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Les conseillers sont divisés, la vente du 219 Provencher va de l'avant

Une pancarte indiquant Pas à vendre est accrochée à une barrière devant l'ancienne mairie de Saint-Boniface.

Des résidents du quartier ont installé une pancarte pour montrer leur opposition à la vente de l'ancienne mairie de Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada / Thibault Jourdan

Le comité permanent sur la propriété, le patrimoine et le développement du centre-ville a discuté pendant environ 45 minutes de la proposition issue du comité communautaire Riel, pour finalement la laisser s’éteindre d’elle-même, en fin de soirée, lundi.

Le comité permanent qui se réunissait lundi est celui qui a voté en faveur de la vente de l’ancien hôtel de ville de Saint-Boniface en février. Une motion déposée par le comité communautaire Riel lui demandait de reconsidérer cette décision.

La motion du comité Riel propose que le bâtiment et le Jardin de sculptures soient retirés des biens vendus à l'organisme Manitoba Possible. La motion demande aussi que le 219 Provencher et le Jardin de sculptures soient retirés de la liste des biens en surplus de la Ville, afin d’empêcher une vente future.

Tout au long de la journée de lundi, une quinzaine de personnes se sont présentées en délégation devant le comité dans l’espoir de convaincre ses membres d’annuler la vente du bâtiment, qui abrite la Maison des artistes visuels francophones, les bureaux de Tourisme Riel ainsi que ceux du World Trade Centre Winnipeg.

Les membres du comité divisés sur la question

Les conseillers membres du comité ont reçu de la part de l’administration municipale des précisions sur le processus de l’appel d'offres qui a mené au choix de Manitoba Possible. L’administration a également répété qu’il serait injuste et risqué de modifier les règles du jeu à cette étape.

L’administration a déclaré ne pas pouvoir appuyer la motion du comité Riel puisqu’elle change la dynamique même de ce qui a été publié dans l’appel d'offres.

Si le 219 Provencher n’avait pas été compris dans l'appel de propositions, d’autres offres auraient peut-être été déposées ou d’autres prix auraient peut-être été offerts, selon l’administration municipale, qui indique par ailleurs qu'elle a commencé ses négociations avec Manitoba Possible pour finaliser ce contrat.

Aux conseillers qui ont demandé pourquoi ne pas négocier sans inclure le 219 Provencher, puisqu’il est clair que Manitoba Possible ne tient pas à acquérir ce bâtiment de toute façon, les administrateurs ont répondu qu’il y avait un risque juridique à procéder sans respecter la lettre de l’appel d’offres et qu’il fallait être de bonne foi. Les avocats de Manitoba Possible, ont-ils dit, recommandent eux aussi à leur client de maintenir l’intégrité de leur offre dans leurs négociations avec la Ville.

Le conseiller Kevin Klein a reconnu que la décision du comité aura une incidence sur la communauté et qu'il s’agit d’une question délicate et importante. Il a proposé d’en référer d’ici sept jours au comité exécutif et au conseil municipal afin que tous les élus puissent donner leurs points de vue.

Janice Lukes a donné son appui à cette motion. Les conseillères Vivian Santos et Cindy Gilroy ont voté contre. Devant un vote à égalité, la motion s’est éteinte d’elle-même.

Une deuxième tentative de disposer de la proposition du comité Riel en la recevant à titre d'information a aussi recueilli une égalité des voix.

Après un commentaire de Vivian Santos suggérant que le conseiller de Saint-Boniface avait le pouvoir de ramener la proposition au conseil municipal, les conseillers s'en sont tenus là.

Des délégations venues appuyer la proposition du comité Riel

Plus tôt dans la journée, plusieurs personnes ont défendu la proposition du comité Riel. Le conseiller de Saint-Boniface, Mathieu Allard, ainsi que la vice-présidente de la Société de la francophonie manitobaine (SFM), Angela Cassie, et le directeur général Daniel Boucher ont affirmé qu'elle représentait une solution gagnant-gagnant-gagnant, pour la Ville, les francophones et Manitoba Possible.

Plan rapproché de la couronne déposée par terre devant l'hôtel de ville de Winnipeg.

