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Une entreprise de cryptomonnaie laisse dans son sillage des fournisseurs impayés

Une long bâtiment gris avec des fenêtres seulement en hauteur sur un terrain eneigé.

Un des bâtiments du centre de gestion de données de cryptomonnaie à Saint-André.

Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

Marie-Ève Brassard

Des mois après avoir construit un centre de données pour les cryptomonnaies à Saint-André au Nouveau-Brunswick, de nombreux entrepreneurs n'ont toujours pas reçu l’intégralité de ce qui leur est dû. En dernier recours, ils se sont tournés vers les tribunaux.

GPU One est une entreprise dont le siège social est situé à Montréal et c'est elle qui est derrière ce projet de centre de données. Elle s'est faite assez discrète lorsqu’elle s’est installée à Saint-André en 2019. À l’époque, elle avait même demandé à l’administration de la communauté rurale de ne pas ébruiter ses activités, rapporte le maire Marcel Lévesque.

La semaine dernière, Radio-Canada rapportait la vente imminente de ces bâtiments à une entreprise de Vancouver ; une transaction estimée à 25 millions de dollars. La nouvelle avait suscité de nombreuses réactions dans la région, en raison des comptes laissés en souffrance auprès d'entrepreneurs locaux liés à ce projet.

Selon des documents judiciaires, la filiale atlantique de GPU One (GPU Atlantic Inc) a retenu les services de la compagnie ontarienne Total Construction Management Services Inc en septembre 2019, afin d’ériger cinq bâtiments d’un centre de données.

C’est à ce titre que TCM a, à son tour, embauché plusieurs entreprises de la région afin de mener à bien ce projet, mais plusieurs litiges sont survenus.

Une clôture munie d'une affiche indiquant la propriété de GPU Atlantic.

La construction du centre de données à Saint-André a débuté en septembre 2019.

Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

Poursuites croisées

Dans une poursuite déposée en cour en septembre 2020, GPU One allègue que TCM n’aurait pas respecté le contrat qui les unissait. L’entreprise reproche notamment à TCM d’avoir cessé de payer les sous-traitants, de leur devoir plus de 700 mille dollars et d’avoir dépassé le budget initial de 2 millions de dollars.

De son côté, TCM se défend de ces dépassements de coûts en affirmant avoir effectué du travail supplémentaire à la demande de GPU One, qui n’était pas prévu au contrat initial. TCM prétend également que c’est plutôt parce que GPU One a refusé de la payer, que certains sous-traitants n’ont pas été rémunérés à ce jour. Elle réclame plus de 480 mille dollars en dommages à GPU One.

De nombreux entrepreneurs locaux dans la mêlée

Des documents obtenus au registre foncier de la province font état d’une saga judiciaire impliquant au moins cinq entrepreneurs (en excluant TCM). Quatre d’entre eux poursuivent directement TCM ou GPU One.

Quatre compagnies ont aussi fait enregistrer leur privilège en matière de construction sur le terrain du projet, ce qui leur permettrait d’être payées en priorité advenant une vente.

Parmi ces dernières, on retrouve l’entreprise Sunny Corner Enterprises inc. de Miramichi qui a notamment participé à l’excavation du centre de données. Elle réclame plus de 1,2 million de dollars en factures impayées. Et elle est loin d’être la seule.

Joey Ouellette Buildings Contractors inc., une compagnie installée à Grand-Sault, est aussi du nombre. Elle revendique presque 200 mille dollars.

Elmere Marase Rioux de Bulldozing Service Ltd réclame quant à elle un peu plus de 190 mille dollars et Max Steel Inc., située à Saint-André, tente d’obtenir plus de 70 mille dollars pour du travail effectué sur le centre de données.

Marcel Lévesque, maire de la communauté rurale de Saint-André au Nouveau-Brunswick.

Le maire Marcel Lévesque déplore que plusieurs entrepreneurs locaux n'aient pas encore été payés.

Photo : Radio-Canada

Marcel Lévesque, maire de la communauté rurale de Saint-André où est situé le projet de GPU One, déplore la situation. Moi je trouve ça triste. Quelqu’un qui travaille devrait se faire payer et j’espère que ça va se régler amicalement, dit-il.

Bien qu’il ne connaisse pas en détail le dossier, il fait remarquer que ce litige a eu des répercussions économiques dans la région. Quand qu’on parle beaucoup d’entrepreneurs, c’est des gens locaux qui dépensent local. C’est les familles des employés locaux. On souhaite ça à personne de ne pas se faire payer, déclare-t-il.

M. Lévesque a tenté d’entrer en contact à plusieurs reprises avec Hive Blockchain Technologies, la compagnie de Vancouver qui veut acheter les centres de données, mais en vain.

Les entrepreneurs joints par Radio-Canada ont tous refusé de commenter publiquement l’affaire. Selon deux d’entre eux, des négociations seraient en cours avec TCM et pourraient permettre à certaines entreprises qui attendent toujours leur rémunération d’être payées d’ici la semaine prochaine.

Contactées à ce sujet, ni GPU One, ni TCM n’ont retourné les appels de Radio-Canada.

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