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Traverser le Canada du nord au sud pour le dépassement de soi et la science

Un homme traîne un traîneau sur la neige.

L'Expédition AKOR commencera dans le haut de l'Arctique canadien.

Photo : Courtoisie : Expédition AKOR

Leurs années d’entraînement et leurs mois de préparation tirent à leur fin. Trois aventuriers québécois quitteront Ottawa lundi en direction du Nunavut pour tenter la plus longue traversée sans interruption de l’axe nord-sud du Canada.

L’Expédition AKOR débutera sur l’île d’Ellesmere, dans le haut arctique canadien. Pendant trois mois, les participants parcourront la banquise en ski de fond.

Ils prendront ensuite des canoës pour parcourir le sud du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest jusqu’en Saskatchewan, ce qui représente 2000 km de rivières qu’ils traverseront majoritairement à contre-courant.

Leur aventure de 7500 km se terminera à vélo, en octobre, à la pointe Pelée, dans le sud de l’Ontario.

On a vraiment hâte que ce soit concret, qu’on ait du vent froid dans la face et de la glace en dessous des pieds, lance Jacob Racine, un des trois membres de l’équipe qui amorcera l’Expédition AKOR.

Ce dernier cédera sa place après la portion de ski de fond. Cinq aventuriers au total participeront à la traversée. Nicolas Roulx et Guillaume Moreau seront les seuls à tenter l’expérience du début à la fin, qui est organisée au coût total de 300 000 $.

Trois hommes tirent des traîneaux dans la neige.

Cinq Québécois tenteront la plus longue traversée du Canada dans un axe nord-sud, à force humaine et dans une seule et même expédition.

Photo : Courtoisie : Expédition AKOR

Racine, Roulx et Moreau terminent ces jours-ci leur quarantaine obligatoire dans un hôtel d’Ottawa avant de pouvoir entrer au Nunavut pour ce périple qui aura une double vocation scientifique, en santé et en écologie forestière.

Les aventuriers vont mesurer leurs données corporelles dans cet environnement aride où ils devront consommer 7000 calories par jour. On se retrouve dans des endroits où le corps humain n’est habituellement pas stimulé autant par le froid, la faim et la pression psychologique, explique Jacob Racine, qui est aussi guide en tourisme d’aventure.

[On va voir] comment le corps réagit avec la récupération sur le long terme et le stress, aussi, de rencontrer des ours polaires, qui viennent jouer sur le métabolisme et le sommeil, énumère celui qui a notamment skié de Montréal à Kujuak en 2014.

Dans les milieux isolés, chaque erreur peut être fatale […] Si tu pèses sur le bouton d’évacuation, les secours n’arrivent pas dans la journée, ils arrivent dans la semaine.

Une citation de :Jacob Racine, membre de l'Expédition AKOR

Un des fondateurs de l’Expédition AKOR, Guillaume Moreau, étudie l'impact du réchauffement climatique sur la croissance des arbres à la limite nord de la forêt boréale dans le cadre de son doctorat. Des échantillons seront donc recueillis pendant le périple.

L’Université Laval et l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) bénéficieront des données scientifiques.

Le dépassement de soi demeure la raison principale pour laquelle les trois hommes se lancent dans cette aventure, qui leur permettra d’explorer le Canada comme personne auparavant.

Il ne faut pas voir ça comme si on allait faire un événement ponctuel comme un marathon ou Ironman, insiste Racine. Il faut que la structure physique musculaire de base soit vraiment optimale parce qu’on va marcher et répéter les mêmes mouvements pendant des heures et des heures sur des jours et des mois.

Il avoue avoir des sentiments contradictoires à quelques heures du départ. Autant, à un certain moment, on avait peur de se retrouver sur la banquise à -40 [degrés Celsius], là on le souhaite tous les jours, mais on se sent incrédules.

Avec les informations de Jonathan Jobin

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