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Saisie d'armes illégales en Montérégie : l'achat d'une maison a éveillé les soupçons

En faisant l'acquisition d'une demeure à cheval sur la frontière américaine, William Rainville a mis la puce à l'oreille des résidents du canton de Dundee et des autorités.

La maison achetée par William Rainville. Le terrain n'est pas entretenu et la demeure a l'air d'être abandonnée.

Depuis près d'un an, William Rainville était propriétaire d'une demeure à cheval sur la frontière canado-américaine, à Dundee, en Montérégie.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Ce n’est certainement pas un hasard si les policiers ont intercepté William Rainville, ce Sherbrookois de 24 ans qui transportait 249 armes prohibées dans son véhicule près de la frontière américaine, le 5 mars dernier.

C’est du moins l'avis de Marcel Savard, ancien directeur adjoint de la Sûreté du Québec (SQ). En entrevue à l'émission Isabelle Richer, M. Savard a expliqué que William Rainville devait déjà être sur le radar des autorités.

On avait déjà de l’enquête, de la surveillance et on pouvait se douter qu’[il] procédait justement à ce genre d’activités, a-t-il expliqué.

Chose certaine, l'achat d'une nouvelle propriété n'est pas passé inaperçu à Dundee, en Montérégie, un canton qui compte moins de 400 habitants. C'est dans cette municipalité que les agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ont procédé à l'arrestation du jeune conseiller du Mouvement Desjardins.

La fouille de son véhicule a permis de trouver 249 armes de poing démontées et importées illégalement, qui étaient dissimulées dans cinq poches de hockey. Une saisie impressionnante, selon les mots employés par la GRC.

Près d'un an avant d'être interpellé par les agents, William Rainville avait mis la main sur une demeure de 130 000 $ à cheval sur la frontière canado-américaine. Située sur le chemin Beaver, la maison se trouve à la fois au Canada et aux États-Unis.

Comme d’autres propriétés de Dundee, cette situation particulière fait de cette municipalité un lieu historiquement reconnu pour la contrebande, a indiqué M. Savard. Point de passage de prédilection, on y vendait notamment de l'alcool au temps de la prohibition.

De par ce caractère, certaines propriétés qui longent la frontière font l’objet d’une surveillance particulière de la GRC. Il n’est pas rare que les agents gardent un œil sur les nouvelles acquisitions et tentent d'en apprendre un peu plus sur les acheteurs.

William Rainville.

William Rainville a été arrêté près de la frontière américaine et accusé d'importation illégale d'armes.

Photo : Facebook

William Rainville ne se doutait donc pas que son arrivée avait été signalée à la Sûreté du Québec... par nulle autre que la mairesse du Canton de Dundee, Linda Gagnon.

L’installation d’une très grosse clôture lui a mis la puce à l’oreille, dit-elle.

Linda Gagnon, qui a l’habitude de consulter les avis de mutation des biens immobiliers pour ensuite aller se présenter aux nouveaux propriétaires, dit s’être rendue à la demeure nouvellement acquise par William Rainville.

Avant lui, Norman Rennie, un citoyen de Dundee, l’avait habitée pendant une trentaine d’années, selon Mme Gagnon.

Or, à son arrivée sur les lieux, la mairesse a constaté que William Rainville ne s’y trouvait pas.

Cette grosse clôture, dit-elle, l’a un peu titillée. Elle dit avoir contacté la SQ pour lui faire part de cette installation un peu douteuse, qui plus est, sur les lignes américaines.

J’ai transmis l’information en disant : "Maintenant, c’est à vous de voir s’il y a lieu de faire quelque chose là", raconte-t-elle.

À cette nouvelle barrière s'ajoutait un dispositif de surveillance vidéo. De quoi attirer l'attention des voisins, qui n’ont pas aperçu le nouvel arrivant.

Si monsieur pensait que [Dundee] était un endroit très réservé où il pourrait facilement agir selon ses plans, il ne savait peut-être pas, mais il y avait plein d’yeux qui regardaient ce qui se passait.

Une citation de :Linda Gagnon, mairesse du Canton de Dundee

Une nouvelle comparution

William Rainville devait à nouveau se présenter au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield, mardi. Détenu depuis son arrestation, il avait déjà comparu les 6 et 8 mars derniers.

L'homme de 24 ans fait face à neuf chefs d'accusation, dont ceux d'importation d'armes à feu à autorisation restreinte, de possession d'armes à feu prohibées, de possession de dispositifs prohibés et de possession d'armes à feu dans le but d'en faire le trafic.

Une partie de l'importante saisie.

Les agents de la GRC de Valleyfield ont saisi 249 armes en pièces détachées dans le véhicule de William Rainville, le 5 mars 2021.

Photo : GRC

Selon Marcel Savard, la suite des procédures permettra de comprendre un peu mieux le modus operandi du suspect.

Au nombre des questions auxquelles il faudra répondre, dit-il, il y a celles concernant « la procédure ».

Autrement dit, comment William Rainville en est-il venu à se procurer toutes ces armes? L'enquête permettra de déterminer où et comment il a pu les récupérer, et de quel côté de la frontière s'est déroulée cette activité, donne en exemple M. Savard.

Autant d'éléments qui pourront aider les autorités à mieux comprendre comment se déroule le transit d'armes à feu prohibées à la frontière, un problème qui préoccupe de plus en plus les municipalités.

À Montréal, où le meurtre de la jeune Meriem Boundaoui est venu remettre à l'avant-plan ce phénomène, la mairesse Valérie Plante a affirmé vouloir mener une lutte sans merci au trafic des armes illégales.

Avec les informations de Marc Verreault et de Vincent Maisonneuve

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