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Au Yukon, après quatre mois, la fin du changement d’heure fait jaser

Des horloges.

Entre samedi et dimanche, alors que la quasi-totalité du Canada changera d'heure, le Yukon ne devra rien changer puisque le territoire a adopté l'heure avancée du Pacifique comme heure permanente. Une situation que certains dénoncent.

Photo : Reuters / Thomas White

Une pétition rassemblant un peu plus de 400 signatures de Yukonnais désireux de repasser en permanence à l'heure normale (UTC-8) circule dans le territoire. En novembre 2020, le Yukon a adopté l'heure avancée (UTC-7) comme heure officielle en permanence.

De nombreux Canadiens devront avancer leurs montres et leurs horloges d’une heure dans la nuit de samedi à dimanche. Par contre, les Yukonnais n'auront pas à faire ce rituel annuel qui fait perdre une heure de sommeil à la fin de l'hiver.

Depuis le 1er novembre 2020, les habitants du territoire ont adopté en permanence l’heure avancée d’été, soit le fuseau horaire UTC-7 (temps universel coordonné moins 7 heures), une heure qui ne semble pas convenir à tout Yukonnais. C'est le cas de Jean-François Deslauriers, qui rappelle que l’heure choisie est décalée de deux heures avec l’heure des cadrans solaires.

En hiver, on se retrouve avec un lever de soleil à 11 h le matin, la journée est déjà quand même très courte, déplore-t-il. À la retraite, il affirme avoir du mal à s’activer le matin quand il fait encore noir.

M. Deslauriers estime que le fait de rester sur le même fuseau horaire que l’Alberta et les Territoires du Nord-Ouest une partie de l’année n’a pas beaucoup de sens, quand il aurait été plus logique de rester aligné sur la voisine du sud. La Colombie-Britannique était censée arrêter de changer d’heure deux fois dans l'année, mais elle ne l’a pas fait, note-t-il. On aurait pu, au Yukon, tout simplement suivre l’exemple et attendre plus tard de le faire, croit-il.

L'importance d'être à la même heure que ses voisins

La Colombie-Britannique semble toutefois avoir d’autres projets : un porte-parole du ministère du Procureur général confirme que la province compte aborder la question, mais souhaite rester alignée sur les États américains de Washington, de l’Oregon et de la Californie, selon ce que la population a affirmé dans un sondage.

En 2019, plus de 93 % d'un nombre record de 223 000 Britanno-Colombiens nous ont dit qu'ils voulaient rester à l'heure d'été toute l'année, écrit le porte-parole dans un courriel, ajoutant toutefois que le gouvernement de John Horgan avait d’autres priorités au cours de la dernière année.

Une logistique compliquée

Ces discussions autour du temps, Andrew Smith les avait vues venir. Cet analyste pour le gouvernement du Yukon est celui qui a organisé toute la logistique de la fin du changement d’heure.

Il explique que son seul travail a été d’appliquer la décision du gouvernement. Néanmoins, il pense que de nombreux habitants du territoire semblent satisfaits.

D'après mon expérience et les discussions que j'ai eues avec le public et mes cercles sociaux, le fait d'avoir la lumière du jour plus tard dans l'après-midi a été un énorme avantage pour eux pendant l'hiver, parce qu'ils avaient cette petite lumière supplémentaire plus tard dans la journée pour pouvoir faire leurs courses du soir ou, si leur emploi du temps le permet, pour aller skier ou simplement pour conduire les enfants au hockey, ce genre de choses, raconte-t-il.

Il ne cache pas à quel point la logistique de novembre a été difficile à mettre en place pour harmoniser tous les appareils électroniques et les logiciels sans compter qu’il n’y avait pas de mode d'emploi standard pour procéder.

Je m'attendais à ce que, pendant 18 mois, on voie probablement quelques problèmes qui se présentent. Mais à ce stade, on peut les régler avec un appel téléphonique, soutient-il.

Paver le chemin pour les autres

Avec son travail, il est maintenant convaincu de pouvoir aider d’autres juridictions à franchir le pas, si c’est ce qu’elles souhaitent. M. Smith avoue même avoir été en contact avec le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest il y a plusieurs semaines.

De son côté, Jean-François Deslauriers reconnaît qu'il est ravi de ne pas devoir changer d'heure sur sa montre deux fois par an, mais il souhaiterait quand même que le gouvernement prenne en considération les signataires de la pétition (Nouvelle fenêtre).

Mais, dans le territoire, on a pas mal d'autres chats à fouetter comme les questions liées à l’alcool, aux drogues et au fentanyl, reconnaît toutefois le retraité.

Avec les informations de Claudiane Samson

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