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Les proches de Mireille Ndjomouo, morte à l’hôpital, exigent des réponses

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Le décès de Mireille Ndjomouo a provoqué une vague d'appels à la justice. Des dizaines de personnes ont manifesté devant l'hôpital Charles-Le Moyne pour réclamer que la lumière soit faite sur les circonstances de sa mort.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

« Justice pour Mireille; santé pour tous! » a scandé la foule qui s’est rassemblée samedi devant l’hôpital Charles-Le Moyne, à Longueuil, où une femme a vécu ses derniers jours dans des circonstances troubles qui font l’objet de deux enquêtes. La famille, encore sous le choc, réclame que la lumière soit faite.

Près d’une centaine de personnes étaient réunies dans le stationnement de l’établissement, situé sur le boulevard Taschereau, dans l’arrondissement de Greenfield Park, pour réclamer que justice soit faite pour Mireille Ndjomouo.

Cette mère monoparentale de trois enfants originaire du Cameroun est morte quelques jours après avoir publié un appel à l’aide dans une vidéo qui a été largement partagée sur les réseaux sociaux.

Depuis son lit d'hôpital, Mme Ndjomouo disait avoir été admise à Charles-Le Moyne pour des douleurs à la jambe.

Insatisfaite des traitements reçus à l'hôpital après environ une semaine, elle réclamait qu'on la change d'établissement. Son visage, disait-elle, était devenu gonflé et elle éprouvait de la difficulté à respirer.

« Un bris de confiance »

De toute évidence, il y a eu un bris de confiance avec le personnel [soignant], explique la sœur de Mme Ndjomouo, Christine, qui s'est adressée aux médias samedi, lors du rassemblement.

Depuis la mort de Mireille, raconte-t-elle, les mots de sa sœur résonnent sans cesse dans son esprit.

Ma sœur n'est plus là, dit-elle, gagnée par l'émotion. Ne restent que les appels de Mireille qui l'implore de la sortir de l'hôpital.

Je suis sous le choc.

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Christine Ndjomouo a raconté les derniers jours de sa sœur.

Photo : Radio-Canada

Après son arrivée à l'hôpital le 1er mars, Mireille s'est retrouvée isolée puisqu'on la soupçonnait d'avoir la tuberculose, selon la version des faits de sa sœur, que Radio-Canada n'a pu confirmer. Malgré qu'elle ait informé le personnel de son allergie à la pénicilline, elle se serait fait administrer un médicament contre-indiqué, ajoute-t-elle.

Il faut encore vérifier si c'est le cas, nuance Aric Jackson Kingne Wekouo, qui agit à titre de porte-parole de la famille. Mais ce sont les dires de sa sœur qui, il faut le rappeler, est quand même infirmière clinicienne.

Selon M. Wekouo, Mireille Ndjouomo peinait à se faire entendre du personnel soignant. Elle n'arrivait pas à avoir des renseignements sur son état de santé [et] sur son diagnostic, explique-t-il.

En plus de sentir que son état de santé se dégradait de plus en plus, elle n'arrivait pas à voir sa famille, poursuit-il. On ne sait pas exactement pourquoi l'accès a été refusé à Mireille. Cela concourt au caractère opaque de tout ce qui s'est passé durant le peu de temps que Mireille a passé à l'hôpital Charles-Le Moyne.

Christine Ndjomouo a fini par se rendre au chevet de sa sœur après avoir vu la vidéo publiée par celle-ci sur Facebook.

À son arrivée, elle dit avoir constaté que Mireille « était vraiment mal ». Elle raconte avoir fait des pieds et des mains pour que sa sœur soit finalement transférée à l'Hôpital général juif, à Montréal, au terme de cinq heures de négociations. Ça a été tout un combat, lance-t-elle.

C'est dans cet établissement que Mireille Ndjouomo a rendu son dernier souffle, selon la famille.

Ni l'Hôpital général juif ni le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l'Île-de-Montréal n'ont voulu confirmer ou démentir cette information.

« Elle est partie, mais ce qui me reste encore, c'est beaucoup de questionnements par rapport à ce qui s'est passé. »

— Une citation de  Christine Ndjomouo, soeur de la défunte

Christine Ndjomouo n'est pas la seule à exiger des réponses. Plusieurs personnes ont fait le chemin jusqu'à Longueuil, samedi, pour venir manifester leur solidarité à la famille de Mireille et réclamer que justice soit faite.

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Le rassemblement a eu lieu tout près de l'hôpital Charles-Le Moyne, à Longueuil, où Mireille Ndjomouo a passé plusieurs jours avant d'être transférée dans un autre établissement.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

C'est le cas de Franklin Djeumou, lui aussi originaire du Cameroun, qui est parti des Laurentides pour venir exprimer son indignation – personnelle, mais aussi au nom de la population camerounaise et africaine, souligne-t-il.

On aimerait savoir quelles ont été les raisons qui ont poussé Mireille à faire cette vidéo qu’elle a envoyée à toute la communauté [et] qu’est-ce qui n’a pas marché pour qu’elle perde confiance dans le système médical, explique-t-il.

Quand on va à l’hôpital, on aimerait pouvoir faire confiance au système, résume-t-il. Notre communauté, nos enfants, nos parents, on veut se sentir à l’aise.

Deux enquêtes en cours

Dans la foulée de la mort de Mireille Ndjomouo, le bureau du coroner a confirmé qu'une investigation était en cours pour déterminer les causes et les circonstances qui ont mené à ce décès.

Le PDG du CISSS de la Montérégie-Centre a de son côté mandaté la direction de la qualité pour examiner la situation, a fait savoir Martine Lesage, directrice adjointe aux communications. Le CISSS a toutefois refusé de commenter ce dossier pour des raisons de confidentialité.

La famille, elle, est dans le néant, selon Aric Jackson Kingne Wekouo.

Outre des réponses, les proches de Mme Ndjomouo s'attendent à « une mobilisation » et espèrent que les aspirations de la communauté noire seront prises en considération une fois pour toutes, a-t-il résumé.

Dans l'attente des conclusions de ces enquêtes, la famille a indiqué vouloir rapatrier la dépouille de Mme Ndjomouo au Cameroun et souhaiter que le processus se fasse dans « la dignité ».

Ce qui m'intéresse en ce moment, a dit Christine Ndjomouo, c'est d'aller enterrer ma sœur.

Avec la collaboration de Delphine Jung et de Marie-Isabelle Rochon

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