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Une maladie inconnue frappe le Nouveau-Brunswick

Une chirurgienne en opération.

La santé publique est inquiète après la découverte de plusieurs cas au Nouveau-Brunswick.

Photo : University Health Network

Radio-Canada

La santé publique du Nouveau-Brunswick surveille de près une quarantaine de cas de patients avec des symptômes qui s'apparentent à ceux de la maladie de Creutzfeldt-Jakob.

Dans une note interne dont Radio-Canada a obtenu copie – envoyée le 5 mars par le bureau de la médecin hygiéniste en chef à la Société médicale et aux associations de médecins et d'infirmières – la santé publique fait état d'une grappe de cas du syndrome neurologique progressif d'étiologie inconnue.

Un premier cas confirmé de la maladie a été diagnostiqué en 2015. Trois ans plus tard, en 2019, 11 cas supplémentaires ont été découverts, puis 24 en 2020 et déjà 6 autres en 2021.

Les cas ultérieurs ne semblent correspondre à aucun syndrome neurologique connu. Cinq personnes sont décédées.

La maladie touche tous les groupes d'âge et semble se concentrer dans les régions de la Péninsule acadienne et de Moncton.

Nous collaborons avec différents groupes et experts nationaux, aucune cause précise n'a été déterminée à ce jour.

Une citation de :Note interne de la santé publique du Nouveau-Brunswick en date du 5 mars 2021

D'après les données préliminaires d'un groupe de recherche sur le sujet, la maladie ne serait pas génétique et pourrait être contractée dans l'eau, dans la nourriture ou dans l'air.

Un syndrome nouveau

Les symptômes des 43 cas dépistés depuis 2015 s’apparentent à ceux des maladies à prions, qui englobent notamment la maladie de Creutzfeldt-Jakob et certains de ses variants, dont la maladie de la vache folle.

Cependant, malgré de nombreuses similitudes, les tests de dépistage de la maladie de Creutzfeldt-Jakob ont jusqu'à présent écarté les maladies à prion connues, peut-on lire dans le mémo de la santé publique.

Qu’est-ce qu’un prion?

Les prions, explique le neurologue Alier Marrero, sont des protéines qui existent naturellement dans la membrane des cellules du cerveau. Ceux qui causent la maladie sont mal liés et vont résister à la digestion. Ils vont créer une réaction en chaîne en contact avec les autres protéines et remplir le cerveau de spongiformes.

Alier Marrero dans une entrevue par vidéoconférence, le 16 mars 2021.

Le neurologue Alier Marrero fait partie du groupe de recherche sur ce nouveau syndrome au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Les scientifiques évaluent la possibilité qu’il s’agisse d’un nouveau variant d’une maladie à prions ou carrément d’une nouvelle maladie.

Ce sont des patients qui ont des caractéristiques cliniques qui correspondent aux maladies à prions, dont la maladie de Creutzfeldt-Jakob fait partie, mais qui n’ont pas de preuve d’avoir la maladie de Creutzfeldt-Jakob ni aucune autre forme de maladies à prions, explique le neurologue Alier Marrero, qui participe aux travaux de recherche sur le sujet.

Ce sont des cas qui ont été définis comme un syndrome nouveau […] qui n’est pas décrit dans la littérature et dont la cause demeure à définir.

Une citation de :Alier Marrero, neurologue

Les cas recensés ont tous été signalés au Système de surveillance canadien de la maladie de Creutzfeldt-Jakob.

Selon le neurologue, il est important de ne pas se hâter à déterminer qu'il s'agit d'une maladie à prions, une maladie ultra-rare pour laquelle il n'existe d'ailleurs pas de traitement efficace.

Avant de sortir une définition d'une nouvelle condition, il faut avoir beaucoup de renseignements afin d'être certain qu'on n'est pas en train de diagnostiquer autre chose, comme une maladie qui aurait un traitement, indique-t-il.

Surveillance et sensibilisation

La médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, la Dre Jennifer Russell, explique que la note envoyée le 5 mars dernier visait à sensibiliser les médecins pour qu’ils aient à l’œil cette possibilité de diagnostic quand un patient présente certains symptômes.

Les professionnels de la santé disposent d’un questionnaire élargi pour déceler la maladie chez leurs patients. Les symptômes à surveiller incluent des changements de comportement, des troubles du sommeil, des douleurs inexpliquées, des hallucinations visuelles, des troubles de coordination ainsi qu’une atrophie musculaire et sévère du cerveau.

Les symptômes évoluent sur une période de 18 à 36 mois après l'exposition.

C’est vraiment quelque chose de curieux, admet la Dre Jennifer Russell, qui dit surveiller la situation de près.

Entre-temps, la province poursuit ses enquêtes sur les plans provincial et fédéral.

Il faut faire des sondages pour essayer de comprendre quels sont les liens en commun qui pourraient causer cette situation. À ce moment-ci, on a plus de questions que de réponses, dit Jennifer Russell.

D'après les informations de Nicolas Steinbach

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