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De la dépression à l'automutilation, les adolescents souffrent pendant la COVID-19

Un étudiant portant le masque dans une salle de classe.

Aller à l'école, sortir avec des amis, faire du sport, danser à son bal de finissants, c'était possible jusqu'à ce que la pandémie de COVID-19 frappe.

Photo : Radio-Canada / Dominic Martel

Radio-Canada

Aller à l'école, sortir avec des amis, faire du sport, danser à son bal de finissants, tout cela faisait partie d'être un adolescent au Canada jusqu'à ce que la pandémie de COVID-19 frappe.

Pour de nombreux adolescents, cela a été une année de restrictions, d'imprévus et de solitude, car la pandémie les a privés d'une structure scolaire quotidienne et de l'accès à leurs groupes sociaux.

Et selon les professionnels de la santé mentale et plusieurs parents, cela signifie que les enfants ne vont pas bien.

Nous ne devrions pas faire l'erreur de penser que tout va bien, car ce n'est pas le cas, a déclaré Joanne Lowe, vice-présidente de la santé mentale et des dépendances au CHEO, l'hôpital pour enfants de l’est ontarien, et directrice générale du Bureau des services à la jeunesse.

Nous sommes maintenant dans la prochaine pandémie, et c'est une pandémie de crise de santé mentale.

Une citation de :Joanne Lowe, vice-présidente de la santé mentale et des dépendances, CHEO

Mme Lowe a déclaré qu'il y avait eu une augmentation de près de 30 % du besoin de services d’aide psychologique et de toxicomanie pour les jeunes, ainsi qu'une augmentation similaire du nombre de jeunes se présentant aux urgences, souffrant d'anxiété, de dépression, d'automutilation et d'autres problèmes de santé mentale.

Portrait de la femme.

Joanne Lowe, vice-présidente de la santé mentale et des dépendances au CHEO

Photo : Gracieuseté : Anne Girard

Il y a également eu une augmentation de 60 % du nombre de jeunes signalant des troubles de l'alimentation, a-t-elle ajouté, par rapport à la même période l'an dernier.

Une association d'organismes provinciaux de santé mentale a publié ce mois-ci les résultats d'un sondage qui a révélé que près de trois Ontariennes et Ontariens sur quatre faisaient face à des problèmes de santé mentale et de toxicomanie accrus pendant la pandémie de COVID-19.

Frustration, isolement, anxiété

Aux Services à la famille Ottawa, la conseillère Merissa Taylor-Meissner est occupée par des séances avec des adolescents aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Normalement, l'adolescence est consacrée à la découverte de soi et à l'indépendance vis-à-vis de ses parents, a déclaré Mme Taylor-Meissner.

Entrer en contact avec des pairs en dehors de la famille est un élément clé du développement des adolescents, a déclaré Mme Taylor-Meissner.

L'impact de ne pas pouvoir le faire [comprend] la frustration, l'isolement et un manque de concentration qui peuvent mener à la dépression et à l'anxiété.

Une citation de :Merissa Taylor-Meissner, conseillère, Services à la famille Ottawa

Selon Sarah Young, mère de deux élèves d’une école secondaire du centre-ville d'Ottawa, les enfants ne font rien de ce qu'ils faisaient auparavant.

Lorsque l'apprentissage en classe a été suspendu au printemps, Mme Young a déclaré que ses enfants et leurs amis étaient devenus anxieux et déprimés, sans sports ni autres activités sociales.

En conséquence, Mme Young a formé un groupe avec 40 autres familles pour planifier des activités de rechange, en respectant la distanciation physique, pour que leurs adolescents puissent se rencontrer, et a lancé un clavardage en ligne pour que les élèves du secondaire puissent échanger entre eux.

C'est comme un marais stagnant, alors que c'est normalement une période de profonds changements et d'exploration. Vous ne pouvez pas chercher votre autonomie auprès de vos parents lorsque vous êtes ensemble 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, dit-elle.

Les familles devraient chercher une aide professionnelle si elles sont préoccupées par leur adolescent ou si elles veulent résoudre les frictions résultant de passer autant de temps ensemble sous un même toit, a déclaré Wendy O'Connell Smith, coordonnatrice du programme parental aux Services à la famille Ottawa.

S'il y a un problème familial ou un conflit, impliquez [les adolescents] dans les solutions, a-t-elle dit. C'est ainsi que nous pouvons envoyer le message à nos jeunes qu'ils sont valorisés.

Investissements nécessaires

Mme Young blâme le gouvernement de l'Ontario de ne pas avoir anticipé les retombées psychologiques pour les jeunes et de ne pas fournir des services de santé mentale adéquats.

Les organismes d'aide en santé mentale affirment avoir mis au point de nouveaux programmes pour aider les jeunes le plus rapidement possible, tandis que les lignes téléphoniques d'aide en cas de crise fonctionnent 24 heures sur 24 et que des séances de rencontres virtuelles sont offertes en ligne, sans référence d'un médecin.

Mme Lowe dit que, pour vraiment s'attaquer à cette pandémie de problèmes de santé mentale, il faudra un engagement financier plus important de la part du gouvernement.

À moins que nous n'obtenions des investissements soutenus et à long terme, nous constaterons que les conséquences pour la santé mentale de nos enfants sont considérables, soutient Mme Lowe.

Dans une déclaration à CBC, Alexandra Hilkene, porte-parole de la ministre de la Santé Christine Elliott, a déclaré que le gouvernement de l'Ontario reconnaît la nécessité d'un large éventail de services de santé mentale pour les jeunes et a répondu avec un financement d'urgence important.

Depuis le début de l'éclosion [de la] COVID-19, l'Ontario a investi jusqu'à 194 millions de dollars en financement d'urgence pour la santé mentale et les dépendances […] services et soutiens, écrit Mme Hilkene.

Nous continuerons de nous assurer que les Ontariennes et Ontariens ont accès aux services de santé mentale et de lutte contre les dépendances de haute qualité dont ils ont besoin.

Avec les informations de Sandra Abma

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