogs célèbrent leur plus récente victoire en prenant un égoportrait tous ensemble.

Les Bulldogs de l'Université Gonzaga s'amènent à Indianapolis sans avoir perdu le moindre match de saison.

Photo : Associated Press / David Becker

La pandémie a empêché sa tenue l'an dernier, mais le March Madness est bel et bien de retour. Pour pallier son annulation en 2020, le championnat de basketball universitaire américain promet la folie que son nom laisse présager.

Ne cherchez pas les prestigieux programmes des universités Duke et Kentucky ces prochaines semaines. Les deux équipes seront absentes du grand rendez-vous pour la première fois en 45 ans. Elles ont été incapables de se qualifier au terme de dures saisons.

Mais les bonnes équipes ne manqueront pas.

La plupart des projecteurs seront braqués sur les Bulldogs de l'Université Gonzaga (26-0), qui pourraient réussir la première saison parfaite dans la NCAA depuis l'Université de l'Indiana en… 1976. Elle avait alors réussi l'exploit en remportant le championnat national avec une fiche immaculée de 32-0.

Ironie du sort, l'édition masculine du March Madness prend d'ailleurs place à Indianapolis en raison de la pandémie. La NCAA a emprunté le concept de la bulle pour permettre la tenue de son tournoi à 68 équipes, dont les matchs sont normalement répartis dans plusieurs centres aux États-Unis.

C'est une réussite en soi pour certaines équipes d'en arriver là, et c'est une réussite aux dimensions exponentielles en raison de la pandémie et de tous les problèmes qu'elles ont dû surmonter cette année, souligne Mike Meeks, directeur du développement des jeunes joueurs à Basketball Canada.

Je n'étais pas sûr de la façon dont (la NCAA) allait pouvoir tout mettre en place avec tout ce que ça demande, mais ils ont un bon plan et il est bien exécuté.

Une citation de :Michael Meeks, directeur du développement des jeunes joueurs à Basketball Canada

Des surprises à prévoir comme à l'habitude

Il lève le poing droit après avoir réussi un tir de trois points.

Cade Cunningham, de l'Université d'État de l'Oklahoma, pourrait aider ses Cowboys à causer la surprise cette année.

Photo : Associated Press / Mitch Alcala

Alan Guillou, qui suit les activités du basketball universitaire américain avec attention chaque année pour le balado Envergure, entrevoit une compétition étrange, mais au calibre relevé.

Ça ne sera pas comme d'habitude. Le folklore du basketball universitaire sera un peu moins grand avec les fanfares qui seront moins importantes et le public réduit. Mais il y aura quand même cette folie de mars parce que tout repose encore sur un match.

En plus de l'équipe de Gonzaga, pour laquelle joue le Canadien Andrew Nembhard, ce spécialiste des espoirs du basketball croit aussi que la formation de l'Université Baylor va s'imposer.

Je ne vois pas trop de surprises au bout, mais il y en aura toujours au début. Pour une équipe Cendrillon, comme on dit, ça pourrait être très compliqué cette année. Mais c'est sûr qu'il y aura des ''upsets''.

Une citation de :Alan Guillou, collaborateur au balado Envergure

C'est dans la portion basse du tableau qu'Alan Guillou prédit le plus de surprises.

Illinois, c'est une très belle équipe, mais elle a aussi une marche vers le Final Four qui n'est pas simple parce qu'il y a Tennessee dans cette partie, Oklahoma State, San Diego State et Houston, un petit programme qui est très bien dirigé et peut être très dur.

Les Cowboys de l'Université d'État de l'Oklahoma pourraient d'ailleurs faire beaucoup de bruit, selon le principal intéressé. L'équipe peut miser sur l'Américain Cade Cunningham, qui devrait être appelé en premier lors du prochain repêchage de la NBA.

C'est grâce à lui s'ils sont dans ce tournoi et s'ils sont quatrièmes têtes de série. Sans lui, ils n'auraient jamais été là. Pour moi, avec Zion Williamson, c'est le joueur (de première année) le plus fort que j'ai vu en NCAA, en termes d'impact collectif. Il est super fun à regarder en plus. Il a tout pour plaire.

La Division est pourrait aussi se révéler surprenante. Les programmes des universités d'État de la Louisiane, de la Floride et celui de l'Université de l'Alabama pourraient donner du fil à retordre aux favoris de cette portion de tableau, les Wolverines de l'Université Michigan, d'autant plus qu'ils ont perdu trois de leurs cinq derniers matchs.

En matière de grande surprise, Alan Guillou voit l'Université de l'Ohio, 13e favorite dans la Division ouest, évincer l'Université de la Virginie, championne en titre de l'événement, au premier tour.

