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AstraZeneca annonce une nouvelle baisse de ses livraisons de vaccins à l'UE

Une infirmière injecte le produit dans le bras d'un patient.

Une personne se fait inoculer une dose du vaccin AstraZeneca, à La Baule, en France.

Photo : Reuters / Stephane Mahe

Agence France-Presse

La vaccination anti-COVID était samedi au centre des préoccupations de l'Union européenne (UE), avec l'annonce d'une nouvelle baisse des livraisons de vaccins du laboratoire AstraZeneca et l'appel à des discussions « le plus vite possible » lancé par cinq pays membres inquiets de disparités dans la distribution des doses.

L'image d'AstraZeneca est déjà écornée par la suspension de l'inoculation de son vaccin, décidée cette semaine par le Danemark, l'Islande, la Norvège et la Bulgarie après des cas graves de caillots sanguins. La Thaïlande a pour sa part retardé sa campagne de vaccination.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a toutefois déclaré vendredi qu'il n'y avait pas de raison de ne pas utiliser ce vaccin et qu'aucun lien de cause à effet sur la formation de caillots sanguins n'avait pour l'instant été trouvé.

AstraZeneca est au regret d'annoncer une baisse des livraisons de vaccins contre la COVID-19 à l'Union européenne, a déclaré le groupe suédo-britannique, dont le vaccin a été autorisé fin janvier dans les pays de l'UE.

Invoquant des restrictions d'exportation pour les vaccins fabriqués hors UE, il annonce ne pouvoir livrer que 100 millions de doses durant les six mois qui s’achèveront en juin, dont 70 millions seulement sur les 180 millions initialement prévus au deuxième trimestre.

En janvier, le groupe avait déjà réduit ses objectifs du premier trimestre, évoquant un problème de rendement dans son usine belge.

Samedi, la Commission européenne a indiqué qu'elle poursuivait avec les États membres les discussions avec AstraZeneca et a insisté pour que l'entreprise fasse tout son possible pour honorer ses engagements.

Conséquence de cette baisse des livraisons : en Allemagne, le Land de Thuringe – qui a le taux d'incidence de la maladie le plus élevé du pays – doit suspendre temporairement un projet pilote de vaccination avec ce produit par des médecins généralistes qui devait débuter avant fin mars, notamment pour les personnes âgées vivant à domicile.

Après les caillots sanguins, les hémorragies cutanées

En raison de craintes liées à la formation de caillots sanguins, la Norvège avait annoncé jeudi la suspension des injections du vaccin d'AstraZeneca. Les autorités sanitaires du pays s’inquiètent maintenant de cas d'hémorragies cutanées chez des personnes relativement jeunes ayant reçu une dose du vaccin.

Si aucun lien n'est encore établi avec le vaccin, cela est grave et peut être le signe d'une diminution du nombre de plaquettes, a alerté l'Institut norvégien de santé publique.

L'Institut invite désormais les personnes de moins de 50 ans présentant des symptômes plus de trois jours après la vaccination à consulter un médecin.

L'Agence norvégienne des médicaments a également dit samedi examiner de plus près les rapports de caillots sanguins et de saignements pour tous les vaccins contre le coronavirus.

Disparités en Europe

Une personne se fait enregistrer, pendant que deux personnes âgées semblent s'en aller.

Un centre de vaccination de Kranj, en Slovénie

Photo : Getty Images / Matic Zorman

La France, qui a passé vendredi la barre des 90 000 morts de la COVID-19, espère dépasser l'objectif de 10 millions de vaccinés mi-avril.

Parallèlement, cinq pays – Autriche, République tchèque, Slovénie, Bulgarie, Lettonie – ont appelé samedi à des discussions le plus tôt possible sur d'énormes disparités dans la distribution des vaccins.

Un sommet entre les dirigeants de l'UE est prévu les 25 et 26 mars.

Le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, avait accusé la veille certains États membres, sans les nommer, d'avoir négocié en coulisses des contrats avec des laboratoires.

L'UE reste à la traîne des États-Unis, d'Israël et du Royaume-Uni pour les vaccinations. La Commission européenne, qui a négocié les contrats de vaccins au nom des 27 membres de l'UE, vise l’objectif de 70 % d'Européens vaccinés d'ici la fin de l'été.

Aux États-Unis, pays le plus touché par la pandémie de coronavirus avec 532 590 décès, quasiment 20 % de la population a reçu au moins une dose de vaccin, et plus de 100 millions de doses ont déjà été administrées, soit environ 30 % du nombre total de piqûres effectuées dans le monde.

Vendredi, l'OMS a homologué le vaccin à dose unique de Johnson & Johnson, qui pourra désormais être distribué par le système onusien COVAX aux pays défavorisés. Outre le fait d'être injecté en dose unique, il présente l'avantage de pouvoir être conservé dans un réfrigérateur classique.

L'agence onusienne avait déjà autorisé le vaccin de Pfizer-BioNTech, ainsi que deux versions de celui d'AstraZeneca-Oxford.

Troisième vague en Italie

Une foule très importante marche sur le pavé.

Les gens se promènent dans la Via del Corso de Rome, samedi, avant le début du reconfinement des zones rouges italiennes lundi.

Photo : afp via getty images / Filippo Monteforte

Dans plusieurs pays, les autorités sanitaires s'inquiètent de l'arrivée d'une troisième vague, comme en Italie, qui va reconfiner une grande partie de sa population à partir de lundi et jusqu'au 6 avril.

Plus d'un an après le début de la crise sanitaire, nous nous retrouvons malheureusement face à une nouvelle vague de contagion, a déploré le premier ministre, Mario Draghi.

Les régions italiennes classées en zone rouge (celles qui comptent plus de 250 nouveaux cas par semaine) devront fermer écoles, bars et restaurants, et les déplacements y seront limités. L’entièreté du pays sera confinée la fin de semaine de Pâques, les 3, 4 et 5 avril.

L'Italie, qui a passé cette semaine la barre des 100 000 morts de la COVID-19, enregistre une forte hausse des contaminations et des décès, liés en grande partie au variant britannique.

Si le pays a lancé son plan de vaccination énergiquement fin décembre, les livraisons se sont depuis considérablement ralenties, et seules 1,8 million de personnes sur une population de 60 millions avaient reçu vendredi deux doses de vaccin.

La vaccination tarde en Afrique

Des gens attendent derrière l'homme en train de se faire vacciner.

Un homme reçoit le vaccin AstraZeneca à l'Hôpital général Eka Kotebe d'Addis-Abeba, en Éthiopie, samedi.

Photo : Reuters / Tiksa Negeri

Le continent africain est quant à lui encore plus à la traîne. L'Éthiopie, deuxième État d'Afrique pour ce qui est de la population, a seulement lancé samedi sa campagne de vaccination avec l'administration de doses d’AstraZeneca produites en Inde, sur fond de progression alarmante de cas dans le pays.

La République démocratique du Congo (numéro quatre par sa population en Afrique) a reporté le lancement de la vaccination, initialement prévu le 15 mars.

En Jordanie, sept malades de la COVID-19 en réanimation dans un hôpital près d'Amman sont décédés samedi à la suite d'une panne d'alimentation en oxygène, provoquant une vive émotion dans le pays.

La pandémie a fait au moins 2,64 millions de morts dans le monde depuis l'apparition de la maladie fin décembre 2019.

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