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COVID-19 : des travailleuses de la santé se confient sur des moments difficiles

Des infirmières.

Les travailleurs de la santé doivent lutter contre la COVID-19 depuis un an (archives).

Photo : iStock

Radio-Canada

Deux travailleuses de la santé qui sont en première ligne dans la lutte à la COVID-19 depuis maintenant un an ont trouvé particulièrement difficile de voir des patients sur le point de succomber à la maladie et leurs proches se faire leurs adieux à distance.

Ces situations font partie des souvenirs douloureux qu’ont partagés, en entrevue à l'émission Les Malins, la Dre Mélanie Lacasse, qui a œuvré à l’unité COVID du CHSLD de la Vallée-de-la-Lièvre et l’infirmière clinicienne à l’Hôpital Montfort, Caroline Dufour.

On utilisait le moyen technologique, soit la tablette, pendant que le monsieur ou la dame était en train de décéder. La personne qui est à l’autre bout vit son deuil d’une façon qu’on ne peut pas imaginer, a raconté la Dre Lacasse samedi.

Elle faisait alors allusion, plus précisément, aux mesures qui ont été mises en place après qu’une éclosion de coronavirus se soit déclarée au CHSLD situé à Gatineau.

Une femme se trouve devant l'entrée d'une clinique médicale de Gatineau.

La Dre Mélanie Lacasse travaille à la clinique Coop santé de Basse-Lièvre, à Gatineau, et a œuvré à l’unité COVID du CHSLD de la Vallée-de-la-Lièvre.

Photo : Capture d'écran Radio-Canada

Elle a affirmé que les travailleurs de la santé ne sont pas préparés à vivre de telles situations au cours de leur formation.

Même nos étudiants, nos stagiaires qu’on a actuellement - peu importe dans quel domaine de la santé ils sont - ils ne sont pas préparés à ça, a-t-elle souligné avec émotion.

La COVID-19 a littéralement chamboulé la façon de travailler dans le domaine de la santé, a pour sa part soutenu Mme Dufour. On a vu des choses qu’on n’aurait pas dû voir. On a fait des choses qu’on n’aurait pas faites de cette façon-là en temps normal. […] Ce sont toutes des images [et] des choses qui vont rester gravées dans ma mémoire, a témoigné l’infirmière.

Des protocoles ont été mis en place afin d’éviter que des patients ne rendent l’âme seuls. Le nombre de personnes pouvant se rendre à l’hôpital dire un dernier adieu à un proche était limité. Il fallait mettre dans les mains de la famille le choix de qui va venir voir la personne pour la dernière fois, qui va avoir le droit d’être là, se souvient Mme Dufour.

Le fardeau du manque de main-d’œuvre

Depuis le début de sa carrière, la Dre Lacasse constate le manque de main-d’œuvre sur le plancher et selon elle, la pandémie n’a fait qu’aggraver ce problème.

« D’un côté, je ne peux pas blâmer les gens de dire "Moi [...] je change de travail" parce que ce n’est pas mieux si on se tue nous-mêmes à la job », a-t-elle expliqué

L’infirmière Caroline Dufour a changé de milieu de travail au cours de la dernière année, passant de l’Hôpital de Gatineau à celui de Montfort, à Ottawa.

J’adore ce que je fais, mais je me souviens quand l’arrêté ministériel est arrivé en Outaouais. Mon horaire de travail devait changer et je n’avais plus de contrôle sur rien. Je pouvais travailler tous les quarts et à temps plein de force, a-t-elle relaté.

Je trouvais ça vraiment difficile [...] avec, déjà, le temps supplémentaire, le stress et le manque de personnel, a-t-elle ajouté, la gorge nouée par l’émotion.

J’avais comme une grosse colère parce que le gouvernement nous dit qu’on est des héros et des anges gardiens, et d’un autre côté, on vient nous taper dessus en nous forçant à travailler plus. Pour moi, tout ça ne fonctionnait pas ensemble.

Une citation de :Caroline Dufour, infirmière clinicienne à l’Hôpital Montfort

Une autre réalité avec laquelle les travailleurs de la santé ont dû composer, c’est la possibilité qu’ils contractent la maladie dans leur milieu de travail.

C’est sûr qu’on a toujours une crainte, a avoué Martin Lacasse, le père de Mélanie Lacasse. L’homme de 70 ans est lui aussi médecin omnipraticien. S’il se trouve dans un groupe d’âge à risque de développer des complications de la COVID-19, il souligne qu’il travaille en zone froide en œuvrant à la clinique Coop Santé Basse-Lièvre, à Gatineau.

On prend les précautions. On a un triage des patients de sorte que ceux qui sont fiévreux ou qui pourraient avoir la COVID-19, on les traite ailleurs. Dans la clinique, on prend aussi beaucoup de précautions avec les masques, les lunettes de protection, les plexiglas , a-t-il dit.

Un homme est debout à l'extérieur d'une clinique médicale, vêtu d'un manteau d'hiver.

Le Dr Martin Lacasse, médecin omnipraticien à la clinique Coop Santé Basse-Lièvre, à Gatineau

Photo : Capture d'écran Radio-Canada

Respecter les mesures sanitaires

Les travailleurs de la santé qui se sont confiés à ICI Ottawa-Gatineau, samedi, avaient tous le même message à la population. Alors qu’une deuxième année de pandémie s'amorce, ils implorent tout un chacun de respecter les mesures sanitaires et d'aller se faire vacciner lorsque possible.

Je vais être honnête. Je n’aime pas ça dire à quelqu’un qu’il va mourir, encore moins à sa famille [qui] malheureusement ne peut pas venir […] et que finalement ce soient les membres de l’équipe qui soient au chevet de ce patient à lui flatter les cheveux, a lancé la Dre Mélanie Lacasse, la voix brisée par des sanglots.

Avec les informations de Ismaël Sy

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