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COVID-19 : des bâtons dans les roues pour les recruteurs de la LHJMQ

La pandémie de COVID-19 continue de causer des tracas dans le monde du sport. Après une fin d’année en queue de poisson en 2020, les choses ne se sont pas beaucoup améliorées pour le hockey mineur d’élite.

Un jeune espoir foule le tapis rouge pour le repêchage de la LHJMQ

Le repêchage annuel des espoirs de la LHJMQ sera virtuel en 2021 (archives).

Photo : Ligue de hockey junior majeur du Québec

Mathieu Massé

Les joueurs de hockey mineur d'élite n’ont disputé qu’une poignée de parties durant la saison 2020-21. Les recruteurs de la LHJMQ, qui peinent à évaluer la progression des jeunes espoirs, savent d'emblée que le dépistage s'annonce difficile.

Y aura-t-il un repêchage de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) en 2021?

La question lui a été posée quelques fois, mais Pierre Cholette, recruteur en chef de la LHJMQ, assis devant son ordinateur, ne s’en formalise pas. Hors de tout doute! Moi, je suis convaincu qu'il va y avoir un repêchage pour la simple et bonne raison que la provenance de nos joueurs, dans la LHJMQ, provient du repêchage.

Si tu ne fais pas de repêchage si tu débutes normalement au mois d'août ou septembre, les joueurs vont provenir d’où?

Une citation de :Pierre Cholette, recruteur en chef pour la LHJMQ

Les joueurs inquiets

Malgré tout, il reste que les ligues de hockey mineur d’élite québécoises n’ont peu ou pas joué cette saison. Au Québec, les équipes ont joué quelques matchs de pré-saison, mais pas beaucoup plus que ça, explique Alexandre Gauthier, dépisteur en chef pour les Wildcats de Moncton.

Du côté des Maritimes, les choses se sont un peu mieux passées. Dans la Ligue de hockey midget AAA Nouveau-Brunswick–Île-du-Prince-Édouard, les équipes ont pu entamer leur saison, mais les cas de COVID-19 ont tout arrêté pendant plus de trois mois, avant un retour au jeu au mois de mars.

Philippe Collette, 15 ans, ailier droit pour les Flyers de Moncton AAA.

Philippe Collette, 15 ans, ailier droit pour les Flyers de Moncton AAA.

Photo : Radio-Canada / Zoom

Philippe Colette évolue dans cette ligue pour les Flyers de Moncton. À 15 ans, il s'apprêtait à participer à l'une des plus importantes saisons de sa jeune carrière, puisqu’il est admissible au prochain repêchage de la LHJMQ. Il y a des bouts où on avait beaucoup de cas [de COVID-19], alors c'était pas mal inquiétant.

Si la saison 2020-21 n’a pas été facile pour les joueurs, Pierre Cholette l’admet lui aussi : les choses n’ont pas été simples pour son équipe de dépisteurs. Ça complique drôlement la tâche. Puis, il y a aussi des événements majeurs qui ont été annulés, par exemple, les gros tournois comme le Monctonian et le Ice Jam à Halifax.

Toutefois, les recruteurs sont loin de se laisser gagner par l’inquiétude. Alexandre Gauthier estime que la pandémie a fait tourner un coin important à son travail.

La pandémie, ce que ça a accéléré, c'est que pas mal toutes les équipes ont commencé à filmer leurs matchs et à faire un lien entre la ligue et un site qu'on utilise en particulier.

Une citation de :Alexandre Gauthier, dépisteur-chef, Wildcats de Moncton

Les joueurs sur un pied d'égalité

Pierre Cholette voit dans cette saison particulière un retour à un certain pied d’égalité pour tous les joueurs évalués. Il explique que parfois, certains joueurs dans des régions plus éloignées peuvent être légèrement désavantagés, puisque moins de dépisteurs font le voyage pour aller les voir jouer.

Les équipes ont vraiment fait preuve d'ingéniosité. Par exemple, dans les Maritimes, ils ont leur propre page Facebook où ils vont mettre leurs matchs live. Donc ils sont sauvegardés alors c'est possible de regarder les matchs de cette façon-là, illustre-t-il.

Pierre Cholette, recruteur-chef, LHJMQ

Pierre Cholette, recruteur-chef, LHJMQ

Photo : Radio-Canada / Zoom

Il continue en affirmant que la vidéo donne la chance aux recruteurs de voir beaucoup de choses, et surtout, d’analyser le jeu des jeunes espoirs de manière détaillée.

Avec les nouveaux logiciels qui existent, je peux décortiquer chacune des présences de chacun des joueurs. En avantage numérique, en désavantage, les présences juste en première, deuxième ou troisième période.

Il ajoute que les statistiques avancées n’ont jamais été aussi utilisées.

Là où le bât blesse

Même si les dépisteurs font preuve d’optimisme et d’ingéniosité, il reste que rien ne remplace le fait de voir un match en personne.

Les deux recruteurs rappellent que les bandes vidéo se concentrent bien souvent sur le porteur de la rondelle et ce qui l’entoure. Ainsi, beaucoup d’événements se déroulent sur la glace, sans que la caméra ne puisse tous les capter.

Pierre Cholette donne en exemple le comportement d’un joueur sans la rondelle. Est-ce qu'il a tendance à étirer ses présences? C'est quoi son langage corporel quand son entraîneur demande un changement? Est-ce qu'il bougonne? Ça, ce sont des facettes qu'on n'est pas capable d'aller chercher présentement.

Alexandre Gauthier affirme qu’il faut alors se tourner vers les entraîneurs ou le personnel de l’équipe qui connaît bien les joueurs, tant sur la glace qu’à l’extérieur.

Les joueurs des Maritimes avantagés?

Les joueurs qui évoluent dans les Maritimes ont eu la chance de jouer davantage que ceux du Québec. Même si l’échantillon est petit, il reste plus gros que celui du Québec.

Pierre Cholette et Alexandre Gauthier rappellent toutefois que les évaluations ne commencent pas nécessairement l’année où les joueurs sont admissibles. Les équipes ont des recruteurs qui couvrent les catégories inférieures comme le bantam. Rien n’empêche les équipes de contacter les responsables pour avoir de l'information supplémentaire sur ces jeunes-là.

À savoir si les joueurs des Maritimes seront réellement avantagés, M. Cholette ne veut pas se mouiller, mais il est bien conscient que le fait de ne pas avoir vu la progression des espoirs québécois rend la tâche difficile aux dépisteurs.

Alexandre Gauthier, dépisteur-chef, Wildcats de Moncton

Alexandre Gauthier, dépisteur-chef, Wildcats de Moncton

Photo : Radio-Canada / Zoom

Alexandre Gauthier, de son côté, présume que cet avantage pourrait se refléter dans le nombre de joueurs des Maritimes sélectionnés au prochain encan junior majeur. Ça va arriver, d'après moi, que les équipes vont être plus confiantes de prendre des joueurs pour lesquels elles ont eu plus de visionnements.

Malgré les belles avancées technologiques permettant de voir tous les joueurs à qui il a été permis de jouer des parties, les recruteurs devront se fier davantage au premier outil dans leur coffre : leur instinct.

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