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Le Manitoba veut abolir les divisions scolaires à l'exception de la DSFM

Un panneau devant les bureau de la Division scolaire Pembina Trails à Winnipeg

37 divisions scolaires, comme celle de Pembiba Trails, seront unifiées sous une seule entité, à l'exception des écoles françaises qui restent regroupées sous la DSFM.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le projet de loi 64 sur la modernisation de l'éducation prévoit d'unifier 37 divisions scolaires en une seule entité appelée « Autorité provinciale de l'éducation », tout en maintenant la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM).

La province donne ainsi suite au rapport de la Commission sur l'éducation de la maternelle à la 12e année, dont la publication a été retardée d’un an par la pandémie, et qui a été rendu public lundi après-midi.

Il n’est pas surprenant pour les Manitobains que notre système doive changer, a affirmé le ministre de l’Éducation, Cliff Cullen, en conférence de presse lundi. Mais la COVID-19 nous a forcés à reconnaître les énormes disparités de notre système.

Au sein de cette nouvelle autorité provinciale, 15 régions seront créées et mettront l’accent sur les besoins locaux.

Un tableau montrant quelles sont les 15 régions

Le Manitoba propose de créer 15 zones géographiques qui mettraient l’accent sur les besoins locaux et qui n'auraient pas de pouvoir décisionnel.

Photo : Radio-Canada

Le ministre Cullen a précisé que ces régions doivent être vues comme des zones géographiques et non comme des divisions scolaires et qu’elles ne seront pas des instances décisionnelles.

L’objectif sera de dissoudre tous les conseils scolaires – à l'exception du conseil scolaire francophone protégé par la constitution – et de les remplacer par un conseil consultatif provincial et des conseils communautaires nommés par le gouvernement pour chaque école.

Le conseil consultatif serait composé de 6 à 11 personnes et au moins 2 des membres devront être les parents d'élèves actuels des écoles publiques.

L'autorité scolaire provinciale sera chargée de fournir des programmes éducatifs de la maternelle à la 12e année, de rendre compte annuellement des résultats des évaluations et de s'assurer que les écoles préparent des plans annuels.

Le projet de loi retirerait également les directeurs d’école et les directeurs adjoints du syndicat des enseignants.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente environ 6000 travailleurs du secteur de l’éducation au Manitoba, a réagi par communiqué contre ce projet de loi en le qualifiant d’attaque à la démocratie locale.

Ce gouvernement veut supprimer tout le processus décisionnel local, centraliser tout cela et mettre en place ses propres décideurs triés sur le volet à Broadway, estime Lee McLeod, le directeur régional du SCFP. Les conseils consultatifs laisseront les parents et les familles sans une voix qui compte réellement.

Cinq ans pour opérer les changements

Le projet de loi est actuellement en seconde lecture à l’Assemblée législative du Manitoba et le gouvernement se donne un calendrier de cinq ans pour finaliser cette réforme.

La nouvelle administration scolaire provinciale devrait pour sa part être en place à temps pour l’année scolaire 2022.

Une fois établie, elle s’occupera de toutes les négociations collectives dans la province, ainsi que des services partagés comme l’approvisionnement et l’apprentissage à distance. L’Autorité sera également responsable de l’éducation de la maternelle à la 12e année dans la province, avec des régions qui auraient un rôle de surveillance et d’administration.

Le ministre assis sur une table avec des documents devant lui.

Cliff Cullen est devenu ministre de l'Éducation lors du dernier remaniement ministériel de Brian Pallister. Il était auparavant ministre de la Justice.

Photo : CBC/Radio-Canada

Cliff Cullen précise que ces changements pourraient permettre d’économiser 40 millions de dollars qui seraient ensuite redistribués dans le système éducatif.

Le plan prévoit aussi une réduction du financement provenant des impôts fonciers scolaires à compter de 2023.

Dans un avenir proche, nous envisageons de supprimer la capacité de taxation des conseils scolaires, et donc nous enlevons cette responsabilité aux commissaires, a précisé Cliff Cullen.

Des consultations à venir

La province entreprendra des consultations au sujet de ce projet de loi. Elles devraient commencer en avril et se poursuivre jusqu’en juin, et un plan de mise en œuvre devrait être prêt pour l’automne 2021.

Renforcer l’éducation en français

Dans le rapport remis au gouvernement du Manitoba, les commissaires avaient identifié comme impératif de renforcer l’enseignement de langue française dans la province.

Pour cela, trois recommandations ont été faites et acceptées par la province.

Les dernières rayons d'un coucher de soleil illuminent le bureau divisionnaire de la DSFM.

Le projet de loi épargne la DSFM, dont les bureaux sont situés à Lorette, pour respecter les obligations constitutionnelles de la province envers les droits scolaires de la minorité linguistique.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Il est ainsi question de remédier au manque d'enseignants de langue française en encourageant davantage les élèves de la DSFM ou des éoles d'immersion à embrasser cette carrière.

Le rapport parle aussi d’assurer que l'éducation en français demeure une priorité, que les curriculum ne soient pas simplement traduits et qu’on utilise un format différent pour s'adapter à la culture des élèves.

Enfin, le rapport indique qu’il est important de maintenir un accès équitable, en français, aux programmes de vocation technique et commerciale enseignés en français par la DSFM.

Des revendications des francophones

Lors de sa présentation devant les membres de la Commission en juin 2019, la Société de la francophonie manitobaine (SFM) avait formulé deux recommandations : la création d'une instance administrative à l'échelle provinciale, de la maternelle jusqu'à la 12e année, pour l’éducation en français au Manitoba, ainsi que le renforcement de la DSFM, en reconnaissant son rôle primordial pour la communauté francophone.

Devant les membres de la commission, la DSFM avait pour sa part rappelé l’importance de son modèle d'école communautaire et citoyenne pour la communauté francophone, ainsi que la nécessité d’avoir une garderie dans chaque établissement scolaire. Elle avait aussi évoqué son financement, jugé insuffisant.

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