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Il fait une rechute de leucémie en pleine pandémie

Loic Germaine est dans un fauteuil roulant, devant l'hôpital pour enfants de l'Alberta à Calgary.

Loic Germaine a eu une rechute de leucémie en pleine pandémie.

Photo : Isabelle Filion

Le fils aîné de la famille Germaine-Filion a connu une rechute de leucémie en pleine pandémie.

À voir Loic Germaine courir et sauter dans les flaques d’eau pendant le retour à la maison, rien ne laisse deviner les mois très durs qu’il vient d’endurer.

En plein confinement, en avril, sa mère a remarqué qu’il n’allait pas bien.

Il était de plus en plus fatigué, il n’avait pas d’énergie, il ne voulait rien faire. Il voulait juste s'asseoir sur le divan et regarder son iPad. Au début, je pensais qu’il faisait une petite dépression, qu’il s’ennuyait de ses amis et de ses activités, dit Isabelle Filion.

Mais, un jour, on est allés marcher dans le parc Nose Hill et on avait une petite côte à monter. Il pleurait, il n’arrivait pas à monter et il était fatigué, et là, on a commencé à être inquiets, raconte-t-elle.

[Un] soir, quand il se mettait en pyjama, on a vu qu’il avait un gros bleu sur le corps. Là, mon chum et moi, on s’est dit : O.K., il faut qu’on appelle l’équipe d’oncologie.

La famille Germaine Filion devant leur maison.

La famille Germaine Filion a connu une pandémie difficile parce que leur fils a fait une rechute de leucémie.

Photo : Radio-Canada / Jocelyn Boissonneault

La leucémie de Loic était de retour, même si la maladie était absente depuis plus de deux ans, ce qui réduisait normalement les risques de récidives.

« Ça reste toujours dans le subconscient. On pense toujours à tout ce qu’on a vécu et on espère vraiment ne pas revivre ça. »

— Une citation de  Isabelle Filion, mère de Loic

Quand la pandémie a commencé, tout le monde se disait : ça va bien aller; tout le monde est dans le même bateau; on va passer à travers. Mais quand tu te rends compte que Loic a la leucémie à nouveau, tu n’es plus dans le même bateau; ça ne va plus bien. Tu te sens vraiment toute seule sur ton île.

Les traitements de chimiothérapie à l’hôpital s'enchaînent alors, entrecoupés de séjours à la maison. Les mesures sanitaires restreignent l'accès à l'hôpital pour enfants de l’Alberta à Calgary, où Loic est soigné.

Un garçon assis dans un fauteuil roulant. Il porte un masque sur les yeux.

Loic Germaine porte son masque sur ses yeux. Il est assis dans un fauteuil roulant.

Photo : Isabelle Filion

La première fois, on avait des visiteurs qui venaient à l’hôpital, on avait différentes personnes qui pouvaient rester avec Loic à l’hôpital ou venir à la maison, mais ce coup-ci, c’était vraiment juste Jeff et moi qui passions beaucoup de temps soit à l’hôpital, soit à la maison. Donc ça a été pas mal difficile de ce côté-là, explique-t-elle.

Il y a aussi beaucoup moins d’activités disponibles à l’hôpital, même si les équipes font preuve de créativité en offrant des jeux et des activités virtuelles.

C’était beaucoup de temps seul dans la chambre et ça, c’était difficile, se souvient Isabelle Filion.

On avait besoin des masques chaque fois que j'allais à l'hôpital et je n'aimais pas ça, dit Loic. Ta face est chaude et c’est dur à respirer.

Cinq femmes se tiennent à l'extérieur d'un hôpital. On les voit à travers une fenêtre. Elles tiennent des affiches sur lesquelles sont écrits des mots d'encouragement.

Des amis et des membres de la famille sont venus visiter le jeune Loic à l'hôpital.

Photo : Isabelle Filion

À cause des restrictions, un seul parent peut rester au chevet de Loic, qui s'ennuie particulièrement de son petit frère Zack.

Loic Germaine et son frère Zack sont assis sur un sofa.