Une couronne faite de centaines de clés a été déposée devant l'hôtel de ville de Winnipeg, en référence à la campagne « Garder les clés » menée par des citoyens de Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada / Justin Fraser

La conseillère Janice Lukes a affirmé son désaccord, rappelant que la vente avait été approuvée et que toute décision serait sujette à des contentieux.

Les conseillers ont voulu savoir pourquoi la communauté francophone n’avait pas demandé le retrait du bâtiment de la liste des surplus de la Ville avant que l’appel à projets soit publié.

Nous avions espoir qu’une organisation francophone puisse reprendre le bâtiment, mais aucune des propositions mises de l’avant par des francophones n’a été sélectionnée par le comité, a répondu Mathieu Allard.

Mme Lukes a demandé aux délégations qui défendent la motion s’il était envisageable, pour un organisme francophone de racheter le 219 Provencher à Manitoba Possible à la suite de la finalisation de la vente.

Les représentants de la Société de la francophonie manitobaine ont répondu que la volonté de la communauté était que le bâtiment reste une propriété publique.

Aujourd’hui, on se sent trahis, a déclaré la vice-présidente de la Société de la francophonie manitobaine en réitérant l’importance du site pour la communauté francophone.

Respectez vos obligations, a-t-elle dit aux conseillers en les appelant à trouver une solution ensemble.

Un rapport de votre propre administration confirme que la Ville ne respecte pas plus de 50 % de ses obligations quant à l’offre de services en langue française.

La SFM a aussi rappelé aux membres du comité que la proposition actuelle de Manitoba Possible n’offrait aucune garantie aux locataires à l'échéance de leur bail de 10 ans.

Jason Schreyer, conseiller municipal d'Elmwood-East Kildonan, a donné son appui officiel à la motion de Mathieu Allard. On célèbre beaucoup de culture dans cette province; on met de l'argent là-dedans, a-t-il dit. On fait plein de trucs pour supporter les communautés ethniques. La communauté francophone, dont les droits ont été ignorés pendant 80 ans, a été extrêmement raisonnable, a-t-il affirmé.

Manitoba Possible : il faut honorer l'appel d'offres

Le directeur général de Manitoba Possible, Dana Erickson, n’est pas réfractaire à la possibilité d’une entente avec un groupe communautaire francophone. Devant les membres du comité, lundi, il s'est dit prêt à offrir un bail de 99 ans aux locataires du bâtiment ou encore à le vendre à un groupe communautaire francophone.

Toutefois, il s’est opposé à la motion de Mathieu Allard parce que, a-t-il dit, elle aurait pour effet d’annuler l’entente de son organisme avec la Ville pour la vente de l’ancien hôtel de ville, de l’ancienne caserne de pompiers et du stationnement actuel, qui est aussi sur le site.

Selon Dana Erickson, il faut honorer l'appel d'offres et les termes du contrat de vente.

Trois membres du groupe Garder les clés (Keep the Keys), Al Turner, Andrée Forest et Ariane Freynet-Gagné, étaient devant l'hôtel de ville de Winnipeg lundi matin pour expliquer ce que cherche leur mouvement. Ils y ont déposé des œuvres d'art.

Ted Turner vu de près.

Al Turner est le fils de Ted Turner, qui a été le dernier maire de Saint-Boniface. Il rappelle que son père a consacré ses derniers jours à la mairie à défendre Saint-Boniface, sa culture et les droits des francophones. La vente de l'ancien hôtel de ville dans les conditions actuelles est un véritable coup au cœur, dit-il.

Photo : Radio-Canada / Justin Fraser

C'est un message très clair qu’on envoie au maire Bowman pour que le 219 demeure un endroit public dont profite l’ensemble de la communauté, comme c’était entendu lorsque les clés ont été remises à la ville en 1972, expliquait l'une des membres du regroupement de citoyens, Carole Freynet-Gagné, en entrevue lundi matin.

Nous sommes très inquiets. On espère que le comité corrigera les erreurs du passé, mais nous serons peut-être obligés de continuer à nous battre, ajoute-t-elle.

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