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La droite religieuse est prête pour le congrès conservateur

Erin O'Toole.

Le chef du Parti conservateur Erin O'Toole veut éviter les questions controversées, comme l'avortement, lors du congrès du PCC.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Au congrès du Parti conservateur du Canada (PCC) qui s’amorce jeudi, le chef Erin O’Toole devra démontrer qu’il a le contrôle sur l’avenir de son parti, et l’appui de ses membres, et ce, sans trop froisser l’aile de la droite religieuse.

Erin O’Toole souhaite que son parti se tienne loin des questions controversées. D’ailleurs, l’ordre du jour officiel du congrès ne comporte pas de débats sur l’avortement et sur les mariages gais. Mais en coulisse, des groupes s’activent pour forcer cette discussion inconfortable pour le chef.

Dans ses petits bureaux d’Ottawa, la Coalition nationale pour la vie s’organise. Les membres du groupe, qui est contre l’avortement et les mariages gais, s’apprêtent à déployer leur force de frappe.

Notre voix est forte, et elle se fera entendre lors du congrès conservateur, lance Hanna Kepka, qui s’occupe des relations gouvernementales de la coalition. Elle estime qu’environ le tiers des délégués appuie les principes de la droite chrétienne.

Un bloc qui souhaite avoir une influence sur les politiques adoptées au congrès et sur l’élection de l’exécutif national du parti.

Les conservateurs sociaux croient qu’Erin O’Toole a une dette à payer envers eux.

« Les Canadiens pro-vie et pro-famille ont permis à Erin O’Toole de gagner la course à la chefferie du parti. Or, il semble que le chef veut éviter les sujets comme la défense de la vie et de la famille. On est extrêmement déçus. »

— Une citation de  Hanna Kepka, de la Coalition nationale pour la vie

Appel à l’unité

Erin O’Toole prononcera un discours vendredi, et répondra aux interrogations des délégués lors d’une séance de questions-réponses samedi, le tout en mode virtuel. Des politiques économiques et environnementales seront discutées, mais le chef semble vouloir éviter les questions sur les valeurs ou le conservatisme social.

On va débattre des enjeux importants pour nos membres, assure Erin O’Toole, mais moi, je vais être ciblé sur l'économie et la relance post-pandémique, que les conservateurs veulent mettre au cœur de leur programme électoral.

L’aile sociale-conservatrice espère forcer un débat sur l’avortement, en présentant une pétition de 100 délégués provenant de 100 circonscriptions différentes. Nous avons amassé toutes les signatures en moins de 24 heures pour forcer un débat là-dessus, indique Hanna Kepka.

Si le débat survient, il a le potentiel d’être déchirant. Mais la garde rapprochée du chef ne craint pas que ces tiraillements internes nuisent à l’unité du parti.

D’abord, le chef a été très clair là-dessus : il est pro-choix, lance le leader parlementaire Gérard Deltell. Le Parti conservateur n’a jamais été en aussi grande forme, ajoute-t-il. On bat des records de financement et de membership.

La base

Comme d’autres chefs avant lui, le défi d’Erin O’Toole lors du congrès est de démontrer aux délégués qu’il peut bien prendre les rênes du parti et le façonner à son image. Instaurer une discipline du message, mais sans trop déplaire à la droite religieuse.

C’est une négociation à l’intérieur du parti même, entre les différentes factions, estime le délégué montréalais Anthony Koch.

« Il faut trouver une plateforme qui plaît à tous les conservateurs et non seulement à un segment de notre parti, qui, de temps en temps, est plus extrême que d’autres. »

— Une citation de  Anthony Koch, délégué montréalais du PCC

Les conservateurs sociaux font partie de notre base, mais ne représentent pas nécessairement monsieur et madame Tout-le-monde, avance Anthony Koch. D’où l’importance, selon lui, d’agrandir l’attrait du parti.

Or, cette base craint d’être marginalisée si Erin O’Toole parvient à recentrer les conservateurs. Et donc, en coulisse du congrès, elle s’organise pour conserver une certaine ascendance sur le parti.

Chaque camp place ses pions, contacte ses alliés, pour les votes à venir au congrès, qui décideront des orientations du parti et qui éliront l’exécutif national. Hanna Kepka passera les prochains jours à coordonner cet effort.

L’important, c’est d’avoir une voix le plus unie possible, d'avoir le plus grand nombre de délégués qui parlent d’une même voix. Sinon, dit-elle, notre voix s'affaiblit et on risque de voir l'adversaire qui élira ses gens et pas nous les nôtres.

Le choc des valeurs est imminent et pourrait être lourd de conséquences. Si l’aile religieuse du parti se sent délaissée, sa motivation à s’impliquer durant la prochaine élection pourrait en souffrir.

« J’espère que l’élite du parti se rendra compte que sans les électeurs conservateurs sociaux, ils ne pourront jamais gagner une élection fédérale. »

— Une citation de  Hanna Kepka, de la Coalition nationale pour la vie

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