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Deux enfants envoient une centaine de lettres à des inconnus pour leur donner le sourire

Deux enfants sourient à la caméra. Le garçon tient une enveloppe dans ses mains.

Léa-Rose, 10 ans, et James, 8 ans, ont envoyé plus d’une centaine de lettres par la poste en guise de soutien pour les personnes seules durant la pandémie. Et ils ont reçu de nombreuses réponses.

Photo : Vanessa Wafer

Il y a un an, alors que la plupart des Canadiens étaient confinés à la maison, deux enfants de Gloucester, en Ontario, ont eu envie d’envoyer un peu de réconfort aux personnes qui pouvaient se sentir seules et isolées. Léa-Rose, 10 ans, et James, 8 ans, ont envoyé plus d’une centaine de lettres par la poste dont la plupart étaient destinées à des gens qu’ils ne connaissaient même pas.

Au moment du premier confinement, Vanessa Wafer et son conjoint, Jonathan, se sont retrouvés en télétravail à la maison, tout comme leurs enfants, qui suivaient leurs cours en ligne.

Si les parents, eux, avaient un horaire bien chargé et des journées bien occupées, Léa-Rose et James se tournaient un peu les pouces une fois les travaux scolaires terminés.

Quand Vanessa leur a demandé ce qu’ils aimeraient bien faire pour occuper tout le temps libre dont ils disposaient, ils ont proposé eux-mêmes d’écrire des lettres personnalisées et de les faire parvenir à des gens qui souffraient peut-être de solitude. Et ils ont commencé par envoyer des lettres dans des centres pour vétérans de chaque province canadienne.

Le jour du Souvenir, c'est dans la famille depuis des années. Mon père était militaire et c'est [aux vétérans] à qui ils ont pensé en premier.

Une feuille, une enveloppe, un dépliant et un tatouage temporaire.

Toutes les lettres étaient personnalisées et chaque enveloppe contenait aussi un dessin d’arc-en-ciel ainsi que des tatouages non permanents de petits virus.

Photo : Vanessa Wafer

Ils ont ensuite envoyé des lettres dans des centres hospitaliers. J’ai des cousines qui sont infirmières et qui sont au front depuis le début de la pandémie et on tenait à le souligner et à les remercier avec leur équipe de travail, ajoute Vanessa.

Publication sur Facebook

Vanessa a par la suite lancé un appel sur Facebook. On a demandé : "Si vous avez des gens que vous connaissez qui vivent dans la solitude en ce moment, qui sont seuls, envoyez-nous leur adresse et on va leur envoyer un petit quelque chose".

Son appel a été entendu. Beaucoup de personnes publiaient sur ma page des photos des personnes qui avaient reçu [notre courrier], soutient la mère de famille.

Pendant la pandémie, explique Léa-Rose, on voyait des personnes âgées qui ne pouvaient plus voir leur famille.

En leur envoyant des lettres, on essayait de trouver quelque chose pour qu’elles aient du bonheur.

Une citation de :Léa-Rose, 10 ans, de Gloucester.
Une feuille manuscrite, un dessin en noir et blanc et deux épinglettes des anciens combattants.

Un vétéran de la deuxième Guerre mondiale de Terre-Neuve-et-Labrador a répondu aux enfants. « J’ai beaucoup aimé lire son écriture [en lettres attachées] », dit Léa-Rose.

Photo : Vanessa Wafer

Des sous pour continuer

Leurs propres grands-parents ont eux aussi reçu des enveloppes de bonheur par la poste.

Leurs grands-papas et grands-mamans étaient tellement contents des actions des enfants qu’ils leur ont envoyé des sous pour les encourager à continuer et à acheter des timbres, raconte fièrement Vanessa.

Toutes les lettres étaient personnalisées, écrites à la main, en anglais ou en français. Léa-Rose et James se présentaient, précisaient où ils habitaient et quelles étaient leurs activités favorites. Ils offraient même des conseils aux destinataires.

Ils leur écrivaient que c'était important de bouger et d'écouter de la musique parce que ça aidait pour le moral !

Une citation de :Vanessa Wafer, mère de Léa-Rose et James.

La seule sortie quotidienne

Lea-Rose et James n’ont pas compté le nombre d’enveloppes envoyées, mais selon leur mère, il y en aurait eu une centaine entre mars et juin 2020. Ils en écrivaient parfois cinq ou six par jour, dit-elle.

Le trajet jusqu’à la boîte aux lettres était par ailleurs devenu leur sortie quotidienne. On allait en poster tous les jours. Mais on en recevait autant , précise-t-elle.

Un cahier blanc avec un arc-en-ciel sur la couverture est déposé tout près d'un pot de fleurs.

Les gens ont été tellement nombreux à répondre que Vanessa Wafer a eu l’idée de rassembler dans un album toutes les réponses reçues. Des lettres manuscrites, des cartes postales, des photos, des dessins et de petits objets leur ont été adressés en guise de reconnaissance.

Photo : Vanessa Wafer

Après quelques semaines, alors que les réponses se faisaient de plus en plus nombreuses, Léa-Rose et James ont songé au facteur à qui ils imposaient maintenant plus de travail.

On a fait une petite affiche qu'on a collée sur notre boîte [postale] pour remercier le facteur.

Une citation de :James, 8 ans, de Gloucester.

Ils ont ensuite été agréablement surpris de recevoir, à leur tour, des remerciements de la part de Postes Canada.

Un petit garçon portant une casquette et des gants tient une lettre dans ses mains en souriant à la caméra.

Léa-Rose et James ont reçu des remerciements de la part de Postes Canada. L'envoi était accompagné de casquettes et de gants de la société d'État.

Photo : Vanessa Wafer

Des réponses et un dernier souvenir

Pour Vanessa Wafer, cet effort de compassion et « d'empathie » de la part des enfants lui a permis de recevoir un dernier courrier de son grand-père, l’arrière-grand-père de Léa-Rose et James.

Mon grand-père qui nous a répondu est malheureusement décédé, durant la pandémie. On a gardé sa lettre. C'est un souvenir tangible. Si les enfants n'avaient pas eu cette idée-là, on n'aurait pas eu un dernier beau souvenir, précieux comme ça, en sa mémoire.

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