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Québec facilite le processus de création de places en CPE

Des enfants s'amusent avec des jouets en mousse.

Le ministre de la Famille annonce une optimisation du processus afin d’accélérer la création de nouvelles places en CPE.

Photo : iStock

Radio-Canada

Après avoir avoué que des problèmes bureaucratiques empêchaient le développement du réseau des centres de la petite enfance (CPE), le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, annonce vendredi une « optimisation » du processus afin d’accélérer la création de nouvelles places dans les garderies subventionnées du Québec.

Québec fait passer de 17 à 9 les étapes à franchir pour pouvoir ouvrir un CPE ou ajouter des places dans un établissement existant.

Selon le ministre de la Famille, ces changements devraient permettre aux promoteurs motivés d’ouvrir leur CPE deux ans après le début de leurs premières procédures, soit en moyenne un an plus tôt qu'auparavant.

M. Lacombe estime que 5000 à 7000 nouvelles places devraient ainsi s'ajouter dans les CPE québécois d'ici à mars 2022. En comparaison, 2500 places ont été créées depuis l'arrivée au pouvoir de la CAQ en 2018.

Par ailleurs, le ministre, qui avait dit en février 2019 vouloir créer 13 500 places en garderie dans les deux prochaines années, affirme maintenant que ce chiffre est hypothétique, même s'il assure que les choses bougent rapidement.

On verra à la fin du mandat, mais on ne sera pas gênés.

Une citation de :Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe

Le ministre insiste d'ailleurs sur le fait que les promoteurs ont leur part de responsabilité dans la bonne marche de leur dossier. Ce sera aux gens sur le terrain à prendre le ballon qu’on leur donne et à partir à courir avec, commente-t-il.

La liste d’attente pour obtenir une place dans un CPE compte actuellement plus de 50 000 enfants.

Des assouplissements financiers

Le ministère veut également aider les promoteurs du point de vue financier.

Une avance de fonds de 50 000 $ sera ainsi versée au CPE qui en fait la demande pour lui permettre d’assumer les dépenses initiales et de déposer ainsi rapidement une étude de faisabilité, les plans et les budgets estimatifs de leur projet.

Par ailleurs, la mise de fonds obligatoire qui était exigée pour la mise en branle d’un projet sera à partir de maintenant ajustée en fonction de la capacité financière du CPE, plutôt que calculée sur des critères basés sur des clientèles ou territoires.

La mise sous contrats des travaux de construction sera également facilitée. Lorsque le montant de ces travaux sera de moins de 25 000 $, le CPE pourra négocier un contrat de gré à gré avec les entrepreneurs en construction qu’il aura choisis.

Quant aux contrats estimés entre 25 000 $ et 105 700 $, ils pourront être accordés après des appels d’offres sur invitation, comme tous les autres organismes publics ont le droit de le faire.

Les travaux de plus des 105 700 $ devront pour leur part faire l’objet d’un appel d’offres public.

Le ministre dit savoir que les nouvelles mesures mises en place peuvent être considérées comme très techniques pour le commun des mortels, mais il croit que chez les promoteurs elles vont probablement initier une petite gigue de la victoire.

Mais ces assouplissements ne sont que le début, souligne M. Lacombe, qui annonce pour l'automne un projet de loi visant à modifier la façon dont on planifie, on réfléchit le réseau, pour en faciliter encore plus le développement.

Il dit aussi que son ministère travaille sur la création d’un plan fonctionnel et technique type pour les CPE, qui leur imposera des normes de conformité sur le plan de la construction. Cela facilitera le travail des architectes et l'élaboration du budget alloué à ces travaux, explique-t-il.

Il faut une entente qui va nous dire : ''voici ce que ça prend dans un CPE''. [...] Il faut qu’on arrête de s’obstiner sur le nombre de toilettes que doit compter chaque CPE, dit-il.

Le ministre de la Famille est persuadé qu'il faut aller de l'avant avec la création de nouvelles places en garderie, malgré le manque d'éducatrices.

Sa priorité va tout de même à régler le problème de main-d'oeuvre dans les garderies, jure-t-il, annonçant dans quelques semaines un plan pour y parvenir.

Une promesse électorale, rappelle l’opposition

L'incapacité du ministre de tenir les promesses de son gouvernement, ce sont les familles du Québec, ce sont les femmes qui en payent le prix, a dit d'entrée de jeu la porte-parole péquiste, la députée Véronique Hivon, qualifiant la situation de vraie crise.

La députée péquiste Véronique Hivon.

La députée péquiste Véronique Hivon.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

En campagne électorale, alors qu’il était dans l’opposition, François Legault avait promis de créer 50 000 places en garderie, grâce à la création des maternelles 4 ans, éliminant ainsi la liste d’attente. Deux ans et demi plus tard, cette liste s’est allongée d’environ 10 000 noms.

La principale contrainte au développement de places, elle s'appelle Mathieu Lacombe, a de son côté lancé le porte-parole du dossier pour l'opposition libérale, le député Marc Tanguay, en point de presse. Le gouvernement caquiste a, selon lui, un bilan désastreux en la matière.

Quant à la députée solidaire Christine Labrie, l'important est de savoir si, au terme du mandat de quatre ans du gouvernement caquiste, il y aura davantage de places disponibles ou s'il va y en avoir moins qu'au moment de son élection.

La pénurie d’éducatrices et les garderies non subventionnées ignorées

L'Association québécoise des centres de la petite enfance, le Conseil québécois des services éducatifs à la petite enfance et la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) accueillent favorablement ces changements, mais cette dernière émet un bémol : la pénurie d’intervenantes à la petite enfance.

Pendant qu'il y a des installations qui peinent à ouvrir leurs portes, car elles sont incapables de recruter des éducatrices à la petite enfance, je suis extrêmement désolée d'entendre le ministre de la Famille annoncer aujourd'hui des mesures qui n'adressent en rien la pénurie d'intervenantes sur le terrain, a déclaré par communiqué la présidente de la FIPEQ-CSQ, Valérie Grenon.

Les services éducatifs régis et subventionnés ne sont pas que des bâtisses, des coquilles vides. Il faut compléter le plan en investissant dans les personnes qui vont y travailler [...].

Une citation de :Valérie Grenon, présidente de la FIPEQ-CSQ

De son côté, la Coalition des garderies privées non subventionnées du Québec se dit déçue par les propositions annoncées par le ministre de la Famille.

Ces propositions ignorent les places existantes dans les garderies non subventionnées (GNS), lesquelles pourraient être rapidement converties en places subventionnées partout au Québec, dans un réseau qui ne nécessite pas d'investissement public.

Avec les informations de La Presse canadienne

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