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Doug Ford doit-il rebâtir les ponts avec sa base électorale?

Doug Ford parle aux journalistes à un micro. John Tory est derrière lui.

Le premier ministre ontarien, Doug Ford, et le maire de Toronto, John Tory, visitent un centre de vaccination. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Radio-Canada

La pandémie a-t-elle effrité la relation historique et naturelle qui existait entre les progressistes-conservateurs et les petits entrepreneurs en Ontario? Après un an de crise sanitaire, les électeurs qui ont donné la victoire à Doug Ford en 2018 sont-ils toujours au rendez-vous? Entre frustrations et satisfaction, coup d'œil sur les sentiments ressentis au sein de la base électorale du premier ministre ontarien.

Dans le quartier torontois d'Etobicoke, communément appelé la Ford Nation, il n'y aucun doute dans l'esprit de nombreux électeurs : Doug Ford s'est montré à la hauteur de la situation lorsque la COVID-19 est arrivée en Ontario.

Malgré les hauts et les bas de la dernière année et la fatigue des règles sanitaires, les électeurs rencontrés près du bureau de circonscription de Doug Ford se rangent encore et toujours derrière leur premier ministre. Je crois qu'il fait de son mieux. Ce n'est pas un travail facile, je ne voudrais pas être à sa place, lance Ken Abbott. Il fait un travail remarquable, il a protégé la santé des gens, affirme pour sa part Victoria Vipayo. Nul doute, les électeurs sont plus que satisfaits par la performance de leur premier ministre.

Si les appuis semblent encore solides en banlieue ouest, là où la famille Ford a des racines profondes, c'est surtout auprès des entrepreneurs que la cote de popularité du premier ministre semble avoir fondu.

C'est sûr qu'il y a une grogne. Beaucoup d'entrepreneurs sont dégoûtés. Ils ont l'impression qu'ils ont fait des efforts alors que d'autres types d'entreprises ne se sont pas fait demander la même chose, souligne le vice-président aux affaires nationales à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), Jasmin Guénette.

Le vice-président aux affaires nationales de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, Jasmin Guénette.

Les entrepreneurs ontariens ne digèrent pas les politiques des derniers mois, selon le vice-président aux affaires nationales de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, Jasmin Guénette.

Photo : Radio-Canada

Selon ses données internes, la FCEI estime qu'environ 75 000 petites et moyennes entreprises ontariennes se sont retrouvées en difficultés financières depuis les 12 derniers mois. La situation serait particulièrement critique dans la région de Toronto, où certains commerces non essentiels ont dû fermer leurs portes pendant 105 jours consécutifs cet hiver. Le gouvernement a joué de prudence, alors que d'autres provinces optaient pour une approche beaucoup plus permissive avec la relance de l'économie.

Avec le recul, la FCEI considère que la fermeture complète des commerces non essentiels aurait pu être évitée.

Les entrepreneurs sont fâchés, les entrepreneurs se sentent comme de la chair à canon.

Une citation de :Jasmin Guénette, Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI)

Avant d'être politicien, Doug Ford est avant tout un homme d'affaires. Il s'est donné la mission d'éliminer un maximum de barrières bureaucratiques afin de rendre la vie plus simple aux entrepreneurs.

Depuis qu'il a été élu, Doug Ford a d'ailleurs créé un portefeuille ministériel consacré à la réduction des formalités administratives. Il avait aussi voulu frapper l'imaginaire en installant de grands panneaux avec le slogan ouvert aux affaires aux frontières terrestres pour signaler les intentions de son gouvernement. Or, en pleine crise, la prépondérance donnée à l'économie a disparu au sein de l'équipe Ford.

C'était leur allié et leur allié ne les a pas aidés.

Une citation de :Geneviève Tellier, politologue

En fait, [les entrepreneurs] jugent qu'il n'a pas placé l'économie au cœur des priorités, souligne la politologue à l'Université d'Ottawa, Geneviève Tellier. Un choix qui s'est révélé payant, selon elle, puisque les provinces qui ont été les moins restrictives envers leurs commerçants sont maintenant les provinces dirigées par les premiers ministres les plus impopulaires au pays. Geneviève Tellier donne l'exemple de l'Alberta avec Jason Kenney et du Manitoba avec Brian Pallister.

Une femme prend des notes en consultant le document budgétaire.

La politologue Geneviève Tellier.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Quant à savoir si la colère des entrepreneurs se sera dissipée d'ici les prochaines élections provinciales en juin 2022, Jasmin Guénette refuse de se prêter au jeu des prédictions. Il sait cependant que des ponts devront être rebâtis entre le gouvernement conservateur et les PME : Les entrepreneurs sont épuisés. Il y en a plein qui se démènent et qui se démènent depuis le début de la pandémie pour trouver des solutions juste pour rester en vie.

Avec les élections qui approchent rapidement, Geneviève Tellier semble plus convaincue qu'il y aura une vendetta des petits commerçants lors du scrutin. Ceux qui ont été directement affectés et qui subissent ces effets-là, c'est sûr qu'ils vont y penser parce que ça touche nos vies personnelles. Si on n'a plus de commerce, on va y penser et on va soit punir un gouvernement, soit choisir un autre gouvernement qui, on pense, va mieux faire le travail.

Doug Ford au lendemain de sa victoire

Doug Ford au lendemain de sa victoire, en 2018.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Doug Ford continue de jouir d'une popularité impressionnante. Selon la firme Angus Reid, le taux d'approbation du premier ministre ontarien a chuté depuis mai 2020, mais il conserve tout de même 50% d'appui. Un score bien plus élevé qu'avant la pandémie, alors qu'il était au plus bas dans les sondages.

Méthodologie :

L’Institut Angus Reid a mené un sondage en ligne pour son propre compte du 26 février au 3 mars 2020 auprès de 5004 Canadiens membres du Forum Angus Reid. Il est impossible de calculer une marge d'erreur sur un échantillon non probabiliste comme celui-ci.

Avec les informations de Julie-Anne Lamoureux.

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