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Investissement majeur pour le constructeur de véhicules électriques Lion

Justin Trudeau debout derrière un lutrin et devant un camion électrique.

L’annonce de cet investissement conjoint à parts égales entre le fédéral et Québec a été confirmée par les premiers ministres Justin Trudeau et François Legault.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Québec et Ottawa investissent près de 100 millions de dollars à Saint-Jérôme dans le développement d’une usine d’assemblage de bloc-batteries du constructeur québécois de véhicules lourds électriques Lion.

L’annonce de cet investissement conjoint à parts égales entre le fédéral et Québec a été confirmée par les premiers ministres Justin Trudeau et François Legault en compagnie du ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne et du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.

Cette usine hautement automatisée dont la valeur est évaluée à 185 millions de dollars doit voir le jour en 2023. Elle permettra au constructeur de camions et d’autobus électriques de créer 135 emplois.

Si tout va bien, Lion prévoit d'y créer 150 emplois additionnels à long terme.

Ce prêt de 100 millions des gouvernements est assumé à parts égales par Ottawa et Québec. Une portion de 15 millions de dollars du prêt octroyé par Québec sera cependant pardonnable si dans cinq ans l’entreprise a créé les emplois promis, si son siège social est maintenu au Québec et si la configuration de l’usine permet de desservir l’ensemble du Canada.

L’entente du gouvernement fédéral est sensiblement la même : 70 % du prêt est remboursable sans condition et 30 % (15 millions de dollars) sont remboursables à certaines conditions qui sont liées à la production, a pour sa part expliqué le ministre François-Philippe Champagne.

Lion deviendra par le fait même le plus important producteur de véhicules lourds entièrement électriques au pays.

Cette usine permettra à Lion d’intégrer un élément fondamental de la chaîne d’approvisionnement de nos véhicules électriques. Grâce aux prêts des gouvernements fédéral et provincial, nous pourrons désormais fabriquer au Canada ce que nous importions auparavant, explique dans un communiqué Marc Bédard, président fondateur de Lion Électrique.

Marc Bédard, assis durant une conférence de presse.

185 millions $ chez Lion électrique

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les blocs-batteries qui seront assemblés dans cette nouvelle usine serviront en effet à alimenter la gamme de véhicules électriques que construit Lion Électrique dans ses installations de Saint-Jérôme, dans les Basses-Laurentides.

Les cellules qui composent les batteries devront quant à elles toujours être importées de l'étranger.

Il y a de plus en plus d’entreprises dans le monde qui veulent avoir des camions électriques, il y a de plus en plus de villes qui veulent des autobus électriques. C’est un marché immense qui sera maintenant disponible pour cette belle entreprise québécoise.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec
Le premier ministre du Québec François Legault.

Le premier ministre du Québec François Legault était ravi de parler de cet investissement qui permettra de créer 135 emplois à court terme.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

En produisant ses propres blocs-batteries, le constructeur sera en mesure d’améliorer sa structure de coûts et de contrôler le design et la forme des batteries qui équiperont ses véhicules lourds électriques.

Lion Électrique sera le premier constructeur canadien de véhicules moyens et lourds à se doter d’installations de fabrication de blocs-batteries automatisées et à la fine pointe de la technologie , soulignent Ottawa et Québec dans un communiqué conjoint.

Avec des projets comme ceux-ci et en continuant de travailler ensemble dans la même direction, on va surpasser nos objectifs pour 2030 et atteindre la cible de zéro émission d’ici 2050.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Innovation et recherche

Un camion dix-roues entièrement électrique et des autobus scolaires électriques le capot ouvert dans les installations de La Compagnie électrique Lion.

L'usine de la Compagnie électrique Lion, à Saint-Jérôme.

Photo : Radio-Canada / Olivier Bachand

En plus de produire ses propres batteries, Lion Électrique projette d’investir dans la recherche et le développement en ajoutant à son usine un centre d’innovation qui lui permettra de mettre au point de nouveaux produits, notamment des batteries destinées aux véhicules d’urgence.

Lion Électrique compte également travailler à l’amélioration de la capacité de charge de ses blocs-batteries afin de les rendre plus compétitifs sur le marché nord-américain des véhicules lourds.

L’entreprise, qui a vu le jour au Québec en 2008, dessine et construit divers types d’autobus, dont des bus scolaires et des camions 100 % électriques. Plus de 465 personnes travaillent à l’usine d’assemblage de Saint-Jérôme.

Après la construction de sa nouvelle usine de bloc-batteries, le constructeur qui prévoit produire 650 véhicules cette année compte porter sa production annuelle à au moins 2500 véhicules.

Surtout connu pour ses autobus, Lion Électrique a aussi lancé en 2019 une gamme de camions de 10 roues à usage urbain entièrement électriques et dotés d’une autonomie de 400 kilomètres. Un marché en plein essor en Amérique du Nord. La Société des alcools du Québec, Amazon et le Canadien National, notamment, se sont dotés de ces véhicules entièrement construits au Québec.

L'entreprise doit faire son entrée à la Bourse de New York prochainement.

Les gouvernements doivent aller plus loin, plaide QS

Sur les bancs de l'opposition, à Québec, l'octroi de ce prêt à Lion Électrique est considéré comme un pas dans la bonne direction pour développer une expertise québécoise dans cette filière d’avenir, par le député solidaire de Rosemont responsable de l'économie, Vincent Marisal.

Mais, déplore-t-il, cet investissement à la pièce ne permettra malheureusement pas de terminer une boucle d’extraction de minerais stratégiques et de production de batteries entièrement québécoise.

À l’heure actuelle, les entreprises d’ici comme Lion sont contraintes d’acheter les cellules de batteries en Chine parce que le gouvernement ne valorise toujours pas nos minéraux stratégiques comme le lithium ou le graphite, déplore-t-il. Pourtant, nous avons au Québec toutes les ressources et la volonté pour arriver à concevoir des batteries 100 % québécoises.

L'argent doit s'accompagner de politiques contraignantes, selon Greenpeace

Chez Greenpeace, on salue cette implication des gouvernements dans le développement de véhicules électriques, mais de tels investissements doivent s’accompagner de politiques écoresponsables, souligne le mouvement environnementaliste.

Cette annonce est un pas dans la bonne direction alors que les gouvernements Trudeau et Legault sont encore loin d’être en voie de respecter la science du climat qui exige une réduction des émissions mondiales de CO2 de l’ordre de 50 % d’ici 2030.

Une citation de :Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie à Greenpeace

Pour M. Bonin, sans une loi climat contraignante et des politiques de production et de consommation responsables des minéraux stratégiques utilisés dans la fabrication des batteries de ces véhicules, de tels investissements ne peuvent pleinement s’insérer dans une logique de relance juste et verte.

Selon Greenpeace et d’autres organisations environnementales, l’électrification des transports pour être environnementalement et socialement acceptable doit respecter cinq conditions : la réduction à la source, la protection de l’environnement, l’aménagement du territoire jusqu’au respect des collectivités locales, le principe pollueur-payeur et le respect des critères d’investissement responsable.

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