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Comment le Laboratoire de Winnipeg s'est retrouvé au cœur de la gestion de la COVID-19

Une vue aérienne du Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg.

Le Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg est le seul de niveau 4 au Canada, ce qui signifie qu'il est capable de traiter les agents pathogènes les plus mortels du monde.

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

Radio-Canada

Le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de Winnipeg a un rôle important dans la gestion de la pandémie au Canada. Le 27 janvier 2020, il a analysé le test d’un homme de 56 ans qui avait été admis au Centre des sciences de la santé Sunnybrook, à Toronto, et confirmé le premier cas de COVID-19 au Canada.

Pouvoir aider les gens et sauver des vies en arrêtant la propagation du virus, c'est le rêve de tout jeune qui souhaite devenir scientifique, a déclaré la chercheuse scientifique principale au LNM, Nathalie Bastien.

Les travaux de Mme Bastien et de son équipe sont un exemple des 150 projets COVID-19 menés au LNM, qui est le seul laboratoire de niveau 4 au Canada capable de traiter les agents pathogènes les plus mortels du monde.

Ces projets incluent des recherches précliniques, des essais cliniques sur les animaux, des tests de produits thérapeutiques à base d'anticorps et une collaboration à la recherche de vaccins.

Tout cela est rendu possible par un financement fédéral de deux milliards de dollars reçu l’année dernière dans le cadre de la réponse d'Ottawa à la pandémie COVID-19.

Nathalie Bastien se tient souriante dans un couloir.

Nathalie Bastien n’était pas sûre que son test universel de détection des coronavirus fonctionnerait avec le SRAS-CoV-2.

Photo : Gracieuseté : Agence de la santé publique du Canada

Après l'épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), le LNM avait mis au point un test de laboratoire PCR universel qui permettrait de détecter les coronavirus. Il s’est finalement avéré efficace pour le SRAS-CoV-2.

Depuis, le laboratoire a rendu ce test de première génération encore plus sensible, et il est maintenant utilisé dans tous les laboratoires du Canada.

Pendant les premiers jours de la pandémie, tous les échantillons ont été envoyés au LNM par les laboratoires de santé publique provinciaux et territoriaux afin de confirmer les résultats présumés.

Le LNM aide toujours lorsque les laboratoires sont débordés et prend part au dépistage effectué à la frontière. De plus, il exerce une surveillance constante des variants préoccupants.

Une chaîne d’approvisionnement canadienne

Le laboratoire winnipégois a également joué un rôle dans la gestion de la pénurie mondiale de fournitures et d'équipements de laboratoire nécessaires pour le dépistage. Il a notamment dû faire face au manque de produit réactif nécessaire pour extraire le matériel génétique des échantillons lors d’un test.

En plaisantant un peu, nous nous sommes dit : "si nous ne pouvons pas l'acheter, pouvons-nous le fabriquer?" a raconté le scientifique général, Dr Guillaume Poliquin.

Les gestionnaires du LNM ont donc fait appel au biologiste Allen Grolla, parti à la retraite un mois plus tôt, pour trouver la bonne formule chimique.

Allen Grolla dans un laboratoire en tenue médicale.

Allen Grolla, photographié ici en Afrique de l’Ouest en 2014, a analysé des agents pathogènes mortels comme Ebola et Marburg sur les lieux de ces épidémies.

Photo : Gracieuseté : Sylvain Cherkaoui/Médecins sans frontières

En avril 2020, le réactif était fabriqué par la société LuminUltra Technologies Ltd. du Nouveau-Brunswick et expédié aux laboratoires de santé publique du Canada.

Au début de la pandémie, on avait la capacité de faire quelques milliers de tests par jour. Selon les derniers chiffres, la capacité dépasse maintenant les 200 000 tests par jour au Canada, a déclaré le Dr Poliquin.

Développer des vaccins

Les scientifiques du LNM sont ceux qui ont mis au point le premier vaccin approuvé contre la maladie à virus Ebola. Ainsi, lorsque la pandémie de coronavirus est apparue l'an dernier, ils ont commencé à travailler sur des vaccins potentiels contre le SRAS-CoV-2.

À l’heure actuelle, il existe quatre vaccins approuvés au Canada : Pfizer-BioNTech, Moderna, AstraZeneca-Oxford et Johnson & Johnson.

Une fiole de chacun des quatre vaccins approuvés.

Santé Canada a approuvé quatre vaccins contre la COVID-19 : Pfizer-BioNTech, Moderna, Oxford-AstraZeneca et Johnson & Johnson.

Photo : Radio-Canada

Le LNM se concentre sur la mise au point de vaccins qui pourraient être efficaces contre certains des variants préoccupants. Selon Guillaume Poliquin, l’un d’eux fait présentement l’objet d'essais précliniques sur les animaux.

Le laboratoire travaille également sur une étude avec le Réseau canadien de l'eau, qui surveille la présence du SRAS-CoV-2 dans les eaux usées.

M. Poliquin a dit que ses équipes travaillent à temps plein depuis plus d'un an et qu'il espère qu'elles finiront par obtenir une pause et les remerciements qu'elles méritent.

Michelle Shuel, Guillaume Poliquin et Raymond Chang sont habillés en sarraus dans un laboratoire.

Le Dr Guillaume Poliquin, au centre, est le directeur général scientifique par intérim du Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg (archives).

Photo : CBC / Warren Kay

Je pense qu'il y aura un temps et un besoin de célébrer tout ce qui a été réalisé, mais le travail n'est pas encore terminé.

Avec les informations de Karen Pauls

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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