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Les républicains accusent le président Biden d'avoir provoqué une crise migratoire

La Maison-Blanche a reconnu lundi qu'elle faisait face à un « gros problème » à la frontière sud des États-Unis.

Cinq adolescents portant des couvre-visages attendent, debout, devant un autobus, la nuit.

Des adolescents attendent de pouvoir accéder à un site d'hébergement temporaire au Texas après avoir franchi la frontière séparant les États-Unis du Mexique, le 14 mars 2021.

Photo : Associated Press / Eli Hartman

Agence France-Presse

Les républicains ont accusé, lundi, Joe Biden d'avoir provoqué l'afflux de milliers de personnes à la frontière américano-mexicaine. Parmi ces migrants qui tentent d'entrer aux États-Unis figurent de nombreux mineurs non accompagnés.

Cette crise a été créée par les politiques présidentielles de cette nouvelle administration. Elle ne peut avoir d'autre nom que la crise Biden aux frontières, a tonné le chef de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, Kevin McCarthy.

C'est ici que vous devriez venir à bord d'Air Force One, c'est ici que vous devriez regarder les gens dans les yeux et parler aux agents chargés de la police des frontières, a-t-il lancé à l'intention de Joe Biden lors d'une visite au Texas, à la frontière avec le Mexique, en compagnie d'une dizaine d'autres élus républicains de la Chambre.

Dès son premier jour à la Maison-Blanche, le 20 janvier, Joe Biden avait signé un moratoire sur l'expulsion des sans-papiers arrivés aux États-Unis avant novembre 2020. Et il a promis une vaste réforme migratoire qui ouvrirait la voie à la naturalisation de quelque 11 millions d'immigrés en situation irrégulière.

Tout cela a encouragé les migrants à tenter leur chance, affirment les républicains.

Le président américain, Joe Biden, s'apprête à revêtir un couvre-visage dans une salle, devant des micros.

Joe Biden a signé un moratoire sur l'expulsion des sans-papiers arrivés aux États-Unis avant novembre 2020 dès son premier jour à la Maison-Blanche.

Photo : Associated Press / Patrick Semansky

Un gros problème

La Maison-Blanche a reconnu lundi qu'elle faisait face à un gros problème, mais en a attribué la responsabilité à Donald Trump, qui a quitté le pouvoir le 20 janvier après quatre ans de mandat.

La dernière administration nous a laissé un système démantelé et impraticable, a déclaré la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, lors d'une conférence de presse.

Nous allons tout faire pour trouver une solution, a-t-elle ajouté.

Les démocrates accusent les républicains de chercher à faire diversion pour ne pas parler du gigantesque plan de relance économique qu'ils viennent d'approuver, très populaire auprès des Américains.

Et ils soulignent que le nombre de clandestins appréhendés à la frontière avec le Mexique était reparti à la hausse au printemps 2020, soit sous le mandat de Trump.

La politique controversée de Donald Trump

Face aux parlementaires républicains qui disaient lundi avoir le coeur brisé par la situation des migrants à la frontière, certains rappellent la politique très controversée de tolérance zéro mise en place par Donald Trump en 2018, qui avait mené à la séparation de milliers de familles de migrants.

Des centaines d'enfants n'ont toujours pas retrouvé leurs parents.

À la maison, on n'a pas de travail, pas d'argent, confie Rubia Tabora, une Guatémaltèque âgée de 25 ans, assise avec son fils d'un an à la gare routière de Brownsville, à la pointe sud du Texas.

Elle a franchi clandestinement la frontière depuis le Mexique et veut retrouver son époux, qui vit déjà aux États-Unis.

L'annonce de la signature d'un moratoire sur les expulsions par Joe Biden l'a encouragée à passer la frontière. Mon mari m'a dit de venir à ce moment-là, expliquait dimanche soir la jeune femme à l'AFP.

Quelque 200 migrants sans papiers sont passés par la gare routière de Brownsville dans la seule journée de samedi, selon les associations locales.

Hébergement d'urgence pour les mineurs

Au coeur de cet afflux, qui se répète tout au long de la frontière, l'arrivée massive de mineurs non accompagnés a débordé les structures d'accueil déjà en place.

Au point que l'administration Biden a ordonné samedi à l'agence américaine de gestion des situations d'urgence (FEMA) d'intervenir. Pendant trois mois, elle aidera à héberger temporairement les mineurs avant qu'ils ne rejoignent des adultes, généralement des proches déjà installés aux États-Unis.

Le département de la Santé s'occupe actuellement de quelque 8800 jeunes migrants, et les arrivées quotidiennes se poursuivent.

Durant le seul mois de février, la police aux frontières (CBP) a intercepté 100 000 clandestins à la frontière sud des États-Unis, dont 9457 mineurs non accompagnés ainsi que 19 246 personnes arrivées en famille.

Le nombre de migrants mineurs arrivés seuls à la frontière avec le Mexique était tombé en avril 2020 à un creux, 741, et n'a cessé de croître depuis.

En décembre, dernier mois entièrement passé sous la présidence de Donald Trump, les services douaniers avaient intercepté quelque 74 000 migrants.

Le 26 janvier, un tribunal fédéral américain avait bloqué la décision de l'administration de Joe Biden de geler pendant 100 jours les expulsions d'immigrés en situation irrégulière.

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