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Transport interurbain : un service déployé par la REGIM serait difficilement viable

Logo de Keolis en gros plan sur un autocar.

Un autocar de Keolis (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Radio-Canada

La solution pensée par la Régie intermunicipale de transport Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (REGIM), advenant l'arrêt des services par Keolis Canada, pourrait occasionner des centaines de milliers de dollars de déficit. C'est notamment ce qui ressort d'une rencontre citoyenne virtuelle tenue jeudi soir sur Zoom et Facebook.

La séance portait sur l’avenir du transport interrégional en Gaspésie et sur la possibilité du retrait des services d’Orléans Express à l’est de Rimouski dès le 31 mars. Une soixantaine de personnes, des élus, mais également des citoyens, y ont participé.

Le président de la Régie intermunicipale de transport Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (REGIM), Daniel Côté, était au rendez-vous. Il a indiqué qu’un service d’autocar assuré par son organisation serait en mesure de surmonter de potentiels obstacles si Keolis Canada se retirait bel et bien. Or, les coûts qu'exigerait l’implantation d’un tel service, même de petite envergure, rendraient l’expérience non viable pour l’organisation gaspésienne.

« On aurait un déficit annuel qui serait dans les six chiffres, ce qui est insoutenable par notre petite organisation et pour notre milieu. »

— Une citation de  Daniel Côté, président de la Régie intermunicipale de transport Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

« Malgré tout, advenant un abandon de Keolis, on serait prêts, la REGIM, à déployer un plan B très rapidement dans les limites de nos compétences et de nos capacités techniques et financières », a-t-il expliqué. Plusieurs partenariats devraient toutefois être conclus pour assurer la durabilité d’un tel système, qui nécessiterait, selon lui, de gros sous investis de façon collective.

Le maire de Gaspé, Daniel Côté.

Le maire de Gaspé et président de la Régie intermunicipale de transport Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, Daniel Côté (archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

De son côté, la directrice générale de la REGIM, Marie-Andrée Pichette, a rappelé que l'option favorisée par l’organisation était toujours que Keolis maintienne ses services dans l'Est-du-Québec. Apporter une solution n’est pas si simple, mentionne-t-elle. Les véhicules qui sont capables d’offrir un service très pratique, de faire autant de millage sur la route, sont quand même assez rares.

Rappelons que Keolis Canada menaçait de mettre fin à ses services à l’est de Rimouski dès le 7 février en raison d’une perte de rentabilité attribuable à une importante baisse d’achalandage. Le transporteur s’était toutefois ravisé à la suite de l’octroi, par Québec, d’une aide supplémentaire de 10 millions $. Ce soutien financier prendra toutefois fin le 31  mars.

Incertitude et inquiétude au menu

La rencontre citoyenne sur le transport par autocar a duré deux heures jeudi soir et a permis à une quarantaine de personnes de la région de s'exprimer. Cette rencontre aura notamment permis, selon l’organisateur, Alexis Deschênes, de prendre « la mesure du poids de l’incertitude et du stress chez les usagers ». Ce dernier se dit d’ailleurs fort satisfait de la tenue de l’événement.

Alexis Deschênes.

Alexis Deschênes (archives)

Photo : courtoisie

On a fait œuvre utile. Ça a permis à plusieurs citoyens d’exprimer ce qu’ils vivent et à beaucoup d’élus de les entendre, note l'avocat gaspésien.

Nicole Landry fait partie des personnes qui ont pris la parole. La retraitée qui ne possède pas de voiture utilise les services d’autocar au moins deux fois par mois pour voyager entre Québec et Carleton, où elle compte s’établir de façon permanente l’an prochain. Je dois descendre en Gaspésie la semaine prochaine. Comment je vais faire, ensuite, pour remonter? s’inquiète la dame.

Quand on a parlé d’éliminer ou de diminuer le transport par autocar en Gaspésie, moi, j’ai trouvé que c’était cruel, que c’était frustrant, et que ça nuisait à la qualité [de vie] des Gaspésiens. J’en ai parlé autour de moi, et j’ai senti que ça créait beaucoup d’instabilité, d’insécurité et de nervosité, a renchéri Michelle Landry, une citoyenne de Maria.

La coordonnatrice du service des communications et des activités internationales du Cégep de la Gaspésie et des Îles, Isabelle Villechenon, a rappelé que plus du tiers des étudiants de l’établissement collégial proviennent de l’extérieur et qu’ils doivent voyager durant l’année scolaire.

« Pour eux [les étudiants], c’est le seul moyen de transport abordable. »

— Une citation de  Isabelle Villechenon, coordonnatrice du service des communications et des activités internationales du Cégep de la Gaspésie et des Îles

Mme Villechenon ajoute que l’incertitude contribue en quelque sorte à nuire à l’attractivité des campus régionaux. De ne pas savoir si on aura un transport […], c’est ce qui nous met dans une situation inconfortable actuellement, ajoute-t-elle.

Avec les informations de Marie-Jeanne Dubreuil

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