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Un an de pandémie en cartes et en graphiques

Le 11 mars 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclarait le coronavirus pandémie mondiale. Depuis, il s’est propagé comme une traînée de poudre. Un an plus tard, voici où nous en sommes.

Des chandelles sur un escalier enneigé.

Un mémorial à la mémoire des victimes de la COVID-19, à Berlin, en Allemagne

Photo : Reuters / CHRISTIAN MANG

Quelque 120 millions de personnes ont jusqu'ici été infectées par la COVID-19. C'est d'abord la Chine qui a été touchée au début de 2020, suivie de l’Europe, particulièrement l’Italie et l’Espagne. Les Amériques ont suivi.

La deuxième vague de la pandémie, qui a déferlé entre l'automne 2020 et le début de 2021, a été significativement plus importante que la première.

L'Europe et les Amériques ont alors été les plus touchées.

Partout dans le monde, le nombre de cas est à la baisse depuis quelques semaines, à l'exception de l'Amérique du Sud, où les nouveaux cas continuent d'augmenter rapidement, notamment à cause d'une explosion d'infections au Brésil.

En Europe, la courbe a aussi commencé à remonter, en raison d'une recrudescence de nouveaux cas, notamment en France, en Italie et en Pologne.

Les États-Unis, l’Inde, le Brésil et la Russie comptent le plus grand nombre cumulé de cas. Lorsqu’on compare les taux d’infection par 100 000 habitants, Israël, la Slovénie, la République tchèque et les États-Unis figurent parmi les 10 pays avec le plus de cas par 100 000 habitants.

L'Australie et la Corée du Sud ont été parmi les pays qui ont imposé les mesures les plus sévères; le nombre de cas y est resté très bas.

Si le nombre de cas à l'échelle mondiale diminue, l'émergence de variants fait craindre une troisième vague au printemps.

En date du 12 mars, le variant B.1.1.7 (originaire du Royaume-Uni) a été détecté dans 11 pays; le variant P.1 (originaire du Brésil), dans 32 pays; et le variant B.1.351 (originaire de l’Afrique du Sud), dans 58 pays.

Au Canada, plus de 3000 cas ont été associés à ces variants.

2020, une année bien plus mortelle que la moyenne

Une plage remplie de croix en bois.

Un mémorial pour les victimes de la COVID-19 à Rio de Janeiro, au Brésil

Photo : Reuters / Pilar Olivares

Selon les plus récentes données de l'Université Johns Hopkins, plus de 2,6 millions de personnes sont mortes de la COVID-19 depuis le début de la pandémie.

En comparaison, selon l'OMS, l'influenza tue entre 290 000 et 650 000 personnes par année.

Le taux de mortalité de la COVID-19 serait un peu moins élevé que lors des épidémies du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS). Mais puisque ce coronavirus est beaucoup plus contagieux, le nombre élevé d’infections a mené à un nombre total de décès très élevé.

Les États-Unis ont, de loin, enregistré le plus grand nombre de décès, soit plus de 530 000.

Suivent ensuite le Brésil, avec 273 000 décès, et le Mexique, avec plus de 194 000 décès.

Néanmoins, la République tchèque, la Belgique, la Slovénie et le Royaume-Uni font partie des pays du monde où l'on trouve le plus de décès par 100 000 habitants. En fait, leur taux de mortalité est de trois à quatre fois plus élevé qu'au Canada.

Toutefois, plusieurs experts disent que le nombre de morts et d’infections est probablement largement sous-estimé.

Par exemple, le nombre de cas total demeure relativement bas en Afrique. Plusieurs théories sont actuellement explorées pour l'expliquer : manque de données, peu de tests de dépistage, population plus jeune (et donc moins à risque), etc.

En ce qui a trait aux décès, le meilleur indicateur pour observer à quel point la COVID-19 a été mortelle en 2020 est la surmortalité.

La surmortalité est calculée en comparant le nombre de morts excédentaires en 2020 par rapport aux années précédentes. Puisque le nombre de morts est relativement stable d'année en année, il est possible de revenir en arrière et de calculer le nombre de décès qui, normalement, n'auraient pas eu lieu.

Ariel Karlinsky, du Kohelet Economic Forum, en Israël, et son collègue Dimitry Kobak, de l’Université Tübingen, en Allemagne, ont comptabilisé les données sur la surmortalité (Nouvelle fenêtre) dans 84 pays, ce qui en fait l’une des bases de données les plus complètes en ce moment.

Selon leurs calculs, le nombre de décès causés par la COVID-19 partout dans le monde serait 1,6 fois plus élevé. Ainsi, le nombre total de morts dépasserait les 4 millions.

Ariel Karlinsky explique qu’il a commencé à colliger cette information en voyant circuler de la désinformation concernant les statistiques liées à la pandémie. Ici, en Israël, il y avait des gens qui disaient que les chiffres étaient gonflés, qu’on attribuait tous les décès à la COVID-19. Ça générait beaucoup d’hystérie, soutient-il.

