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Poutine est un « tueur », croit Biden

Quelques heures après cette déclaration choc du président américain, Moscou a rappelé son ambassadeur aux États-Unis « pour des consultations ».

Gros plan de Joe Biden.

Le président américain Joe Biden, en conférence de presse, le 6 mars, à la Maison-Blanche.

Photo : Getty Images / Samuel Corum

Radio-Canada

Vladimir Poutine est un « tueur », affirme le président américain Joe Biden, qui prévient par ailleurs le président russe qu'il devra « payer » pour l’ingérence russe dans la dernière élection présidentielle américaine.

Ces déclarations ont été faites dans le cadre d’une entrevue accordée à George Stephanopoulos qui a été diffusée mercredi à ABC News.

Vladimir Poutine, vous croyez que c’est un tueur? lui demande l’animateur. Je le crois, répond le président américain, sans indiquer à quels événements survenus lors des 20 années au pouvoir du président russe il fait référence.

L’entrevue est diffusée au lendemain de la publication d’un rapport des services de renseignements américains concluant que Vladimir Poutine a vraisemblablement cherché à favoriser la réélection de Donald Trump.

Il va payer le prix, a déclaré Joe Biden à ce sujet, sans s’avancer une fois de plus sur ce qu’il entend faire. Vous le verrez bientôt, a-t-il laissé tomber.

Le président américain soutient qu’il a d’ailleurs prévenu son homologue russe lors d’une longue conversation qu’il a eue avec lui à la fin du mois de janvier, quelques jours à peine après son assermentation.

Je le connais assez bien. Et au début de la conversation, je lui ai dit : "je vous connais et vous me connaissez. Si j’établis que cela s’est produit, soyez prêt", a-t-il relaté.

M. Biden a toutefois souligné que Moscou et Washington pouvaient travailler ensemble quand c'est dans leur intérêt mutuel, en donnant l’exemple du renouvellement du traité New Start, qui limite l’arsenal nucléaire des deux pays.

Quelques heures à peine après la déclaration de M. Biden, Moscou a annoncé avoir rappelé son ambassadeur aux États-Unis, Anatoli Antonov pour des consultations.

La nouvelle administration américaine est au pouvoir depuis près de deux mois, c'est un bon prétexte pour essayer d'évaluer ce qui réussit à l'équipe Biden et ce qui ne lui réussit pas, a fait valoir le ministère russe des Affaires étrangères, tout en assurant vouloir éviter la dégradation irréversible des relations bilatérales.

Pour nous, l'essentiel est de déterminer quels peuvent être les moyens de rectifier les relations russo-américaines, qui sont dans un état difficile et que Washington a amenées dans une impasse ces dernières années.

Une citation de :déclaration du ministère russe des Affaires étrangères

Le président de la Chambre basse du Parlement russe, Viatcheslav Volodine, considéré comme un proche du président Poutine, avait précédemment dénoncé les propos du président américain sur son compte Telegram.

C'est de l'hystérie due à de l'impuissance. Poutine est notre président, et une attaque contre lui, c'est une attaque contre notre pays, a-t-il écrit.

Avec ses déclarations, Biden a insulté les citoyens de notre pays, a ajouté celui qui fut le numéro 2 l'administration présidentielle russe entre 2011 et 2016.

Le département américain du Commerce a annoncé mercredi qu'il renforçait des restrictions à certaines exportations vers la Russie qui étaient déjà en vigueur, en représailles à l'empoisonnement l'été dernier de l'opposant russe Alexeï Navalny avec un agent innervant de type Novitchok.

Ces restrictions avaient initialement été mises en place après l'empoisonnement de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille, également empoisonnés avec un agent innervant du même genre à Salisbury, en Angleterre, en mars 2018.

Le département du Commerce dit vouloir empêcher la Russie d'avoir accès à des technologies sensibles qui pourraient être détournées vers des programmes d'armes chimiques malveillants.

Poutine épinglé par le renseignement américain

Le rapport de 15 pages publié mardi par le directeur du renseignement national des États-Unis étaye des accusations de longue date selon lesquelles certains lieutenants de Donald Trump ont fait le jeu de la Russie en amplifiant des accusations effectuées par des personnalités ukrainiennes liées à Moscou contre Joe Biden, alors rival démocrate du président républicain sortant, en amont du scrutin de novembre.

Il inclut de nouveaux éléments indiquant que Vladimir Poutine a supervisé ou, a minima, ordonné une ingérence dans l'élection présidentielle américaine au profit de Donald Trump.

Selon le document, des personnalités ukrainiennes soutenues par Moscou, comme le parlementaire Andreï Derkach, ont recruté des figures politiques aux États-Unis – dont les identités ne sont pas précisées – dans le but que celles-ci salissent l'image de Joe Biden et de son fils Hunter Biden, cibles d'accusations de corruption répétées par Donald Trump.

Andreï Derkach, qui a rencontré en 2019 l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, est considéré par les services du renseignement américain comme un individu dont les mouvements ont été traqués, sinon guidés, par Vladimir Poutine.

D'autres hauts représentants ont aussi participé aux efforts d'interférence électorale de la Russie – dont des cadres des services de sécurité et du renseignement [russes] qui, selon notre évaluation, n'auraient pas agi sans avoir reçu au moins l'aval tacite de Poutine, dit le rapport.

La Russie a dénoncé ces conclusions. Ce rapport est incorrect, tout à fait sans fondement et sans preuve, a déclaré mercredi à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

La Russie ne s'est pas ingérée dans les élections précédentes de 2016 ayant abouti à la victoire de Donald Trump et elle ne s'est pas ingérée dans les élections de 2020 remportées par Joe Biden, a assuré M. Peskov.

Selon lui, ce rapport est un prétexte pour remettre à l'ordre du jour la question de nouvelles sanctions contre la Russie.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, juge pour sa part que les mesures inamicales envers la Russie sont devenues une norme pour Washington.

Les relations entre la Russie et les États-Unis sont plombées par des crises à répétition, de l'Ukraine à la Syrie, en passant par des accusations d'ingérence électorale, d'espionnage ou, plus récemment, de cyberattaques.

Avec les informations de ABC, Reuters, et Agence France-Presse

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