•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

GNL Québec vante un partenariat énergétique Canada-Allemagne

Seamus O'Regan.

Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Seamus O'Regan Jr

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

GNL Québec se réjouit du partenariat énergétique annoncé mardi par le ministre des Ressources naturelles, Seamus O'Regan Jr, et son homologue allemand où le Canada, par la voie d'un protocole d'entente, devient « un partenaire de choix pour l'Allemagne en ce qui concerne l'énergie propre, notamment l'hydrogène, les minéraux critiques et le gaz naturel liquéfié. »

Dans le communiqué publié par le gouvernement fédéral, il est aussi mentionné que le partenariat met en relief l'importance des alliances stratégiques entre les deux pays, ainsi que la détermination du Canada à atteindre la carboneutralité d'ici 2050.

Cependant, le texte du protocole d'entente signé par les deux pays ne mentionne pas directement le gaz naturel liquéfié contrairement à l'hydrogène, comme il est possible de voir sur le site Internet du ministère des Ressources naturelles du Canada. Il a été signé de façon conjointe à Saint John's, Terre-Neuve, et à Berlin, en Allemagne, par les deux ministres respectifs dans le cadre du Dialogue de Berlin. Il n'est pas contraignant.

Dans un message publié sur Twitter en fin de journée mardi, l'équipe d'Énergie Saguenay, l'usine de liquéfaction de gaz naturel qui serait construite à Saguenay, se réjouit du partenariat. GNL Québec souligne le leadership du Canada avec l’annonce d’un partenariat énergétique stratégique avec l’Allemagne, qui inclut l’intégration du GNL dans un ensemble de mesures qui visent l’atteinte des objectifs climatiques des deux pays, est-il inscrit sur le compte Énergie Saguenay.

Lors de la présentation du projet au cours des séances du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) l'automne dernier, celui qui est maintenant président par intérim de GNL Québec, Tony Le Verger, avait mentionné que le promoteur était en négociations pour des contrats de livraison de gaz naturel liquéfié avec plusieurs pays, dont l'Allemagne.

Le gaz transporté par gazoduc depuis l'Ouest canadien serait liquéfié, en le refroidissant, à l'usine du port de Grande-Anse, à La Baie, avant d'être transporté par méthanier jusqu'aux pays acheteurs, principalement en Europe et en Asie.

Le Canada et l'Allemagne mettront sur pied un comité directeur de haut niveau, dont la coprésidence sera assurée par des sous-ministres, en vue de promouvoir la transformation énergétique par le biais d'échanges sur les politiques, les meilleures pratiques et les technologies.

Le ministre O'Regan a vanté l'entente. Aucune démocratie dans le monde n'a autant de ressources naturelles à sa disposition que le Canada. L'établissement de nouvelles relations internationales en matière d'énergie, comme celle-ci avec l'Allemagne, nous aidera à réduire les émissions à l'échelle planétaire. Le Canada et l'Allemagne sont tous deux résolus à éliminer progressivement le charbon, à accroître la production d'hydrogène et à fixer un prix sur la pollution. Nous visons la carboneutralité d'ici 2050 ainsi que l'édification d'une économie toujours porteuse de bons emplois et d'un avenir à faibles émissions, où tous les travailleurs auront leur place, a-t-il fait savoir.

Devant le BAPE, GNL Québec avait révélé que l'usine produirait annuellement 421 000 tonnes de gaz à effet de serre, mais ceci sans tenir compte de l'extraction et du transport par gazoduc. Les promoteurs calculent que le gain fait en remplacement du charbon en ferait un gain net pour l'environnement, présentant le GNL comme une énergie de transition. Cette prétention a été vivement dénoncée par les opposants qui y voient plutôt un ajout à la consommation mondiale d'énergies fossiles.

Le rapport du BAPE doit être dévoilé d'ici le 25 mars.

Réaction de Greenpeace

Pour le groupe environnementaliste Greenpeace Canada, opposé à GNL Québec, il est aberrant de qualifier le gaz naturel liquéfié d'énergie propre, comme le fait part le communiqué du gouvernement. En faisant la promotion du GNL, le ministre se fait le cheerleader de l’industrie gazière, a réagi par courriel, Patrick Bonin, porte-parole et responsable de la campagne Climat-Énergie pour Greenpeace Canada.