Lui-même, au début de la pandémie, se demandait si les restrictions ne mèneraient pas à plus de décès indirects. J’étais très inquiet qu’en fermant l’économie au complet, les décès augmenteraient significativement; que le remède était pire que le virus, dit-il. Toutefois, les données sur la surmortalité l’ont rapidement convaincu que ce n’était pas le cas.

Dans plusieurs pays, le nombre de décès en 2020 était de 5, 10, 15, voire jusqu'à 40 % plus élevé que les années précédentes.

Bien sûr, tous les décès excédentaires ne peuvent pas être directement attribuables à la COVID-19, mais Ariel Karlinsky précise que les données sur la surmortalité montrent de toute évidence un lien entre la hausse du nombre de morts en 2020 et la pandémie.

Il n’y a aucune indication que les chiffres [concernant les décès] ont été gonflés. Aucune, dit-il.

Les données montrent que les pays comme l’Australie, l’Uruguay et la Nouvelle-Zélande, qui ont eu très peu de cas et de décès liés à la COVID-19, ont en fait vu le nombre de morts diminuer en 2020, et ce, malgré des confinements sévères. Les mesures strictes ont notamment aidé à réduire de manière draconienne le nombre de cas d’influenza, qui causent normalement de nombreux décès chaque année.

M. Karlinksy a noté seulement deux cas où une hausse significative des décès en 2020 n’était probablement pas associée à la COVID-19.

Par exemple, une hausse inhabituelle du nombre de décès en Belgique en août est plutôt le résultat d'une vague de chaleur mortelle. Le nombre de cas de COVID était très bas à ce moment-là en Belgique. Aussi, en Arménie et en Azerbaïdjan, l'augmentation des décès en 2020 a été causée en partie par la mort de quelques milliers de personnes dans la guerre du Haut-Karabakh

Les données sur la surmortalité montrent par ailleurs que certains pays, notamment la Russie, n’ont peut-être pas dévoilé l’ampleur des décès causés par la pandémie. La Russie dit qu’elle a 100 000 morts à cause de la COVID-19, mais les données de la surmortalité parlent plutôt de 500 000 morts de plus en 2020. [...] Cela démontre qu’il y a probablement eu de manipulation politique des chiffres pour minimiser la situation

Enfin, les données de l’Afrique et de l’Asie sont malheureusement quasi inexistantes. Or, certaines données régionales obtenues par MM. Karlinsky et Kobak, comme celles provenant d’Istanbul et de Jakarta, montrent des signes inquiétants de surmortalité importante en 2020.

Leurs constats rejoignent ceux d'une étude publiée dans le British Medical Journal  (Nouvelle fenêtre)en février 2021 qui affirme que les répercussions de la COVID-19 en Afrique ont été vastement sous-estimes en raison de données inexistantes.

Quelques chiffres sur le Canada

Après un an de pandémie, plus de 900 000 Canadiens ont été infectés, et plus de 22 000 en sont décédés.

Le Québec a de loin le taux de mortalité le plus élevé au Canada, avec 123 décès par 100 000 personnes. Le Manitoba suit, avec 66 décès par 100 000 habitants. Toutes les autres provinces ont moins de 50 décès par 100 000 habitants. 

Si l’Ontario compte le plus de cas total (315 000), le Québec, avec ses quelque 297 000 cas, a tout de même un taux d’infection beaucoup plus élevé que le reste du pays.

Tout comme ailleurs dans le monde, la deuxième vague qui a frappé au début de 2021 a été beaucoup plus importante au Canada.

Entre mars et la fin juin, environ 104 000 Canadiens ont été infectés, et 8590 sont décédés. Du 1er novembre au 12 mars, plus de 663 000 Canadiens ont contracté la COVID-19, et plus de 12 000 en sont morts.

Au plus fort de la deuxième vague, 4879 Canadiens étaient hospitalisés (le 12 janvier 2021).

Évolution de la COVID-19 au Canada

Des symptômes qui persistent

Selon des données préliminaires provenant du Royaume-Uni (Nouvelle fenêtre), 1 personne infectée sur 5 présentait des symptômes pendant au moins 5 semaines. Une personne sur 10 avait encore des symptômes plus de 12 semaines après son infection. 

Ainsi, des millions de personnes risquent de subir les contrecoups de la COVID-19 pendant de nombreux mois. 

Plusieurs personnes infectées par le SRAS en 2003 avaient elles aussi subi des effets à long terme. Une étude estime (Nouvelle fenêtre) que 40 % de ces personnes avaient des symptômes de fatigue près de quatre ans après leur infection.

Découvrez-vous comment fonctionnent les vaccins contre le SRAS-CoV-2.

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