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Des touristes réservent leurs vacances au Nouveau-Brunswick malgré l’incertitude

La plage Parlee, à Shediac.

La plage Parlee, à Shediac, est l'une des destinations les plus prisées au Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Radio-Canada

Des touristes de l’Ontario et du Québec ont déjà réservé leurs prochaines vacances au Nouveau-Brunswick sans savoir s’ils pourront entrer dans la province. Le premier ministre Blaine Higgs a fait miroiter une possible réouverture des frontières avec le reste du Canada « en juillet », mais la date exacte reste incertaine et des entreprises touristiques hésitent à décliner les réservations de l'extérieur dans l’attente d’un plan plus précis.

Les réservations, ça rentre au boutte, observe le gestionnaire du Camping héron bleu, à Charlo, Guy Chiasson.

Même constat pour les Chalets Restigouche, qui louent des chalets et des espaces de camping à une centaine de kilomètres du Québec.

C'est surprenant cette année, dit la copropriétaire de l’entreprise, Pascale Arpin. Selon elle, les touristes savent qu'ils vont devoir annuler leur réservation si la frontière reste fermée, mais ils prennent une chance.

Le risque de devoir annuler à la dernière minute

Sébastien Després, copropriétaire du gîte Griffon, à Shediac, fonde ses espoirs sur l’arrivée des vaccins. On s’est dit qu’on va faire le booking. Puis s'il faut le canceller, on va le canceller.

Mais la gestion d'un tel degré d'incertitude n'est pas si simple. L’entrepreneur remplit son carnet de réservations sans savoir s’il pourra aussi remplir son compte en banque.

C’est très compliqué. On ne sait même pas si on pourra opérer le gîte, se désole M. Després.

L'entrée d'un camping avec une effigie d'un héron, sur lequel est écrit CAMPING HÉRON BLEU. Paysage estival d'été, ciel bleu et verdure.

Le Camping héron bleu, à Charlo, compte une quarantaine d’emplacements (archives).

Photo : Radio-Canada

Le gestionnaire du Camping héron bleu fait face au même dilemme : décliner une demande de réservation potentielle ou l'accepter, au risque de se priver d'une autre occasion d’affaires.

Je ne peux pas leur dire : ''Non, je ne vous prends pas.'' Parce que si jamais ça ouvre, on les accueille avec plaisir.

Une citation de :Guy Chiasson, gestionnaire de camping

L'homme d'affaires évoque même un sentiment de tiraillement par rapport à la prochaine saison, ne sachant pas s’il devra engager du personnel en renfort ou non.

Un calendrier réclamé

Les entreprises touristiques demandent au gouvernement de faire connaître un plan plus précis pour la réouverture des frontières.

Le plus tôt que nos dirigeants peuvent nous annoncer les décisions ultimes, le mieux qu'on pourra se préparer.

Une citation de :Sébastien Després, aubergiste
Sebastien Desprès accoté sur un piano coloré.

Sebastien Després (archives)

Photo : Radio-Canada / Camille Bourdeau

Guy Chiasson exprime le même avis. À trois mois de l'été, il aimerait à tout le moins pouvoir donner des réponses aux nombreux clients qui tentent de planifier leurs vacances.

On reçoit beaucoup d’appels de l’extérieur, ils ont plusieurs questions à nous poser et on n’a pas ces réponses-là malheureusement, regrette-t-il.

La Péninsule acadienne retient son souffle

En annonçant mercredi une possible réouverture des frontières avec le reste du Canada en juillet, le premier ministre Higgs a aussi affirmé qu'il s'était entendu avec ses homologues de l'Atlantique pour rouvrir la bulle atlantique en avril.

Même s'il s'agit d'un pas dans la bonne direction, selon le directeur du développement touristique de l'Office du tourisme de la Péninsule acadienne, Yannick Mainville, les effets sur le marché du nord de la province seront minimes, croit-il.

Les entreprises touristiques de la région dépendent surtout du marché québécois, a expliqué M. Mainville en entrevue à l'émission La matinale, d'ICI Acadie. L’été dernier, ils ont brillé par leur absence, faute de pouvoir traverser la frontière.

Si l'ouverture de la bulle atlantique dépend surtout de la situation sanitaire dans chacune des provinces de l'est, la réouverture des frontières avec le reste du Canada est conditionnelle à l'atteinte des objectifs de vaccination.

On croit fortement que les gens vont vouloir reprendre une vie normale et vont vouloir se faire vacciner pour, justement, être capables de recommencer une vie avec une certaine normalité, affirme Yannick Mainville.

Sans le retour de la clientèle québécoise, l’industrie touristique devra compter sur des programmes d’incitation au voyage comme Explore NB. Mais, de l'avis de Yannick Mainville, ce n'est qu'une goutte dans l'océan.

[E]n 2019 les revenus de l’industrie touristique étaient de 1,6 milliard, rappelle-t-il, alors que ces programmes ont permis à la province de rapporter à peu près 18 millions de dollars en revenus.

On est loin, dit M. Mainville.

L'idée d'un passeport vaccinal

Pour éviter le même scénario que l'été dernier, on suggère notamment la mise en place d'un passeport vaccinal pour entrer dans la province, un peu comme ceux adoptés dans certains pays pour les déplacements par avion.

L'Europe a d'ailleurs dévoilé mercredi un projet de passeport sanitaire pour les résidents de l'Union européenne. Ottawa, de son côté, n'exclut pas l'idée. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick ne s'est pas encore prononcé sur la question.

Avec des informations de Michel Nogue, de Serge Bouchard et de Catherine Allard

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