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COVID-19 : l'année éprouvante de deux médecins de Sherbrooke

Photo du docteur Yannick Poulin

Il y a maintenant 13 ans que Yannick Poulin est pneumologue au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

À la fois pneumologue et intensiviste au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS), le docteur Yannick Poulin est au premier rang de la bataille contre le coronavirus depuis les tous débuts. Alors que l'urgence sanitaire est décrétée le 13 mars 2020, il était loin de se douter que cette expérience hors du commun qui marquerait sa carrière à jamais.

On y croyait plus ou moins l'année passée, même nous. Une semaine plus tard, les cas commençaient à entrer, quelques patients qui sont morts sans que je puisse m'expliquer pourquoi.

Une citation de :Yannick Poulin, intensiviste et pneumologue du CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Rapidement l'anxiété et la peur ont pris d'assaut l'équipe des soins intensifs. L'ensemble des protocoles devait être revu afin de mieux protéger le personnel soignant face à un ce virus méconnu. Le plus difficile aura été de perdre de jeunes patients, alors que quelques mois plus tard, l'acquisition de meilleures pratiques contre le virus aurait peut-être pu les sauver.

Le plus tough c'est de perdre des patients qu'on n'était pas supposé de perdre, ça rentre dedans.

Une citation de :Yannick Poulin, intensiviste et pneumologue du CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Son collègue et ami, l'urgentologue Jean-François Deshaies, se rappelle quant à lui le stress d'accueillir les patients à l'urgence, sachant que ceux-ci pourraient très bien être infectés, alors que l'efficacité des tests de dépistage est encore incertaine.

Pendant des mois, le plus difficile selon lui était de changer constamment les procédures. Mais après la fatigue et un important roulement de personnel s'est installée une certaine résilience, explique le Dr Deshaies.

Au cours de l'été, la tension baisse. Il faut dire que l'Estrie avait été plutôt épargnée par cette première vague. Mais ce sera la deuxième vague qui frappera davantage la région explique le Dr Poulin.

La prochaine étape

Certes, l'Estrie est maintenant en zone orange, mais l'enjeu du délestage demeure, avec des listes d'attentes qui s'allongent.

Disons, là la deuxième vague est finie, on va rouvrir les valves pis on va recommencer pour rattraper le temps perdu. On pourra pas demander ça au personnel.

Une citation de :Yannick Poulin, intensiviste et pneumologue du CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Parmi les retombées positives, la COVID-19 aura permis l'acquisition de nouveaux équipements plus sophistiqués au CIUSSS de l’Estrie-CHUS. La pandémie aura aussi contribué à l'implantation de mesures qui ont fait leurs preuves pour empêcher la prolifération de multiples infections en milieu hospitalier. Il est fort probable que le port du masque par le personnel soignant dans les urgences reste une pratique courante, explique le Dr Deshaies.

Ce dernier ouvre maintenant la porte sur des questions éthiques qu'il faudra se poser dans les prochains mois.

Il y a des pays qui n'ont pas accès au vaccin. Il y a une plus grande mortalité chez les autochtones, les noirs, que chez les populations blanches. Je pense que les gens sont de plus en plus alertes à ça […] une question qui n'a pas encore été soulevée c'est à quel point la question sanitaire doit passer avant toutes les autres questions […] on entend beaucoup parler des problèmes de santé mentale que ça amène le confinement.

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