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Justin Trudeau écarte toute réouverture imminente de la frontière canado-américaine

La frontière canado-américaine.

Certains élus américains espèrent une réouverture, au moins partielle, d'ici le 4 juillet.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada

Justin Trudeau a écarté, lundi, la possibilité d'une réouverture imminente de la frontière canado-américaine.

Les Canadiens attendent avec impatience la reprise des voyages transfrontaliers réguliers, qui arrivera éventuellement, a déclaré le premier ministre lors d'une conférence de presse à Montréal – sa première apparition publique à l'extérieur d'Ottawa depuis un certain temps.

Nous sommes tous impatients de pouvoir voyager à nouveau, a déclaré M. Trudeau lundi.

Mais je pense que nous allons tous attendre patiemment jusqu'à ce que la situation sanitaire nous permette d'assouplir les restrictions frontalières au niveau international. Ça viendra éventuellement, mais pas maintenant, a insisté le premier ministre.

La frontière canado-américaine est fermée à tout voyage non essentiel depuis presque un an, et cette fermeture doit être reconduite le 21 mars prochain, comme elle l’est chaque mois depuis le début de la pandémie.

Les récentes conversations de M. Trudeau avec le président Joe Biden et d'autres responsables américains avaient ravivé les espoirs de certains quant à la réouverture prochaine de la frontière. M. Biden espère, prudemment, que l'accélération de la campagne de vaccination permettra aux Américains de se rassembler en petits groupes d'ici le week-end du 4 juillet, fête nationale aux États-Unis.

Au Canada, cependant, où l'achat et la distribution de vaccins ont été moins fructueux, les représentants gouvernementaux – convaincus que les restrictions sélectives ont permis de maintenir, en grande partie, les chaînes d'approvisionnement et le flux du commerce transfrontalier – sont moins pressés de lever les restrictions.

Cela n'a pas empêché certains législateurs américains, chefs d'entreprise et autres de commencer à intensifier leurs efforts afin de relancer le trafic international.

Vers une ouverture partielle?

Brian Higgins, représentant démocrate de l'État de New York au Congrès américain, a déclaré qu'il devrait être possible de rouvrir la frontière d'ici le 4 juillet, ou du moins de parvenir à une ouverture partielle avant le 31 mai.

M. Higgins a écrit une lettre exhortant le président Biden à faire d'un assouplissement progressif des restrictions aux frontières une priorité absolue pour la Maison-Blanche. La lettre en question a été signée par plus de 20 membres du Congrès américain.

La distance avec le Canada est maintenant plus grande qu'elle ne l'a jamais été de mon vivant, a déclaré M. Higgins dans cette lettre adressée au président.

« Compte tenu des coûts économiques et sociaux que la fermeture de la frontière a eus sur la région, nous devons prioriser les efforts pour élargir les exceptions pour les voyageurs essentiels et planifier une réouverture progressive maintenant. »

— Une citation de  Brian Higgins, représentant démocrate de l'État de New York

En somme, ces élus demandent des « indications prospectives » au président américain, soit son plan à moyen terme en ce qui concerne cette fermeture.

Je ne vois pas pourquoi des familles qui sont séparées depuis un an [...] ne pourraient pas traverser la frontière de manière sécuritaire, a soutenu M. Higgins en entrevue à CBC. Pourvu qu'ils certifient certaines choses : qu'ils ont été vaccinés, qu'ils vont porter un masque, qu'ils vont pratiquer la distanciation physique comme il se doit.

Pour le moment, le gouvernement canadien ne rejette pas cet échéancier, mais estime plutôt qu'il est prématuré de discuter d'un tel plan de réouverture.

L'industrie automobile s'impatiente

Cette fermeture tombe à un très mauvais moment pour l'industrie automobile, et ce, en raison de la transition vers les véhicules électriques et de la féroce compétition entre les fournisseurs de pièces d'auto pour décrocher de nouveaux contrats, après les changements apportés aux chaînes d'approvisionnement en vertu du nouvel accord de libre-échange nord-américain.

C'est le chaos. Il y a beaucoup d'incertitude, soutient Rob Wildeboer, président de l'entreprise de pièces d'auto Martinrea International.

Selon lui, il est plus difficile de traverser la frontière maintenant que ce n'était le cas au début de la pandémie. Il estime aussi que les agents frontaliers canadiens manquent de directives claires de la part d'Ottawa et n'appliquent pas les restrictions de manière uniforme.

Ainsi, certains techniciens ou cadres sont envoyés en quarantaine lorsqu'ils arrivent au Canada, alors que d'autres ne le sont pas. Parfois, ces règles vont jusqu'à différer au cours d'une même journée ou d'un même passage à la frontière, et ce, pour aucune raison apparente.

Selon lui, cette confusion fait très mal aux entreprises canadiennes, d'autant que les employés de leurs rivaux américains peuvent se déplacer sans mal.

L'industrie automobile plaide pour que ses travailleurs puissent être considérés comme essentiels, ou à tout le moins pour que le gouvernement canadien fasse connaître ses intentions à moyen terme concernant la réouverture. On évoque le modèle de communication adopté par les provinces pour expliquer le passage d'une région du rouge à l'orange, par exemple.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

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