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Demandeurs d'asile : l'opposition réclame plus d'« humanité » du gouvernement Legault

Critiquée pour sa lenteur à régulariser ceux qu'on appelle aussi les « anges gardiens », la ministre de l'Immigration du Québec promet des « mesures d'assouplissement ».

Une manifestation avec des pancartes brandies en soutien aux demandeurs d'asile.

Au cours des derniers mois, plusieurs manifestations ont été organisées pour réclamer une régularisation des demandeurs d'asile qui ont travaillé durant la pandémie, notamment dans le système de santé.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

« C'est inhumain et insultant », clame la députée libérale Christine St-Pierre.

Cette dernière fait référence au petit nombre de dossiers traités, pour le moment, visant des demandeurs d'asile québécois, dans le cadre du programme de régularisation. Celui-ci a été lancé à la mi-décembre et vise uniquement les personnes ayant travaillé dans le milieu de la santé au printemps dernier.

Comme l'a révélé plus tôt Radio-Canada, seulement trois dossiers ont été finalisés, sur plus de 700 demandes. Dans le reste du Canada, près d'un demi-millier de dossiers ont été réglés.

L'opposition dénonce les exigences, plus importantes, réclamées par le gouvernement du Québec, contrairement au palier fédéral, qui est responsable des dossiers provenant des autres provinces.

« C’est absolument épouvantable de faire vivre cette situation à ces personnes qui ont vraiment prêté main-forte durant cette pandémie. La ministre Girault manque totalement de leadership. »

— Une citation de  Christine St-Pierre, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'immigration

Québec exige par exemple une lettre originale signée, de la part des employeurs, avec une description des tâches. Or, selon des demandeurs d'asile interrogés par Radio-Canada, il est difficile d'obtenir ces documents, notamment en raison de la crise sanitaire et du télétravail pour les employés des ressources humaines des établissements de santé.

Ils ne font rien pour faciliter la vie de personnes qui ont vraiment contribué et risqué leur vie pour travailler, aller au front, éteindre le feu de la COVID. Je ne comprends pas comment on peut avoir si peu de cœur, juge Christine St-Pierre.

Ce gouvernement met des embûches à toutes ces personnes qui ont risqué leur vie, déplore de son côté Andrés Fontecilla, député de Québec solidaire (QS), qui se dit consterné.

« Ce genre de situation montre que ce gouvernement a un préjugé envers les immigrants et leur rend la vie très difficile. Ça ne fait pas honneur à la tradition d'accueil et de gratitude du Québec. »

— Une citation de  Andrés Fontecilla, porte-parole de QS en matière d'immigration

On se croirait dans la maison des fous d'Astérix, soutient quant à elle Méganne Perry Mélançon, porte-parole en immigration pour le Parti québécois. La ministre doit mettre fin au blocage.

Une situation hypocrite, selon le NPD

L'élu de QS réclame un assouplissement des mesures. Le gouvernement doit arrêter d'être si pointilleux et accélérer la procédure, la rendre plus fluide, plus facile, lance M. Fontecilla.

Ce dossier trouve aussi écho sur la scène fédérale. Aux yeux du Nouveau Parti démocratique (NPD), Québec doit faire preuve d'un peu d'humanité et de compassion.

« C'est franchement hypocrite de demander à ces gens de faire autant de sacrifices pour soigner nos proches dans des conditions de travail extrêmement difficiles, si on n'est pas réellement prêt à les aider à régulariser leur statut. »

— Une citation de  Alexandre Boulerice, député du NPD

Ces travailleurs ont fait preuve d'un courage exemplaire, on leur doit bien ça, souligne Alexandre Boulerice. Autrement, ce serait d'abuser de la bonté et du courage de ces gens et de faire preuve d'un égoïsme sans nom.

À l'instar du NPD et de nombreux organismes, Québec solidaire fait également partie d'une coalition réclamant un élargissement des critères d'accès à ce programme.

Notre position est très claire : tous ceux qui ont risqué leur vie pour faire fonctionner la société devraient recevoir un geste de gratitude du gouvernement du Québec, précise Andrés Fontecilla, en évoquant, notamment, les agents de sécurité, les préposés à l'entretien ménager ou les travailleurs des services essentiels, dans les épiceries par exemple.

Cette proposition, soutenue en partie par le gouvernement de Justin Trudeau, a cependant déjà été repoussée par Québec.

Un assouplissement promis par Québec

Appelé à réagir, le cabinet de la ministre provinciale de l'Immigration, Nadine Girault, évoque des mesures d’assouplissement.

Le personnel est sensible au contexte de la pandémie, indique Flore Bouchon, porte-parole de la ministre.

Ainsi, des copies des documents originaux sont acceptées et les personnes n’ayant pas en main les pièces exigées peuvent présenter un document de substitution accompagné d’une explication, précise-t-elle.

« Le nombre de dossiers traités et de CSQ délivrés est en évolution continue, ce qui démontre le succès du programme spécial. »

— Une citation de  Flore Bouchon, porte-parole de la ministre Nadine Girault

Pour se prévaloir du programme, certains documents sont exigés, c’est normal, ajoute-t-elle, tout en soulignant qu'à ce jour, le ministère de l’Immigration n’a reçu aucune plainte de la part des organismes ni des personnes concernées au sujet du programme spécial.

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