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Analyse

Relations Québec-Ottawa : un peu de chaleur pour un mariage de raison

François Legault et Justin Trudeau, souriants et assis durant une conférence de presse.

Les premiers ministres Justin Trudeau et François Legault à Montréal, lundi

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Réunis en personne pour la première fois depuis plus d’un an, Justin Trudeau et François Legault avaient presque l’air de s’apprécier à Montréal, lundi. Il faut dire que les couteaux ont volé assez bas depuis un an pour que le moindre clin d'œil ressemble à une preuve d’amour entre eux deux.

C’est plus facile de se parler en personne, lance tout sourire le premier ministre québécois à son homologue. Une très bonne rencontre, lui répond candidement Justin Trudeau, qui a hâte d’être partenaire dans d’autres projets ambitieux.

De la poudre aux yeux? La diplomatie a toujours son rôle à jouer en politique, mais elle n’explique pas à elle seule le ton plus que cordial de la rencontre.

Lise Bissonnette, à l’émission Midi info, y a vu un cessez-le-feu. Tout le monde sait que les sujets de discorde entre les deux chefs sont aussi nombreux et sensibles qu’auparavant. Et l’accélération des livraisons des vaccins n'a pas suffi à François Legault pour se découvrir un grand amour pour Justin Trudeau.

Les projets communs

On nous répète souvent que, pour durer, un couple a besoin de projets communs. On peut imaginer que ça vaut aussi pour un mariage sans amour.

C’est dans l’intérêt de tout le monde qu’on puisse travailler ensemble, rappelle un conseiller du premier ministre Legault. D'autant que les terrains d’entente potentiels ne manquent pas.

L’environnement et l’économie sont sans doute les plus importants. Mais il y en a d’autres, que ce soit le développement des infrastructures, le transport collectif, l’agriculture ou le libre-échange.

Ces projets communs deviennent d’autant plus importants qu’on commence à entrevoir la fin de la pandémie : bientôt, la relance économique, dont tout le monde dépend, viendra prendre la place des CHSLD et de la vaccination dans les discours politiques.

Le pragmatisme à la rescousse

L’entente entre Québec et Ottawa ne se mesure pas seulement à la relation que peuvent entretenir leurs deux dirigeants. Justin Trudeau et François Legault n’ont peut-être pas d’atomes crochus, mais leurs équipes, elles, en ont plus qu’on ne pourrait le croire.

En témoigne notamment l’excellente relation qu’entretiennent les hommes forts du développement économique des deux gouvernements, qui transpirait elle aussi durant la conférence de presse. Pierre Fitzgibbon s’entend à merveille avec son homologue François-Philippe Champagne.

Même son de cloche aux finances : lorsqu’il a présenté la date de son prochain budget, en conférence de presse, le ministre Eric Girard n’a pas hésité à parler de son excellente relation avec la ministre Chrystia Freeland, avec qui il parle souvent d’ailleurs.

En fait, on dit que les machines gouvernementales, pour utiliser l’expression consacrée, travaillent beaucoup mieux ensemble que les prises de bec en public entre les premiers ministres ne le laissent croire.

La joute préélectorale

La tournée de Justin Trudeau du centre de vaccination du Palais des congrès, à Montréal, lundi, devant les caméras, a eu tôt fait de rappeler qu’on a toujours plusieurs raisons de bien s’entendre.

Ça sent les élections à Ottawa. Le premier ministre libéral, qui voudrait bien ravir quelques sièges de plus au Québec, n’a aucun intérêt à se chicaner en public avec François Legault.

Évidemment, Justin Trudeau ne s’attend pas à ce que le premier ministre québécois lui donne son soutien, mais il pourrait à tout le moins se taire… contrairement à 2019, quand il dénonçait les libéraux à la moindre occasion.

Le premier ministre Legault pourrait aussi tirer son épingle du jeu : il peut monnayer la bonne entente (et son silence durant la campagne). La collaboration d’Ottawa serait la bienvenue dans plusieurs dossiers, dont les transferts fédéraux en santé.

Pour paraphraser l’auteur français Barthélemy Imbert, l'art d'être heureux, pour des époux, c'est souvent l'indulgence.

Dans ce mariage de raison qui unit Québec et Ottawa, c’est un conseil à retenir.

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