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Meurtre de Rosalie Gagnon : les intervenants doivent être mieux formés

Photos d'Audrey Gagnon et Rosalie Gagnon

Audrey Gagnon, 23 ans, et Rosalie Gagnon, 2 ans.

Photo : SPVQ

Les intervenantes de la Maison Marie-Rollet auraient dû se douter qu'Audrey Gagnon pouvait représenter un danger pour sa fille, Rosalie, peu avant le meurtre de la petite, survenu en avril 2018, dans l'arrondissement de Charlesbourg. Pour éviter qu'un tel drame ne se reproduise, la Maison Marie-Rollet et les autres maisons d’hébergement pour femmes devront mieux former les intervenants.

C'est ce que recommande notamment la coroner, Me Géhane Kamel, trois mois après l’enquête publique sur la mort de la petite Rosalie Gagnon.

Les recommandations de Me Kamel touchent aussi la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes ainsi que le ministère de la Santé et des Services sociaux.

À la Maison Marie-Rollet, elle recommande notamment de ne jamais laisser partir un enfant faisant l’objet d’un signalement par la DPJ sans qu’un intervenant en soit informé.

Elle conseille aussi à la maison d’hébergement d’assurer une formation continue auprès de son personnel pour qu’il soit bien au fait de la procédure en cas d’expulsion d’une résidente avec des enfants susceptibles de compromission.

Une mort atroce

Audrey Gagnon a quitté la maison d’hébergement le 12 avril 2018 après avoir été expulsée pour des menaces de mort. Cinq jours plus tard, elle a poignardé à plusieurs reprises sa fille avant de laisser son corps inerte derrière une résidence de l'avenue De Gaulle.

Durant l’enquête, une intervenante de la DPJ a affirmé avoir été mise au courant du départ d’Audrey Gagnon et de sa fille le lendemain.

La coroner recommande que tous les intervenants de la maison soient informés des directives à suivre en cas de disparition d’un enfant faisant l’objet d’un signalement à la DPJ.

Une salle d'audience, respectant les consignes sanitaires, au palais de justice, avec 7 personnes.

La coroner, Me Géhane Kamel, lors de la première journée d'audience (archives)

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

Intervenants pivots

À l’ensemble des maisons d’hébergement pour femmes ainsi qu’à la DPJ, la coroner conseille de faire en sorte que des intervenants pivots soient désignés pour favoriser la collaboration et la communication entre les organismes, mais aussi avec les parents.

Elle demande également que les intervenants aient tous accès à des formations supplémentaires pour qu’ils puissent agir de manière concertée et en collégialité.

Il n’existe aucune obligation légale pour les organismes de mettre en place les recommandations d’un coroner lors d’une enquête publique. Toutefois, ceux-ci doivent lui faire part des mesures qu’ils entendent mettre en place.

L'enquête publique sur le meurtre de la petite Rosalie Gagnon s'est déroulée du 7 au 11 décembre 2020. Sa mère, Audrey Gagnon, a plaidé coupable de meurtre au deuxième degré et d’outrage envers un cadavre en mars 2020. Elle a été condamnée à une peine d'emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 14 ans.

Cette enquête publique a été ordonnée à la suite des conclusions d'une enquête de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qui avait établi que les communications entre la Direction de la protection de la jeunesse et le centre d'hébergement où a séjourné la mère de l'enfant étaient déficientes.

Déjà des changements

Dans son rapport, Me Kamel a toutefois indiqué que plusieurs mesures ont été prises pour réduire les risques, depuis le meurtre de Rosalie.

Parmi celles-ci, la précision de la marche à suivre par les intervenants lors d’une situation d’expulsion d’une femme avec un enfant. La coroner a également indiqué que la DPJ a mis en place en août 2019 une procédure lorsque des enfants connus de la DPJ manquent à l’appel.

Dans un communiqué, la Maison Marie-Rollet affirme qu'elle prend acte des recommandations du coroner et souligne elle aussi les changements apportés depuis le drame. La politique de signalement à la DPJ a notamment été mise à jour pour identifier clairement la marche à suivre aux intervenantes lors d'une situation d'expulsion d'une femme avec un enfant.

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale note lui aussi des améliorations, à géométrie variable, à travers le Québec où la communication est meilleure entre la DPJ et les ressources communautaires. Il a malheureusement fallu qu'une petite fille perde la vie pour qu'on s'attarde aux collaborations qui sont si importantes dans la situation des femmes et des enfants, déplore néanmoins la présidente, Chantal Arseneault.

Au cabinet du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, l'attachée de presse rappelle que le gouvernement travaille sur une réforme en profondeur de la DPJ et que toutes les recommandations permettant de bonifier cette réforme sont accueillies favorablement.

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