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Des artistes en détresse : plus de 10 % ont des idées noires

Un homme assis dans l'ombre, la tête penchée et visiblement en détresse

De nombreux artistes ont des idées noires (archives).

Photo : Radio-Canada

Les artistes du Québec sont de plus en plus déprimés. Un sondage réalisé auprès de travailleurs du secteur culturel démontre que 63 % d’entre eux sont en situation de détresse psychologique élevée.

Plus de 2000 personnes ont répondu au sondage, dont au moins la moitié sont des membres de l’Union des artistes (UDA). De ce nombre, 43,3 % présentent des symptômes de dépression majeure et 41 % d’entre eux ont déjà envisagé d'abandonner leur carrière.

De plus, les données concernant l’emploi et la rémunération des artistes sont inquiétantes. Le sondage démontre que 24,1 % des emplois dans le secteur de l’industrie de l’information, de la culture et des loisirs ont disparu depuis le début de la pandémie.

Ces derniers mois, plusieurs travailleurs autonomes en culture ont de la difficulté à joindre les deux bouts. Certains salariés n’arrivent même plus à atteindre le seuil du faible revenu pour une personne seule. Le barème a été établi à 24 220 $ en 2017.

Idées suicidaires : constat alarmant

Le constat le plus alarmant concerne le suicide, 11,7 % des répondants indiquant avoir eu des idées noires durant la dernière année.

La présidente de l’Union des artistes (UDA) Sophie Prégent est particulièrement troublée par ces résultats, d'autant plus que la proportion augmente à 14,8 % si l'on tient compte uniquement des membres de l'UDA.

Quand j’ai vu ce chiffre-là, j’ai eu le vertige.

Une citation de :Sophie Prégent, présidente de l’Union des artistes (UDA)

Les sondés ont été interrogés au tournant de 2021. Sophie Prégent pense que les constats seraient encore plus alarmants si le sondage avait été mené aujourd'hui.

Sophie Prégent est attentive au micro d'ICI Première.

La présidente de l'UDA, Sophie Prégent.

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

De promoteur à confident

En tant que promoteur culturel, le président de ComédiHa! Sylvain Parent-Bédard a rapidement constaté tous les effets de la pandémie sur les artistes et artisans. Au feeling, on pouvait la sentir [la détresse] sur un artiste sur trois, indique-t-il. Il craint également que cette épreuve n'en dissuade plus d’un de demeurer dans le secteur.

Quand t’es en train de te noyer, se réinventer, c’est très difficile.

Une citation de :Sylvain Parent-Bédard, promoteur culturel et président de ComédiHa!

Il a aussi été témoin de la situation financière précaire de plusieurs artistes.

Nombreux sont ceux et celles qui ont l’habitude d’arrondir leurs fins de mois en se tournant vers des emplois dans le secteur touristique ou de la restauration, deux industries pour lesquelles la pandémie a été particulièrement cruelle, et qui se sont retrouvés sans plan B.

Des artistes se sont même tournés directement vers lui à quelques reprises pour qu’il les embauche. On a des artistes qui ont même communiqué avec moi pour les aider soit à écrire soit à créer et de les rémunérer à cet effet-là parce que certains avaient même de la difficulté à payer leur épicerie.

Sylvain Parent-Bédard, en studio

Sylvain Parent-Bédard, président fondateur de ComédiHa!

Photo : Radio-Canada / Érik Chouinard

Plan de match demandé

Les associations des artistes demandent donc au gouvernement de s’engager à effectuer d’importants changements dans le secteur culturel, déjà mis à mal avant le confinement.

Là, le tsunami est passé ou presque. Après ça on regarde les dégâts et on se dit : quel est le plan? On ne va pas se faire des illusions, même avant la pandémie, il y avait des problèmes chroniques dans le secteur culturel, dénonce Sophie Prégent.

Pour la députée de Taschereau, Catherine Dorion, qui était dans le milieu avant de se tourner vers la politique, ces constats confirment ce qu'elle savait déjà.

Le milieu des arts était déjà en crise, ça fait 15-20 ans que les demandes n’arrêtent pas, mais qu’on ne les entend pas. Et là, la pandémie arrive dans ce milieu déjà en crise où déjà des gens qui étaient des experts extrêmement talentueux quittaient année après année le métier par manque de financement, a-t-elle déploré à l'émission Tout un matin.

Ceux dont on est fier, ce sont ceux qui réussissent et qui, passé un certain niveau, arrivent à avoir accès à toutes les subventions. Mais pour que ces gens-là existent, il faut qu’il existe en dessous beaucoup d’artistes qui puissent faire leur métier sans être obligés de changer de job parce qu’il ne réussissent pas à vivre.

Une citation de :Catherine Dorion, députée de Taschereau
Catherine Dorion parle d'intimidation.

La député Catherine Dorion

Photo : ATTRACTION IMAGES

Les associations réclament une réforme des lois pour que les travailleurs du secteur culturel de même que tous les travailleurs autonomes soient inclus dans le régime d’assurance-emploi.

Catherine Dorion est passée par là

Les associations souhaitent ainsi une révision des modèles de financement de la culture pour s’assurer que les fonds soient partagés plus équitablement entre les artisans.

C’est extrêmement difficile, moi je l’ai vécu pendant des années, je gagnais 12 000 $ par année. Parce qu’on aime notre job, on continue, mais c'est extrêmement difficile de vivre dans ce milieu-là, ajoute Mme Dorion.

Ils veulent aussi des investissements supplémentaires pour assurer la relance des institutions muséales, des salles de spectacle, des théâtres et des festivals.

Besoin d'aide pour vous ou un proche?

Ligne québécoise de prévention du suicide

1 866 APPELLE (277-3553)

besoinaide.ca (Nouvelle fenêtre)

Service de prévention du suicide du Canada

1 833 456-4566

crisisservicescanada.ca (Nouvelle fenêtre)

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