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Alexei Navalny aurait été transféré dans une nouvelle prison

Le transfert de l'opposant russe, annoncé par l'agence Tass, survient alors que 45 pays exhortent Moscou à le libérer dans une déclaration sans précédent au Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

Alexeï Navalny.

Alexeï Navalny au tribunal à Moscou, le 20 février 2021.

Photo : Reuters / BABUSHKINSKY DISTRICT COURT

Radio-Canada

L'opposant russe Alexeï Navalny aurait été transféré vendredi vers la colonie pénitentiaire, où il doit servir la peine de deux ans et demi de prison qu’il doit purger pour avoir violé les termes d’une précédente condamnation avec sursis.

Selon l’agence russe Tass, qui cite un responsable non identifié, l’homme de 44 ans a été transféré d’une prison de la région de Vladimir, où il était en quarantaine, vers la colonie pénitentiaire IK-2, dans la ville de Pokrov.

Plus tôt en matinée, les avocats de M. Navalny avaient utilisé son compte Twitter pour signaler que leur client avait été transféré vers un lieu inconnu.

De nombreux partisans de l’opposant ont dénoncé ce transfert sur les réseaux sociaux, en disant croire qu’il s’agissait d’une tactique du régime pour empêcher ses avocats et ses proches d’entrer en contact avec lui.

Sur Twitter, leurs messages s’accompagnaient du mot-clic #OuEstNavalny.

Alexeï Navalny est revenu en Russie en janvier, au terme d'une convalescence en Allemagne, après un empoisonnement dont il tient le président russe Vladimir Poutine pour responsable.

Selon trois laboratoires européens, il a été empoisonné avec un agent neurotoxique de type Novitchok, conçu à l'époque soviétique.

Il a été arrêté dès son arrivée, puis accusé et condamné. Il fait désormais face à sa première longue peine de prison en près d'une décennie de démêlés avec les autorités russes.

Moscou blâmé devant le Conseil des droits de l'homme

Plus tôt en matinée, 45 pays, dont les États-Unis, le Canada, l'Australie, le Japon et plusieurs pays européens, ont exhorté la Russie à libérer M. Navalny devant le Conseil des droits de l'homme de l’ONU, à Genève.

Dans cette déclaration conjointe – sans précédent contre Moscou –, ils dénoncent la situation des droits de l'homme et des libertés fondamentales qui se détériore en Russie et qui se manifeste tout particulièrement par la détention illégale, l'arrestation et l'emprisonnement de M. Alexeï Navalny.

Ils appellent à sa libération immédiate et inconditionnelle, tout comme celle de tous ceux détenus illégalement et arbitrairement.

Les signataires du texte regrettent que l'empoisonnement de M. Navalny ne fasse pas l'objet d'une véritable enquête et jugent que les actions des autorités et de la justice russes sont inacceptables et politiquement motivées.

Elles vont à l'encontre des obligations internationales de la Russie en matière de respect des droits de l'homme, y compris le droit à la liberté et la sécurité de la personne et le droit à un procès équitable, a accusé l'ambassadeur de Pologne à Genève, Zbigniew Czech, qui s’est exprimé au nom du groupe.

Nous sommes particulièrement inquiets de certains amendements législatifs récents et des changements constitutionnels qui restreignent un peu plus les droits et les libertés, a-t-il ajouté.

Les pays signataires, a-t-il dit, sont également préoccupés par le grand nombre d'arrestations arbitraires de manifestants qui ont exprimé leur soutien à M. Navalny dans de nombreuses villes russes.

L'ensemble des événements en lien avec l'arrestation et l'emprisonnement de M. Navalny, ainsi qu'à la répression de ses alliés et de ses partisans, est une preuve tangible du rétrécissement de l'espace de la société civile [en Russie]

Une citation de :Déclaration lue par l'ambassadeur polonais au Conseil des droits de l'homme

De telles actions, a-t-il poursuivi, sont des instruments de l'État pour attaquer les médias indépendants et la société civile, et pour faire les taire les voix dissidentes.

Cette déclaration est aussi historique que la répression en Russie, a commenté John Fisher, qui dirige l'ONG Human Rights Watch à Genève.

Les autorités russes ont incarcéré la figure de proue de l'opposition et adopté une série de nouvelles lois répressives visant à diaboliser et à pénaliser les voix critiques, a-t-il déclaré, en appelant le Conseil des droits de l'homme à agir pour mettre fin à la répression dans le pays.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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