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Le défi de la vaccination des Autochtones à Toronto

Une femme reçoit une dose de vaccin.

La vaccination des populations autochtones vivant en milieu urbain représente des défis uniques. Ici, une membre de la Première Nation Tsleil-Waututh, en Colombie-Britannique, reçoit une dose. (archives)

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms/CBC News

Radio-Canada

Les adultes des Premières Nations, les Métis et les Inuits sont des groupes prioritaires pour la vaccination contre la COVID-19 en Ontario. Les organismes autochtones de santé et de services sociaux tentent de faire passer le message à des milliers de personnes réparties dans Toronto qu'elles peuvent maintenant obtenir le vaccin.

On a beaucoup insisté sur les communautés éloignées – et c’est extrêmement important –, mais nous savons aussi que les taux de COVID sont élevés chez les Autochtones vivant en milieu urbain, a déclaré la Dre Lisa Richardson, spécialiste en médecine interne et responsable de la santé des Autochtones au Women's College Hospital et au University Health Network.

La sensibilisation des Autochtones à la vaccination dans les grandes villes comme Toronto s'accompagne cependant d'une série de défis uniques.

Il s'agit d'une population plus dispersée, et c'est donc plus difficile que de se rendre dans un endroit où l'on sait que tous les membres de la communauté sont autochtones et éligibles, a-t-elle déclaré.

Le portrait d'une femme, stéthoscope au cou.

La Dre Lisa Richardson travaille au Women's College Hospital.

Photo : offerte par la Dre Lisa Richardson

Au cours de la dernière année, plusieurs agences de santé et de services sociaux autochtones ont fait équipe avec des prestataires de soins autochtones, comme la Dre Richardson. Ces organismes ont offert des tests de dépistage, ont aidé au traçage des contacts et ont donné de l’information sur le vaccin aux Autochtones de la ville.

De plus, ils offrent un niveau de sécurité culturelle à de nombreux Autochtones, qui craignent les établissements de santé traditionnels, selon Steve Teekens, directeur exécutif de Na-Me-Res (Native Men's Residence), à Toronto. Les Autochtones ont en mémoire de nombreux cas de traitements racistes dans les hôpitaux, a-t-il expliqué.

Combattre le scepticisme

Le fait même que les Autochtones soient dans la première phase d'admissibilité suscite le scepticisme de certains, a-t-il ajouté. 

Pourquoi sommes-nous soudainement une priorité? D'habitude, nous ne sommes jamais une priorité, n'est-ce pas? Alors, pourquoi maintenant? Est-ce qu'on fait de nous des cobayes, encore? a illustré M. Teekens.

Il est également essentiel que les prestataires de soins de santé et les travailleurs sociaux qui répondent à ces questions soient eux-mêmes autochtones.  

Chaque personne à qui j'ai parlé et qui avait des questions ou des inquiétudes au départ – et j'ai vacciné des centaines d'Autochtones – a reçu son vaccin, a déclaré la Dre Richardson, qui est anishinaabekwe.

Les médias sociaux, en particulier Facebook, ont été un outil essentiel pour fournir des renseignements factuels sur le vaccin contre la COVID-19b et faire savoir aux Autochtones de Toronto où ils peuvent trouver des cliniques gérées par des Autochtones pour se faire vacciner, a-t-elle ajouté.

De nombreux Autochtones ont des liens étroits entre eux, et le bouche à oreille s'est avéré efficace, selon la Dre Richardson. 

Un des centres de vaccination autochtones de la ville, où travaille la Dre Richardson, est géré par Anishnawbe Health Toronto et est ouvert à tous les Autochtones, qu'ils soient prestataires de soins ou non, a expliqué Joe Hester, directeur exécutif de l'organisation. 

Nous créons un environnement qui reflète notre culture, ce qui contribue grandement à mettre les gens à l'aise avec le vaccin, a ajouté M. Hester.

Par exemple, lorsque les gens viennent se faire vacciner, ils peuvent prendre part à une cérémonie de purification – une combustion traditionnelle de sauge ou de tabac –, a expliqué M. Hester.

Jusqu'à présent, le directeur estime qu'environ 1500 personnes ont reçu leur première dose du vaccin de Pfizer-BioNTech à la clinique. 

Cependant, comme les Autochtones sont touchés de manière disproportionnée par la pauvreté et la précarité, il est essentiel d'étendre la portée du centre de santé, selon M. Hester.

Nous voulons atteindre la population des sans-abri qui vivent dans la rue ici en ville, nous voulons atteindre les lieux de rassemblement, là où nos gens se trouvent, par exemple, dans des projets de logement, ce genre de chose.

Anishnawbe Health dispose de deux unités mobiles prêtes à l'emploi, dit-il, mais certaines contraintes logistiques font qu’elles ne peuvent toujours pas être utilisées.

Un véhicule récréatif.

Anishnawbe Health Toronto espère mettre sa clinique mobile à contribution bientôt.

Photo : offerte par Anishnawbe Health Toronto

Le milieu urbain, oublié?

De son côté, et comme tout le monde, M. Teekens ajoute qu’il a hâte qu’une plus grande quantité de doses soit offerte.

La Dre Janet Smylie, médecin de famille métisse et crie à l'hôpital St. Michael et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l'avancement des services de santé génératifs pour les populations autochtones, travaille également à la clinique de vaccination Auduzhe Mino Nesewinong. 

Elle a déclaré qu'elle voyait un contraste frappant entre la planification détaillée de la distribution des vaccins aux communautés éloignées et ce qui a été mis à la disposition des Autochtones vivant en milieu urbain.

Nous ne devons jamais être en concurrence contre nos proches vivant dans des communautés [éloignées] des Premières Nations pour obtenir des vaccins , a-t-elle déclaré.

CBC News a demandé au ministre de la Santé de l'Ontario de répondre à cette préoccupation, mais aucune réponse n'avait été fournie au moment de mettre ce texte en ligne.

La Dre Smylie estime qu'environ 60 000 Autochtones à Toronto sont admissibles au vaccin contre la COVID-19 à l'heure actuelle. 

Le recensement officiel de 2016, cité sur le site web de la Ville de Toronto, dénombre environ 46 000 Autochtones y vivant, mais ce chiffre est considéré comme une sous-estimation.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario
Avec les informations de CBC News

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