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Le manque de main-d'œuvre ralentit l'ouverture des restaurants

Un restaurant

Les restaurants en zone orange peuvent ouvrir leurs portes.

Photo : iStock

Au moment où plusieurs régions basculent en zone orange au Québec, les restaurateurs peuvent ouvrir leurs salles à manger pour un premier week-end. Toutefois, le manque de main-d'œuvre empêche certains de pouvoir accueillir les clients.

Le restaurant Nina pizza rue Saint-Jean, à Québec, n’a pas pu ouvrir sa salle à manger en raison du manque de personnel. Jusqu’à présent, l’entreprise a recruté une dizaine d’employés non qualifiés qu’elle doit former.

On n'a pas pu ouvrir dans le délai qu'on nous a accordé, c'était trop rapide. Nous, on a roulé la pandémie pendant un an à cinq employés, et il faudrait, pour ouvrir comme on veut, midi et soir, sept jours sur sept, une trentaine de personnes en tout, explique Kassandra Mainville, copropriétaire.

Recruter des employés qualifiés n'est pas une mince affaire. La crise sanitaire a exacerbé la pénurie de main-d'œuvre, déjà bien présent. Beaucoup ont d’ailleurs abandonné l’industrie.

Je pense qu'on va être capable de remettre ça à flot, cette industrie-là de la restauration, par rapport au personnel, mais ça va être un travail de très longue haleine.

Une citation de :Kassandra Mainville, copropriétaire du Nina Pizza
Une employée dans un restaurant manipule une boîte dans laquelle se trouve de la pâte à pizza.

Kassandra Mainville, copropriétaire de Nina Pizza, accompagnée d'une nouvelle employée.

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Les gens ont comme un peu compris la précarité de l'emploi en restauration à cause de la pandémie, ça a fait en sorte que beaucoup de gens se sont réorientés, il y a des gens qui ne veulent plus cuisiner, souligne-t-elle.

Un phénomène que le propriétaire de plusieurs restos La Cage, Philippe Laroche, a aussi observé.

Les gens se sont remis en question, d'autres avaient aussi des projets de vie qu'ils ont peut-être accélérés. Certains ont quitté le domaine, après 20 ans d'expérience, 15 ans d'expérience. Mais j'en ai qui sont restés aussi et qui ont recommencé cette semaine, affirme-t-il.

Relève à former

Les restaurateurs se retrouvent donc à former de la relève, souvent moins expérimentée. À Lebourgneuf, Philippe Laroche a été obligé d’adapter ses heures d’ouverture à la disponibilité de ses nouveaux employés étudiants.

On a rouvert rapidement, en une semaine il a fallu réparer la machine. Mais je vous dirais que pour une semaine ou deux, on va être comme ça, mais on va revenir aux heures normales explique-t-il.

C'est sûr qu'on regarde aujourd'hui au niveau du service, au niveau de la salle à manger, les gens sont plus nerveux.

Une citation de :Philippe Laroche, propriétaire de restaurants La Cage

La salle à manger est seulement ouverte à l’heure du souper. C'est sûr qu'il faut remonter, qu'il faut reconstruire la confiance des employés pour leur montrer que c'est un travail qui peut être très intéressant, dit-il.

Travailleurs étrangers réclamés

Avec l'assouplissement graduel des mesures sanitaires, la rareté de la main-d'œuvre sera de plus en plus criante, déplorent de nombreux restaurateurs. Ceux qui comptaient recruter à l'extérieur du pays devront revoir leur stratégie. Certaines professions, notamment celle de cuisinier, ne sont plus admissibles au programme de recrutement accéléré pour les travailleurs étrangers.

J'avais 900 employés avant la première fermeture de nos restaurants. J'en avais 500 l'été dernier. Alors, faites le calcul : c'est sûrement une centaine d'employés dont je vais avoir besoin, fait savoir Pierre Moreau, PDG du Groupe Restos Plaisir.

Malgré la demande, il compte adapter son horaire pour ménager son personnel. Si on n'est pas capables d'ouvrir certaines journées, ou si on est obligés de fermer certaines soirées moins achalandées, c'est ce qu'on va faire, pour préserver les gens qui sont en place, souligne-t-il.

Avec les informations de Camille Carpentier

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