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Fausse tentative d'enlèvement : une adolescente condamnée

Un ruban jaune désignant un périmètre de sécurité lors d'une opération policière au pied de l'escalier du Cap-Blanc en mai 2017.

L'adolescente avait raconté avoir été victime d'une tentative d'enlèvement au bas de l'escalier du Cap-Blanc, à Québec (archives).

Photo : Radio-Canada / Olivier Lemieux

Une adolescente qui a prétendu avoir été victime d'une tentative d'enlèvement devra payer pour ce mensonge. Un juge vient de la condamner à verser 10 500 $ à un homme qui a été arrêté après sa fausse déclaration.

En 2017, l'adolescente, alors âgée de 13 ans, a prétendu avoir été victime d'une tentative d'enlèvement près des escaliers du Cap-Blanc. La description du suspect qu'elle a ensuite donnée à la police a mené à l'arrestation de Glenn Baribeau, un homme de 55 ans qui habitait tout près.

Il a été emmené au poste de police sous les regards de la foule et des caméras, mais a été libéré après cinq heures sans être accusé. Neuf jours plus tard, l'adolescente a admis avoir tout inventé.

En conférence de presse lundi après-midi, l'avocat de Glenn Baribeau, Me Marc Bellemare, a indiqué que le parcours judiciaire avait été laborieux, compliqué et lourd.

Il y a eu beaucoup de procédures, parce que [l'adolescente] [...] tentait de faire intervenir ses assureurs pour ne pas avoir à payer quoi que ce soit en lien avec ça. Les assureurs ont refusé d’endosser financièrement la jeune fille et les parents, de sorte qu’elle a dû faire face à la justice, a-t-il expliqué.

Le montant des indemnités correspond aux heures de privation de liberté, soit 1000 $ pour une heure, mais aussi aux préjudices et aux traumatismes. On a 10 ans pour obtenir l’exécution de ce jugement-là, a précisé l'avocat.

Me Bellemare a rappelé que les adolescents étaient responsables de leurs actes, l'âge de raison se situant à sept ans.

On avait initié des procédures parce qu’on a su neuf jours plus tard que c’était des inventions, que la petite fille avait inventé toute cette histoire, a-t-il raconté.

Elle n’a pas juste menti aux policiers ce jour-là, elle a menti à ses parents, elle a menti à son instructeur de taekwondo, elle a menti aux infirmières, elle a menti aux médecins au CHUL. Elle a perpétué le mensonge pendant neuf jours, a-t-il détaillé.

Libéré

Après l'intervention de son avocat, Glenn Baribeau a pris la parole.

Je suis très content et aujourd’hui, je me sens libéré, a-t-il réagi, encore tremblant et nerveux, avant de revenir sur son arrestation le jour de la fête des Mères, devant des voisins et des journalistes.

On a fait des tests d’ADN, ils sont partis avec mes vêtements. J’ai dit aux policiers : "Vous me traitez comme un criminel" - parce que j’étais supposé être un témoin important. Ils m’ont dit : "Non, non, non, M. Baribeau." Ils m’ont mis dans la cellule et ça a fini de même, a-t-il raconté.

Il dit avoir appris par les médias les raisons de son arrestation.

« Ç’a été quatre ans d’enfer. »

— Une citation de  Glenn Baribeau

M. Baribeau a précisé qu'il avait reçu une lettre d'excuses de la mère de l'adolescente un an et demi après les faits.

Est-ce que c’était sincère, ça? Je ne pense pas, a-t-il conclu.

Seule responsable de ses actes

Glenn Baribeau poursuivait l'adolescente et ses parents pour dommages psychologiques, dommages exemplaires et pour remboursement de ses traitements psychologiques. Il réclamait 37 000 $, mais sa réclamation a été réduite à un montant forfaitaire de 29 000 $ lors de l'audience.

Le 26 février dernier, le juge Jacques Tremblay de la Cour du Québec a condamné l'adolescente à lui verser la somme de 10 540 $ pour le dommage moral subi lors de son arrestation, en plus de 540 $ pour rembourser les frais de consultation d'une psychologue. Le juge a tenu compte de la capacité de payer de l'adolescente.

Glenn Baribeau au pied de l'escalier du Cap-Blanc.

Glenn Baribeau exigeait des réparations après avoir été appréhendé dans une affaire de fausse tentative d'enlèvement (archives).

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Tremblay

Le juge a par ailleurs conclu que les parents de la jeune femme n'étaient pas solidairement responsables de leur fille. Dans son jugement, il mentionne que les parents n'ont commis aucune faute qui aurait eu une incidence sur le comportement de leur fille en mai 2017. Elle devra donc assumer seule le paiement de cette somme.

Pas de négligence policière

Le juge Jacques Tremblay a également déterminé que la police n'a pas fait preuve de négligence en arrêtant M. Baribeau, et que celui-ci a été cru sur parole et qu'il n'a pas été menacé ni molesté.

L'avocat de la famille n'a pas souhaité commenter l'affaire, indiquant simplement que ses clients souhaitent maintenant tourner la page.

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