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Le vaccin d'AstraZeneca garde la confiance du régulateur européen

L'Agence européenne des médicaments demande à ses experts de déterminer s'il y a un lien de causalité entre l'administration du vaccin et la formation de caillots sanguins ou s'il ne s'agit que d'une coïncidence.

Un homme sort d'un local sur lequel a été apposée une affiche indiquant : « Pas de vaccination AstraZeneca aujourd'hui ».

Un homme quitte un centre de vaccination de Saint-Jean-de-Luz, en France, où l'administration des vaccins d'AstraZeneca a été suspendue.

Photo : La Presse canadienne / AP/Bob Edme

Radio-Canada

L'Agence européenne des médicaments (EMA) demeure « fermement convaincue » que les avantages du vaccin contre la COVID-19 d'AstraZeneca l'emportent sur les risques d'effets secondaires.

C'est ce qu'a affirmé mardi la directrice générale de l'agence, Emer Cooke, après que plusieurs pays européens eurent décidé de suspendre son utilisation en raison de craintes liées à des caillots sanguins.

Un comité d'experts du régulateur européen se penche actuellement sur des cas d'effets secondaires plausibles ou possibles, a-t-elle rappelé, et leurs conclusions seront communiquées jeudi.

Son rôle consiste à déterminer si les cas de caillots sanguins signalés chez un petit nombre de personnes qui venaient de se faire inoculer le vaccin d'AstraZeneca sont une coïncidence ou un réel effet secondaire.

Mme Cooke n'a pas voulu spécifiquement demander aux pays qui ont suspendu l'utilisation du vaccin de reconsidérer leur décision, mais n'a pas fait de mystère du point de vue de l'EMA.

Nous sommes toujours fermement convaincus que les avantages du vaccin AstraZeneca dans la prévention de la COVID-19, avec son risque associé d'hospitalisation et de décès, l'emportent sur le risque de ces effets secondaires.

Une citation de :Emer Cooke, directrice générale de l'EMA

Jusqu'à nouvel ordre, il n'y a aucune preuve que des vaccins ont pu causer ces problèmes de caillots sanguins, qui n'avaient pas davantage été répertoriés lors des essais cliniques du vaccin.

Emer Cooke, sur un téléviseur installé au milieu d'une salle vide.

La directrice générale de l'EMA, Emer Cooke, apparaît sur un écran installé dans une salle de presse de l'Union européenne, à Bruxelles.

Photo : Getty Images / AFP/YVES HERMAN

La formation de caillots ne figure d'ailleurs pas dans la liste des effets secondaires possibles constatés lors de ces essais, effectués sur des dizaines de milliers de personnes.

Selon Emer Cooke, le nombre d'événements thromboemboliques constatés jusqu'ici dans la population vaccinée ne semble pas être plus élevé que dans la population générale.

Faire preuve de prudence

L'EMA doit toutefois étudier la situation très sérieusement afin de déterminer s'il y a bel et bien un lien de causalité entre l'administration du vaccin et ces cas de caillots sanguins rapportés par certains pays.

Pour la députée Véronique Trillet-Lenoir, du parti La République en marche, cette étape est nécessaire. Elle n'est le fruit ni du scepticisme ni de la crainte, a-t-elle précisé, mais bien de la « prudence » dont font preuve les autorités européennes.

Nous nous donnons 72 heures pour étudier ces cas de manière très approfondie, a-t-elle expliqué mardi, en entrevue à ICI RDI.

L'eurodéputée, qui est oncologue de formation, dit espérer obtenir « le feu vert », au terme de ces analyses, afin de poursuivre la campagne de vaccination, qui a déjà pris du retard.

L'Europe, a-t-elle expliqué, est l’un des pays à hauts revenus qui a pour le moment vacciné assez peu, notamment parce qu'elle est confrontée à des problèmes de production préoccupants, particulièrement avec AstraZeneca.

À l'instar de l'EMA, les experts de l'Organisation mondiale de la santé se penchent aussi mardi sur la sûreté de ce vaccin. L'agence onusienne a fait savoir lundi qu'elle préconise toujours l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca pour lutter contre la COVID-19.

Le groupe pharmaceutique anglo-suédois au centre de la tempête maintient pour sa part qu'il n'y a aucune preuve de risque aggravé de caillot sanguin entraîné par son vaccin.

Plusieurs pays européens ont suspendu son utilisation

Plus tôt en matinée, le premier ministre britannique Boris Johnson a aussi plaidé que le vaccin d'AstraZeneca est sûr et extrêmement efficace, dans le quotidien The Times.

Le Royaume-Uni est le premier pays à avoir approuvé ce vaccin, et plus de 11 millions de personnes l'ont jusqu'ici reçu, sans que les autorités réglementaires signalent de problèmes majeurs.

L'Autriche a suspendu le 8 mars l'utilisation d'un lot de vaccins AstraZeneca après le décès d'une infirmière de 49 ans à la suite de graves problèmes de coagulation sanguine, quelques jours après avoir été vaccinée.

Selon Emer Cooke, ce lot a depuis fait l'objet de vérifications, mais aucun lien plausible avec le cas de cette infirmière n'a pu être déterminé.

De manière générale, la directrice générale de l'EMA juge peu probable qu'un lot spécifique du vaccin soit en cause, tout en admettant cela ne peut pas être exclu pour autant.

Le Danemark a été le premier pays à suspendre l'utilisation du vaccin AstraZeneca, le 11 mars, après des rapports de cas graves de formation de caillots sanguins chez des personnes vaccinées.

La Norvège lui a emboîté le pas le même jour. Le pays a rapporté lundi le décès d'une soignante de moins de 50 ans à la suite d'une hémorragie cérébrale. Elle avait été hospitalisée jeudi, une semaine environ après avoir reçu le vaccin d'AstraZeneca, sans qu'un lien de causalité puisse être établi à ce stade.

Une autre soignante d'une trentaine d'années était déjà morte vendredi en Norvège, dix jours après avoir reçu le même vaccin.

L'Islande, la Bulgarie, l'Irlande, les Pays-Bas, l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Espagne, la Slovénie, le Portugal et la Lettonie ont par la suite décidé de suspendre l'utilisation de ce vaccin à leur tour, à titre préventif.

Mardi, le Luxembourg, Chypre et la Suède en ont fait de même.

Le Canada n'a pas suivi le mouvement et continue de défendre l'innocuité du vaccin d'AstraZeneca.

Le Comité consultatif national de l'immunisation recommande même depuis mardi de l'utiliser pour tous les adultes canadiens. Dans un premier avis, il avait préconisé de ne pas l'utiliser pour les personnes âgées de 65 ans et plus.

Avec les informations de Agence France-Presse

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