Selon lui, le gaz naturel extrait par fracturation hydraulique représente un danger pour l'environnement. Contrairement aux énergies renouvelables, le gaz fossile, qui est majoritairement produit par fracturation hydraulique au Canada, pose de sérieux risques de contamination de l’eau potable et de détérioration de la santé humaine et entraîne des émissions massives de méthane qui aggravent la crise climatique. En raison des émissions fugitives de méthane, le bilan climatique du GNL est désastreux et comparable à celui du charbon, a-t-il clamé.

un navire de transport gas naturel liquifié

Un navire de transport gaz naturel liquéfié.

Photo : Reuters / Issei Kato

La demande baisserait en Europe

Alors que GNL Québec semble miser sur le marché européen, la demande en gaz naturel liquéfié y baisserait de 11 % au cours de la prochaine décennie, soit l’équivalent de 10 mégatonnes, selon une analyse réalisée par Poten & Partners.

L’entreprise indépendante de courtage et de consultation sur l’énergie a tenu un webinaire mercredi dernier concernant spécifiquement le sujet du gaz naturel liquéfié. Le titre de la présentation, livrée en anglais, était : 2021 est-elle l’année où les projets de développement de gaz naturel liquéfié passeront à la vitesse supérieure?.

GNL Québec avait d'ailleurs fait valider ses scénarios de vente par Poten & Partners pour sa présentation au BAPE.

Les grandes lignes du webinaire, auquel il était nécessaire de s'inscrire, ont été relayées par Montel News, un média numérique spécialisé dans les marchés énergétiques européens.

La directrice stratégique pour l’Asie et la région du Pacifique chez Poten & Partners, Sophie Tan, dont les propos ont été rapportés par Montel News, a indiqué qu’ il est clair que la demande va chuter. Elle a ajouté que les efforts déployés par les pays d’Europe pour réduire les émissions de gaz à effet de serre auront définitivement un impact au-delà des frontières du continent.

Cela aura définitivement un impact pour les projets qui souhaitent aller de l’avant. Nous reconnaissons que la demande pour le gaz naturel liquéfié fait face à une menace constante de la part des énergies renouvelables et à faibles émissions de carbone, a poursuivi Sophie Tan.

En revanche, l'agence prévoit une augmentation de la demande pour le gaz naturel liquéfié en Asie, notamment en raison du fait que des endroits comme la Chine et la Corée du Sud feront la transition entre le charbon et le gaz naturel pour s'alimenter en énergie.

Le rapport de l’Agence internationale attendu en mai

En mai, l’Agence internationale de l’Énergie présentera ce qu’elle décrit comme la première feuille de route mondiale au monde vers des émissions nettes nulles d’ici à 2050. Le rapport sera dévoilé lors de la Conférence sur le climat à Glasgow, en Écosse.

Parallèlement, le gouvernement de l’Irlande s’apprête à déposer un projet de loi pour interdire l’implantation sur son territoire de terminaux d'accueil de gaz naturel liquéfié, où celui-ci serait soumis à une regazéification avant d'être distribué.

Le projet émane du ministre de l’Environnement, Eamon Ryan.

Ça n’a aucun sens de développer des terminaux d'accueil de gaz naturel liquéfié qui importent du gaz issu de la fracturation hydraulique. Mon ministère est en train de développer un projet de loi qui inclut des mesures pour les interdire, a déclaré le ministre, dans un article du Times britannique récemment publié, mais passé sous le radar au Québec. 

Le dépôt du projet de loi découle d’une controverse qui remonte à 2019, alors que le projet d’implantation d’un terminal d'accueil à Kerry était en cours de réalisation. Il aurait utilisé du gaz provenant des États-Unis, issu de la fracturation hydraulique, une technique jugée hautement polluante. Le gaz extrait par fracturation hydraulique est interdit en Irlande.

Plus de gaz et de pétrole au Canada

En novembre dernier, la Régie de l’énergie du Canada avait présenté son rapport annuel sur l’avenir énergétique. Dans les diverses projections évoquées, il était prévu que la production de gaz et de pétrole augmentera considérablement au cours des prochaines années, alors que pour atteindre les cibles définies par l’Accord de Paris, les pays membres doivent réduire leur production de gaz à effet de serre.

Dans le communiqué publié mardi, il est mentionné que le gouvernement fédéral vise la carboneutralité, mais en misant notamment sur les énergies de transition.

La production canadienne de pétrole brut augmente de façon constante pour atteindre un sommet de 5,8 millions de barils par jour en 2039. Propulsée par la croissance des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL), la production canadienne de gaz naturel suit la même tendance et atteint son sommet de 18,4 milliards de pieds cubes par jour en 2040, peut-on lire dans la synthèse du rapport.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !