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Services aux Autochtones : des patrons lancent un appel à éliminer la discrimination

Des employés estiment toutefois qu'au-delà des mots, un processus de dénonciation est nécessaire.

Une tasse avant un écran en arrière-plan.

Le courriel de la haute direction a tout de même laissé certains employés perplexes.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Geneviève Normand

Des haut placés de la fonction publique fédérale ont demandé jeudi l’appui de chacun des employés des ministères au service des Autochtones pour éliminer « pour de bon » la discrimination et le racisme qui sévissent à l’interne.

Dans un courriel bilingue que Radio-Canada a obtenu, quatre personnes haut placées ont dit reconnaître que des situations inacceptables existent et sont encore trop fréquentes au sein des ministères des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord (MRCAAN) et des Services aux Autochtones (MSA).

Chacun de nous a la responsabilité de ne pas rester silencieux et complice lorsque témoin d’une situation inacceptable, écrivent les cosignataires Daniel Quan-Watson, sous-ministre au MRCAAN; Christiane Fox, sous-ministre au MSA; Paula Isaak, présidente de l’Agence canadienne de développement économique du Nord (CanNor) et sous-ministre déléguée au MRCAAN; ainsi que Valerie Gideon, sous-ministre déléguée au MSA.

Plus tôt cette semaine, une enquête de Radio-Canada mettait en lumière le racisme et la discrimination que disent subir des fonctionnaires autochtones au sein des ministères qui portent leur nom.

Nous savons qu’il y a énormément de travail à faire afin d’éliminer la discrimination et le racisme systémique au sein de nos ministères et de la fonction publique en général, écrivent les quatre patrons dans le mémo interne.

Nous nous attendons à ce que chacun d’entre vous, et surtout tout superviseur, gestionnaire et cadre, prenne le temps d’écouter, d’entendre, de considérer avec un esprit ouvert et d’appuyer toute personne qui vous approcherait pour dénoncer une situation potentielle de discrimination ou de racisme.

Une citation de :Extrait du courriel interne de la haute direction

Scepticisme chez des employés

Ce courriel de la haute direction semble toutefois laisser certains employés perplexes. Je suis sceptique. C’est encore de belles phrases. C'est des belles paroles. C’est des belles promesses, a réagi Jeremy (nom fictif), un Autochtone dont nous protégeons l’identité parce qu’il dit craindre des représailles.

Le fonctionnaire dit être resté sur sa faim en prenant connaissance du message.

Nous dire que c’est inacceptable qu’il y ait de la discrimination et du harcèlement au milieu de travail, c’est quelque chose qu’ils ont toujours dit. Mais ils ne prennent jamais de gestes concrets pour mettre en œuvre les belles phrases et les belles promesses qu’on nous fait. Arrêter de maltraiter les gens, c’est un discours qu’ils ont depuis des années, mais ça ne change pas le résultat.

Une citation de :Jeremy (nom fictif), fonctionnaire autochtone

Une autre source a de son côté réagi en comparant le mémo interne à un effet pansement (band-aid effect). On ne peut plus continuer comme ça, affirme-t-elle. Comme Jeremy, elle croit que la solution passe par un processus de dénonciation qui n’est pas relié à la gestion.

« Je n'ai jamais été témoin de racisme »

Dans le reportage publié mardi, des sources ont dénoncé un incident où une gestionnaire avait installé au mur une horloge comprenant l’inscription « Indian Time » (l’heure des Indiens).

Une nouvelle personne au fait de cette situation affirme pour sa part que l’horloge a été accrochée dans le bureau pendant 15 ans et qu’elle avait été offerte au ministère par l’équipe de négociation de la Première Nation Blood Tribe, en Alberta, en guise de reconnaissance du partenariat entre la communauté et le gouvernement fédéral.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres, a indiqué cette source qui, par ailleurs, affirme ne jamais avoir été témoin de racisme au sein du ministère des Affaires autochtones.

Radio-Canada a joint par téléphone celui qui était chef de la Première Nation Blood Tribe au moment où l’horloge aurait été offerte au ministère. Charles Weaselhead a dit ne pas se souvenir d’un tel cadeau.

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