Loic Germaine et son frère Zack

Photo : Isabelle Filion

Des fois, je demandais à Loic : "qu’est-ce que je peux faire pour toi? Qu’est-ce que tu veux vraiment?" Et sa réponse était toujours : "je veux voir Zack". Mais Zack, il ne pouvait pas venir à l’hôpital. C’était la même chose pour Zack. On lui demandait : "qu’est-ce que tu veux faire aujourd’hui?", puis sa réponse, c’était : "je veux voir Loic".

Du soutien… même à 2 mètres de distance

À travers tout cela, ce qui aide la famille, c’est l’aide qu’elle reçoit de la communauté.

Les deux frères Germaine en compagnie de leur père et d'un homme habillé en costume de Batman devant une voiture transformée en Batmobile.

La famille a reçu plusieurs attentions de la communauté pendant les traitements contre la leucémie.

Photo : Isabelle Filion

Tous les deux jours, des gens venaient nous apporter des repas; les gens allaient faire des courses et à l’épicerie, explique Isabelle Filion.

Un garçon porte un chandail de hockey signé par le joueur de Theoren Fleury.

Loic Germaine porte un chandail de hockey signé par Theoren Fleury.

Photo : Isabelle Filion

On a une super communauté autour de nous et les gens ont organisé plein de choses spéciales pour nous. Les pompiers sont venus nous rendre visite un samedi et c’était pas juste un camion, c’étaient trois camions. Les enfants ont pu jouer avec les lances d’eau.

Un garçon tient un tuyau de pompiers duquel sort de l'eau. Il est entouré de pompiers.

Des pompiers ont rendu visite à la famille.

Photo : Isabelle Filion

« Les voisins, les amis, la famille... avec la COVID, les gens ont vraiment fait tout ce qu’ils pouvaient faire pour nous supporter. »

— Une citation de  Isabelle Filion, mère de Loic
Des pompiers portent des masques en compagnie de la famille Germaine-Filion, devant un camion rouge.

Des pompiers de Calgary sont venus rencontrer le jeune Loic et sa famille pendant ses traitements contre la leucémie.

Photo : Isabelle Filion

La greffe et le retour à l’école

En juin, Loic reçoit une greffe de cellules souches de son père. Les semaines qui suivent l’intervention sont critiques et Loic subit deux complications, dont un choc septique. Cette grave infection réduit la circulation du sang vers les organes, qui n’arrivent plus à bien fonctionner.

« Il a fait un choc septique qui l’a mené aux soins intensifs. On a failli le perdre; ç'a été très dur. »

— Une citation de  Isabelle Filion, mère de Loic

Heureusement, Loic s’en sort et la greffe fonctionne.

Après des mois de traitements, il reprend finalement une vie normale et fait l’école à la maison, parce qu’il prend des médicaments qui réduisent l'efficacité de son système immunitaire.

Loic et Zack Germaine dans un fort de neige.

Loic et son frère Zack jouent dans un fort de neige construit cet hiver.

Photo : Radio-Canada / Jocelyn Boissonneault

Zack fait aussi l’école à la maison pour éviter les risques de contamination.

En février, les traitements donnent les résultats voulus, et Loic et Zack ont finalement le droit de retourner à l’école en personne.

J’étais nerveux et très excité, dit Loic.

Un garçon est assis dans une voiture. Un homme costumé en Batman se tient debout.

Le jeune Loic est assis dans une voiture transformée en Batmobile.

Photo : Isabelle Filion

Une année avec un regard différent

Après un an de pandémie, le regard que la famille porte sur la COVID-19, qui a été si centrale pour beaucoup, est forcément différent.

« La COVID, ça ne faisait pas partie de mon quotidien, ce n'était pas ça ma préoccupation; c'était la leucémie de Loic qui faisait partie de mon quotidien. »

— Une citation de  Isabelle Filion, mère de Loic

De temps en temps, on me donnait des statistiques et j'étais comme : "oh, c'est vrai... la COVID est présente". Mais oui, ça a vraiment été une année spéciale, différente, à ne pas répéter! s'exclame Isabelle Filion.

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