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Le vaccin d'AstraZeneca recommandé pour les Canadiens de 65 ans et plus aussi

Une fiole contenant le vaccin d'AstraZeneca.

Au Canada, le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) recommande d'arrêter d'inoculer le vaccin d'AstraZeneca aux personnes de moins de 55 ans, pour des raisons de sécurité.

Photo : Associated Press / Christophe Ena

Radio-Canada

Le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) a changé d'avis sur l'administration du vaccin anti-COVID-19 d'AstraZeneca aux personnes âgées de 65 ans et plus.

Selon des documents obtenus par CBC, le réseau anglais de Radio-Canada, le CCNI devrait indiquer mardi que les données sont maintenant suffisantes pour recommander l'inoculation dudit vaccin à tous les Canadiens de 18 ans et plus.

Le Comité avait, il y a deux semaines, émis des doutes sur l'efficacité du vaccin à protéger les populations plus âgées de la COVID-19.

Cette recommandation avait d'ailleurs poussé la quasi-totalité des provinces et des territoires à l'administrer aux Canadiens âgés de 60 à 64 ans. Seul le Québec faisait bande à part en l'offrant aux 65 ans et plus.

Dans ses recommandations mises à jour, le CCNI maintiendra toutefois que les vaccins à ARNm, comme ceux de Pfizer-BioNTech et de Moderna, devraient être privilégiés pour les Canadiens de 65 ans et plus en raison de leur plus grande efficacité.

L'Europe en émoi

Paradoxalement, ce changement arrive au moment même où plusieurs pays européens ont suspendu temporairement l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca après avoir recensé des troubles de coagulation chez certaines personnes récemment immunisées. Cela dit, aucun lien de causalité n'a encore été établi.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) va tout de même réunir son groupe d'experts sur la vaccination mardi pour étudier la question. L'Agence européenne des médicaments va en faire autant jeudi.

La liste des pays ayant annoncé qu'ils suspendaient l'injection du vaccin d'AstraZeneca.

De nombreux pays ont suspendu l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca, le temps de s'assurer qu'il n'y a pas de lien avec les cas de coagulation sanguine observés chez certaines personnes récemment vaccinées.

Photo : Radio-Canada

On ne sait pas encore si le CCNI modifiera ses recommandations à la lumière des signalements de coagulation sanguine en Europe; les documents obtenus par CBC n'en font pas mention, et rien ne permet de penser que le Canada suivra le mouvement en suspendant l'utilisation du vaccin de ce côté-ci de l'Atlantique.

En marge d'une conférence de presse, lundi, les premiers ministres Trudeau et Legault ont déclaré que le vaccin d'AstraZeneca est tout à fait sécuritaire. Ainsi, les Canadiens et les Québécois ne devraient pas s'inquiéter de le recevoir, selon eux.

AstraZeneca a déclaré pour sa part qu'un examen attentif de toutes les données de sécurité disponibles pour plus de 17 millions de personnes vaccinées dans l'Union européenne et au Royaume-Uni n'a montré aucune preuve d'un risque accru de caillots sanguins.

Le vaccin d'AstraZeneca – à l'instar de sa version indienne, Covishield – a été autorisé le mois dernier par Santé Canada, qui a estimé son efficacité à 62,1 %.

Le ministère avait alors reconnu que les données d'essais cliniques disponibles étaient trop limitées pour permettre une estimation fiable de l'efficacité du vaccin chez les personnes âgées de 65 ans et plus.

Mais il avait aussi souligné que les données probantes du monde réel [...] dans les régions où le vaccin a été déployé suggéraient un bénéfice potentiel et aucun problème d'innocuité.

À l'heure actuelle, les Canadiens ne peuvent pas décider quel vaccin ils recevront. Les autorités invoquent un contexte de pénurie pour justifier cette absence de choix.

En date de jeudi dernier, le 11 mars, le Canada avait reçu tout près de 4 millions de vaccins contre la COVID-19, dont 500 000 vaccins Covishield.

Le Canada a réservé 22 millions de doses des vaccins d'AstraZeneca, dont la majorité sera expédiée depuis les États-Unis entre avril et septembre.

Jusqu'ici, la Maison-Blanche s'est montrée réticente à partager au Canada et au Mexique les vaccins produits sur son territoire. Toutefois, celui d'AstraZeneca n'a pas encore été autorisé par l'Agence américaine responsable des produits alimentaires et des médicaments (FDA).

Un vaccin qui a mauvaise presse

Le vaccin d'AstraZeneca a généré plusieurs inquiétudes depuis le début de l'année, en particulier sur sa capacité à protéger contre les variants du coronavirus et son efficacité pour les personnes plus âgées.

Or, une étude préliminaire de la campagne de vaccination en Écosse a révélé à la fin février que ce vaccin avait été très efficace pour prévenir les infections graves dans cette nation constitutive du Royaume-Uni.

Cette étude n'avait pas été prise en considération dans les recommandations initiales du CCNI, qui s'étaient basées uniquement sur des données obtenues en 2020.

Depuis, ses membres ont constaté une réduction du risque de maladie symptomatique et d'hospitalisation qui atteindrait un niveau comparable à celui des personnes âgées de 18 à 64 ans, apprend-on dans les documents que CBC a pu consulter.

Ni le CCNI ni Santé Canada n'a voulu commenter le sujet, lundi.

Pour le Dr Zain Chagla, directeur médical du contrôle des infections Centre de soins de santé Saint-Joseph de Hamilton, la controverse entourant les cas recensés de coagulation sanguine en Europe tombe à un bien mauvais moment, car le public était déjà hésitant face au vaccin d'AstraZeneca.

Lors des essais cliniques, rappelle-t-il, peu de gens ont été infectés par la COVID-19; le nombre de participants âgés de 65 ans et plus était insuffisant; et l'efficacité du vaccin a été sous-estimée.

Alors, même si vous obtenez de meilleures données pour soutenir son utilisation, vous devrez quand même lutter contre ces trois différents courants de négativité, résume le Dr Chagla.

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