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Cancer du sein : les retardateurs de flamme bromés posent des risques

Un rayon de soleil traverse des volets en bois, illuminant la poussière à l'intérieur d'une pièce sombre.

Les molécules se retrouvent dans la poussière de maison, dans l'air et même dans la nourriture.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les retardateurs de flamme bromés (RFB) entraînent un développement précoce des glandes mammaires, associé à un risque plus élevé de cancer du sein, préviennent des chercheurs québécois de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS).

Les molécules de RBF se retrouvent dans les meubles, les appareils électroniques et les articles de cuisine pour ralentir la propagation des flammes en cas de feu.

Certains retardateurs de flamme sont considérés comme des perturbateurs endocriniens, c'est-à-dire qu'ils interfèrent avec le système hormonal. N'étant pas directement liées au matériau dans lequel elles sont ajoutées, leurs molécules s'en échappent facilement. Elles se retrouvent ensuite dans la poussière de maison, l'air et la nourriture, affirment la Pre Isabelle Plante et ses collègues dans un communiqué.

Selon eux, cette exposition peut entraîner des problèmes pour les glandes mammaires, dont le développement est hautement régulé par les hormones.

Les RFB posent un risque important, particulièrement durant les périodes de sensibilité, soit de la vie intra-utérine à la puberté et pendant la grossesse, souligne la Pre Plante.

Il faut savoir que les perturbateurs endocriniens peuvent imiter les hormones et engendrer une réponse inappropriée des cellules.

Dans leur étude, les chercheurs ont exposé, avant l'accouplement, pendant la gestation et durant l'allaitement, des rates à un mélange de RFB semblable à ce qui se trouve dans la poussière de maisons. L’équipe québécoise a ainsi pu observer ses effets sur les mères et leur progéniture, et ce, lors de deux stades de développement.

L’équipe québécoise a observé un développement précoce des glandes mammaires chez les rats prépubères. Pour les rats pubères, les résultats, publiés en 2019, montraient une dérégulation de la communication entre les cellules. Des conséquences semblables ont été observées chez les génitrices dans une étude de 2017. Tous ces effets sont associés à des risques accrus de cancer du sein, notent les chercheurs dans les présents travaux publiés dans la revue Toxicological Sciences (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Une confirmation

La Pre Plante explique que des pics d'exposition aux RFB ont été constatés chez les humains au début des années 2000. Les jeunes femmes exposées aux RFB in utero et pendant l'allaitement sont maintenant au début de leur fertilité. Leurs mères sont, quant à elles, dans la cinquantaine, une période plus à risque pour le cancer du sein, remarque la Pre Plante.

Pour cette raison, les chercheurs étudient actuellement le lien entre les perturbateurs endocriniens et une prédisposition au cancer du sein.

Revoir la législation

Dans trois études, la plupart des effets étaient observés alors que les sujets étaient exposés à la dose la plus faible de RFB, celle de la poussière, et non aux doses plus élevées.

Selon la Pre Plante, cette constatation remet en question la législation actuelle pour les perturbateurs endocriniens.

Pour évaluer quelle quantité est sécuritaire, les experts exposent les rongeurs à une dose croissante puis, quand ils observent un effet, l'identifient comme la dose maximale. Or, avec les perturbateurs endocriniens, ce sont les doses plus faibles qui auraient des conséquences à long terme, estime la Pre Plante.

Ce constat viendrait du fait que l'exposition à des doses élevées entraînerait une réponse toxique auprès des cellules, alors que celle à des doses plus faibles, semblables à la concentration d'hormones dans notre corps, entraînerait des conséquences sur le plan de la dérégulation du système hormonal, concluent les chercheurs.

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