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Le projet francophone de l'Université de Sudbury continue de faire réagir

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L'Université de Sudbury, qui est bilingue, veut devenir 100 % francophone.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Radio-Canada

Le projet d’université « par et pour » les francophones annoncé vendredi par l’Université de Sudbury continue de susciter des réactions au sein des sphères universitaires et politiques.

L'établissement a fait part de son intention de devenir autonome alors que l'Université Laurentienne, à laquelle elle est liée, s'est déclarée insolvable au début du mois de février.

À quelques 400 km au sud de Sudbury, l'Université de l'Ontario français (UOF), dit se concentrer sur son ouverture à Toronto en septembre 2021.

Par la suite, peut-être qu'il y aura d'éventuels partenariats. Il y en a déjà d'ailleurs : on travaille déjà avec l'Université de Hearst et le collège La Cité. Mais le but ultime est d'offrir le plus de programmes possible en français dans une logique de proximité, a dit la vice-rectrice Edith Dumont à l'émission Le matin du Nord.

À peine 3 % des programmes sont dispensés en français [à Toronto], alors c'est le sujet sur lequel on se concentre pour les mois à venir à l'Université de l'Ontario français.

Une citation de :Edith Dumont, vice-rectrice de l'Université de l'Ontario français.
Edith Dumont sourit à la caméra.

Edith Dumont a été recrutée par l'Université de l'Ontario français en janvier 2020.

Photo : Radio-Canada / Source: CEPEO

Avant de vouloir collaborer, encore faut-il exister, ajoute Dyane Adam, présidente du Conseil de gouvernance de l'UOF.

Elle soutient toutefois qu'une proposition est déjà sur la table quant à un réseau entre les universités francophones et bilingues de l'Ontario, dont l'Université de Sudbury.

Le recteur de l'Université de Hearst, Luc Bussières, n'était pas disponible pour nous accorder une entrevue.

La Laurentienne se prononce sur l'enseignement en français

Dans une déclaration publiée mardi, le recteur de l'Université Laurentienne, Robert Haché, réitère son engagement « envers l'éducation en français en Ontario ».

Il ne fait toutefois pas mention de l'annonce de l'Université de Sudbury, qu'elle fédère, ni de la Coalition nord-ontarienne pour une université francophone créée lundi.

Soyons clairs, l’engagement envers la communauté francophone de l’Ontario est l’un de nos principaux objectifs à la Laurentienne et continuera de faire partie intégrante de notre mission lorsque l’Université restructurée va de l’avant.

Une citation de :Robert Haché, recteur de l'Université Laurentienne

Le recteur rappelle que l'établissement est le berceau de l'histoire franco-ontarienne et incubateur de la renaissance franco-ontarienne. Ce récit continue d’être au cœur de l’avenir de la Laurentienne, soutient-il.

Le NPD optimiste, mais prudent

Le député néo-démocrate de Sudbury Jamie West accueille favorablement la nouvelle.

Je ne veux pas que cette bonne nouvelle ne porte ombre sur ce qui arrive actuellement à l'Université Laurentienne. Mais je pense aussi que c'est important que quelqu'un se porte à la défense des programmes francophones.

Une citation de :Jamie West, député néo-démocrate de Sudbury
Le nouveau candidat du NPD Ontario Jamie West s'adresse aux militants du parti.

Jamie West s'adressant aux militants de son parti. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Samantha Samson/CBC

Il souligne toutefois que l’établissement doit encore franchir plusieurs étapes avant d'être reconnu comme une université par le gouvernement.

Le Parti libéral de l'Ontario a annulé son entrevue avec Radio-Canada lundi.

Pas de requête formelle à la province

Le ministère des Collèges et Universités a confirmé à Radio-Canada lundi ne pas avoir reçu de requête formelle de la part de l’Université de Sudbury. Une telle demande serait nécessaire si l'Université de Sudbury souhaitait changer de nom ou délivrer ses propres diplômes.

À l'heure actuelle, l’Université Laurentienne délivre les diplômes de l’Université de Sudbury.

L'établissement doit également avoir l’aval du ministère pour recevoir du financement. Et, pour ce faire, l'Université de Sudbury, qui a été fondée en 1913 par les Jésuites, doit renoncer à ses liens avec l'Église et s'établir comme une institution séculaire, précise un porte-parole du ministère.

En conférence de presse vendredi, le recteur de l’établissement, John Meehan, a laissé entendre que l’Université de Sudbury serait désormais non confessionnelle. Ce dernier a refusé une demande d’entrevue avec Radio-Canada lundi.

Entre-temps, la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, qualifie la proposition de l'Université de Sudbury de très intéressante.

Au micro de l'émission Jonction 11-17, la ministre ajoute trouver très préoccupante la situation dans laquelle se trouve l'Université Laurentienne.

Je travaille avec mon collègue le ministre des Collègues et Universités Ross Romano pour développer une réponse. Il va falloir trouver une nouvelle voie pour adresser la question de la pérennité de la programmation postsecondaire francophone.

Une citation de :Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones
Caroline Mulroney.

La ministre Caroline Mulroney dit être ouverte à « toutes sortes d’idées » et être prête à travailler avec les institutions et les intervenants du secteur pour les développer.

Photo : Capture d'écran / Chaîne Youtube du gouvernement de l'Ontario

Le gouvernement fédéral répond

De son côté le cabinet de la ministre du Développement économique et des Langues officielles soutient vouloir continuer d’appuyer les institutions clés aux communautés de langue officielle en situation minoritaire, car l’avenir de nos deux langues officielles passe par des communautés fortes et épanouies.

Le fédéral avait délié les cordons de la bourse pour le projet de l'Université de l'Ontario.

Le gouvernement du Canada dit être est prêt à travailler avec ses collègues des provinces et des territoires pour y arriver, puisque l’éducation relève de leur juridiction.

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