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Budget au N.-B. : un déficit de 245 M$ sans plan pour la relance

Le ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, Ernie Steeves.

Le ministre des Finances Ernie Steeves ne prévoit pas de retour à l'équilibre budgétaire dans un avenir rapproché en raison de la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

Face aux défis de la pandémie, le gouvernement de Blaine Higgs présente un budget déficitaire sans pour autant prévoir des investissements majeurs pour préparer la relance.

Le ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, Ernie Steeves, a déposé mardi son premier budget depuis que son parti est majoritaire à l’Assemblée législative.

Il prévoit des dépenses totales de 10,6 milliards $ en 2021-2022 et un déficit de 244,8 millions $. C’est beaucoup plus que le déficit pour l’année 2020-2021, qui est estimé à 12,6 millions $.

Ce n’est pas le budget que je voulais présenter, mais c’est le budget dont a besoin le Nouveau-Brunswick, a-t-il dit en point de presse peu avant la présentation de son discours.

Ernie Steeves affirme que ce plan témoigne de la volonté de son gouvernement de fournir le soutien nécessaire face aux pressions que la pandémie continuera d’exercer sur la province et qu’il permettra de préparer le terrain en vue de la reprise.

Pas de grands chantiers pour l’instant

Le gouvernement progressiste-conservateur prévoit de nombreux investissements ici et là, mais pas de grand projet ni de chantier afin de stimuler l’économie.

Le ministre des Gouvernements locaux, Daniel Allain, soutient toutefois que des initiatives spécifiques étalées devraient poindre dans les prochaines semaines.

Aujourd’hui, le budget, c’est les grandes lignes, a-t-il justifié en entrevue sur nos ondes mardi après-midi.

Pourtant, selon le député libéral Rob McKee, le ministre Steeves avait promis aux députés la semaine dernière que le budget serait un plan de relance économique.

Mais on n’a vraiment rien vu aujourd’hui à cet égard. Il n’y avait aucun plan pour les petites et moyennes entreprises, aucun plan pour les secteurs les plus touchés pendant la pandémie, déplore-t-il.

Selon lui, les programmes existants qui seront reconduits – comme celui d’incitation au voyage – échouent à répondre aux besoins des petites et moyennes entreprises.

L’absence de plan concret pour relancer l’économie un an après le début de la pandémie déçoit aussi la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), qui s’attendait à une vision plus grande pour la relance.

Force est de constater que le gouvernement Higgs n’a toujours pas de vision pour ‘‘réinventer’’ l’économie néo-brunswickoise, tel qu’il le répète souvent, fait observer le président de l’association, Alexandre Cédric Doucet, par voie de communiqué.

Nouveaux investissements en santé

La santé récolte une part importante des nouveaux investissements, avec notamment 30 millions $ pour aider les deux régies régionales de la santé (Vitalité et Horizon) à atténuer les pressions financières constantes et pour faire avancer divers projets.

L’augmentation du salaire de divers travailleurs des foyers de soins et du soutien à domicile sera financée à hauteur de 12,4 millions $, tandis que 11,1 millions $ serviront à recruter des médecins.

Des manifestants, dehors.

En 2019, des manifestants se sont rassemblés pour demander de meilleures conditions salariales pour les travailleurs des foyers de soins. Des investissements de 12,4 millions $ sont prévus dans le budget.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement débloquera également 3,2 millions $ afin que le CHU Dumont, à Moncton, ait les ressources nécessaires pour utiliser à son plein potentiel le nouveau bloc opératoire qui est présentement en construction.

Et, sans surprise, des fonds sont prévus dans le budget pour lutter contre la COVID-19.

Près de 65 millions $ serviront entre autres à immuniser la population, à effectuer des tests de dépistage, à faire la recherche de contacts et à maintenir les équipes provinciales de gestion rapide des éclosions.

Davantage d'argent en santé mentale

La santé mentale est aussi sur le radar d’Ernie Steeves, qui annonce des investissements de près de 7 millions $ dans différents ministères. La majeure partie de ces fonds servira à offrir des services aux jeunes ainsi qu’à traiter les dépendances.

Interrogée dans une mêlée de presse mardi, la ministre de la Santé, Dorothy Shephard, a répété vouloir faire des soins de santé mentale en situation de crise son cheval de bataille.

Ce qu'il faut vraiment régler, ce sont les soins en temps de crise et les soins pour les gens qui sont presque en crise, a-t-elle déclaré.

Ces nouveaux investissements surviennent quelques semaines après le suicide d’une adolescente à Fredericton qui a attendu huit heures à l’hôpital sans pouvoir consulter un psychiatre.

Le chef de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin, déplore pour sa part l’absence d’un modèle de soins virtuels en la matière.

Avec un tel modèle, on pourrait avoir des psychologues et des psychiatres, pas juste du Nouveau-Brunswick, mais d’ailleurs au pays, a-t-il fait valoir à la sortie du discours sur le budget.

Pas de retour à l’équilibre en vue

Le gouvernement de Blaine Higgs a fait de la lutte contre le déficit l’une de ses marques de commerce. Face aux perturbations majeures causées par la pandémie, il a dû mettre cette orientation de côté.

Dans le discours qu’il a lu à l’Assemblée, mardi après-midi, le ministre des Finances affirme qu’il agit pour contrecarrer les répercussions négatives de la pandémie tout en continuant à gérer avec prudence l'argent des contribuables.

Ernie Steeves.

Ernie Steeves, le ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, a présenté son budget mardi à Fredericton.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

Mais Ernie Steeves reconnaît que le retour à l’équilibre n’est pas dans les cartes, du moins à court terme.

Il dit que les effets de la COVID-19 seront prolongés et que, pour faire preuve de prudence, il n’est pas nécessaire d’apporter des réductions en vue de rétablir l’équilibre budgétaire.

Le ministre anticipe un déficit de 235 millions $ en 2022-2023, suivi d’un déficit de 163 millions $ l’année suivante.

Il n’ose pas prédire quand il atteindra l'équilibre.

« Il serait prématuré de présenter aujourd’hui un plan de retour à l’équilibre, car cela compromettrait la durabilité de la reprise économique et ajouterait à l’incertitude entourant les finances publiques. »

— Une citation de  Ernie Steeves, ministre des Finances du Nouveau-Brunswick

Ces propos ne sont pas passés inaperçus auprès de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick. Bien que Kris Austin estime raisonnable que l’équilibre budgétaire ne soit pas un objectif en ce moment, il se dit préoccupé par l’absence de vision pour réduire le déficit à plus long terme.

Les verts et les libéraux se sont plutôt attardés à l’absence de plan concret pour la relance, sans se formaliser de l’absence d’un plan pour un retour à l’équilibre, alors que la province nage toujours en pleine pandémie.

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