52 Canadiens au rendez-vous

Elle fonce au panier avec le ballon lors d'un match contre l'Université Temple.

Les Gamecocks de l'Université South Carolina, pour lesquels joue l'Ontarienne Laeticia Amihere, sont l'une des deux équipes favorites du tournoi féminin.

Photo : Associated Press / Sean Rayford

Les représentants de l'unifolié seront nombreux dans ce March Madness. Des 68 équipes de l'édition masculine, on dénombre 25 Canadiens, alors que du côté féminin, on retrouve 27 Canadiennes parmi les 32 formations du tournoi qui se déroulera à San Antonio, au Texas, du 21 mars au 4 avril.

C'est bon signe pour notre équipe nationale, indique Denise Dignard, de Basketball Canada. Chaque année, on a de plus en plus d'athlètes canadiennes qui sont dans les meilleures équipes aux États-Unis au niveau universitaire.

Cette année, les quatre équipes les mieux classées du tournoi féminin comprennent une Canadienne en leurs rangs.

Aaliyah Edwards joue pour les Huskies de l'Université du Connecticut, les favorites. Alyssa Jerome joue pour l'Université Stanford, Rebecca Demeke défend les couleurs de l'Université d'État de la Caroline du Nord et Laeticia Amihere compte parmi les meneuses de l'Université de la Caroline du Sud.

Quand j'étais petite, je regardais un peu le March Madness et il n'y avait pas beaucoup de Canadiennes. Là, je joue contre beaucoup de mes anciennes coéquipières et ça me rend fière, mentionne Laeticia Amihere à quelques jours de commencer la compétition.

Elle saute dans les bras de l'une de ses coéquipières après le coup de sifflet final qui a confirmé leur championnat.

La Montréalaise Sarah Te-Biasu (droite) a remporté le championnat de l'Association Atlantic 10 avec l'Université Virginia Commonwealth dimanche dernier.

Photo : Associated Press / Alexa Welch Edlund

Sa compatriote Sarah Te-Biasu aura d'ailleurs droit à un drôle de rendez-vous au premier tour. L'Université Virginia Commonwealth, où elle joue avec deux autres Canadiennes, croisera le fer avec la Montréalaise Kiandra Browne et l'Université de l'Indiana d'entrée de jeu, vendredi.

C'est drôle parce que je connais bien Kiandra. On a fait deux ans ensemble sur Équipe Québec. Quand je jouais à (l'école secondaire Lucien-Pagé), elle jouait pour l'Express (de l'école secondaire Saint-Laurent) et elle me battait tout le temps. Là, c'est une chance pour moi d'aller la battre, dit-elle en riant.

Ça ne me surprend pas qu'on soit autant parce qu'on a toujours été compétitifs. Les Canadiens, on a vraiment faim de basket. Et puis de voir qu'on est 27 (femmes) à participer au March Madness, c'est une fierté. Ça prouve qu'on travaille fort!

Une citation de :Sarah Te-Biasu, joueuse de l'Université Virginia Commonwealth
Il fonce au panier alors qu'un adversaire tente de lui bloquer le chemin.

Keeshawn Barthelemy (droite) prendra part à son premier March Madness.

Photo : Associated Press / Caitie McMekin

Le Montréalais Keeshawn Barthélémy savourera aussi une première participation au mythique championnat national américain. Les Buffaloes de l'Université Colorado, avec lesquels il joue, sont les 5es favoris dans la Division est, leur meilleur classement en 10 ans.

Je n'ai pas vraiment de pression. Je suis excité et j'ai hâte qu'on puisse commencer à jouer samedi, dit-il au bout du fil. Ça a toujours été mon rêve. Je regardais les matchs jusqu'au Final Four chaque année, alors j'atteins un but en étant ici.

Les téléspectateurs risquent d'être nombreux au rendez-vous. Dans tous les cas, la famille Barthélémy sera de la partie, même si elle ne pourra pas se rendre à Indianapolis en raison des restrictions de voyages à la frontière canado-américaine et de la pandémie qui sévit toujours.

Mes parents sont vraiment des fanatiques de basketball. Je pense qu'ils ont informé pratiquement toute notre famille que j'allais jouer à la télé, alors ce devrait être excitant. Je pense que c'est la meilleure partie d'où je suis en ce moment : les matchs sont télévisés et ma famille peut regarder. J'ai été béni de pouvoir être dans cette position.

Du côté masculin, Chris Duarte (Oregon), Zach Edey (Purdue), Quincy Guerrier (Syracuse), Olivier-Maxence Prosper (Clemson) et Matthew-Alexander Moncrieffe (Oklahoma State), pour ne nommer que ceux-là, seront aussi à surveiller parmi les plus gros programmes américains.

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