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Une année au front contre la COVID-19

Manon Deschênes.

Manon Deschênes travaille à la clinique de dépistage de la COVID-19 à Rimouski depuis le mois d'août.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Manon Deschênes trime dur au centre de dépistage de Rimouski. Celle qui enseignait en sciences infirmières jusqu'en juin a choisi de faire le grand saut pour se joindre à la lutte contre la COVID-19. Nous l'avons rencontrée pour qu'elle nous raconte comment elle a vécu la dernière année.

En juin, Manon Deschênes a été appelée en renfort pour aider au dépistage des résidents du Havre de l'Estuaire, à Rimouski.

Cette expérience l'a convaincue de prendre une pause d'enseignement et de se consacrer à la guerre contre le coronavirus.

Dès le mois d'août, elle commence à travailler au centre de dépistage de Rimouski, d'abord pour procéder à de l'échantillonnage, mais elle bifurque très rapidement vers l'organisation des opérations du centre.

Depuis, les éclosions et les longues heures de travail se sont enchaînées, avec une hausse marquée pendant l'automne.

C'est surtout l'esprit d'équipe qui règne dans le centre de dépistage et l'ampleur du déploiement de personnel pour lutter contre le coronavirus qui ont marqué l'esprit de Manon Deschênes, lorsqu'elle repense à son année.

Ce n'est pas une seule personne qui porte la COVID. C'est gros. C'est incroyable ce que ça a pu mobiliser. [...] Le but, c'est vraiment de protéger la population.

Une citation de :Manon Deschênes, infirmière

Elle avance que divers professionnels de la santé sont venus prêter main-forte pour le dépistage, allant des ambulanciers paramédicaux aux ergothérapeutes.

Des jeunes de 16 et 17 ans donnent aussi de leur temps, les fins de semaine, pour aider au bon déroulement des activités de la clinique.

Manon Deschênes raconte qu'elle-même, dans une même journée, peut s'attaquer à des tâches très variées.

Commandes à passer, usagers à rassurer, questions auxquelles elle s'assure de répondre.... son équipe et elle se partagent les tâches pour s'assurer que les activités du centre de dépistage vont rondement.

La devanture du centre communautaire Saint-Pie-X en hiver.

Manon Deschênes et son équipe travaillent à la clinique de dépistage de la COVID-19 installée au centre communautaire Saint-Pie-X de Rimouski. (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Elle affirme toutefois que le manque de personnel est ce qui a été le plus difficile à gérer dans la dernière année.

On réussit toujours à s'en sortir, mais c'est l'affaire la plus difficile, le manque de main-d'œuvre criant, présent dans plusieurs domaines, avance Manon Deschênes.

Elle souligne aussi que, heureusement, aucun des travailleurs du centre de dépistage n'a attrapé le virus.

Mme Deschênes souligne que plusieurs usagers lui ont demandé si elle avait peur d'attraper la COVID-19. Non, je n'ai pas eu peur, répond-elle.

Elle dit qu'elle se sent en sécurité lorsque les mesures d'hygiène sont appliquées à la lettre, ce qui est le cas à la clinique de dépistage.

Des usagers à rassurer

Parmi les tâches qui incombent à Manon Deschênes, celle de rassurer les gens qui se présentent au centre pour passer un test de dépistage a fortement marqué son année.

Elle explique avoir passé de nombreuses heures à rassurer les personnes qui lui posaient des questions, qui avaient des appréhensions à passer un test de dépistage, à faire de l'éducation sur les mesures sanitaires ou à les diriger vers les bonnes ressources pour ceux qui avaient besoin de consulter un professionnel de la santé.

Un tube tenu par une infirmière qui porte des gants médicaux bleus.

La peur d'avoir contaminé leur bulle familiale règne chez plusieurs usagers qui se présentent pour passer un test de dépistage de la COVID-19. Manon Deschênes raconte que son équipe tente à chaque fois de les rassurer (archives).

Photo : Associated Press / Ted S. Warren

L'infirmière explique que certains usagers sont arrivés à la clinique de dépistage complètement paniqués.

Manon Deschênes se souvient entre autres d'une personne qui devait subir une chirurgie, mais qu'elle a dû rappeler parce qu'elle devait repasser son test de dépistage de la COVID-19.

Elle ne voulait pas que sa chirurgie soit annulée. [...] J'ai juste rassuré la dame en lui disant "en fait, il y a un incident avec l'échantillonnage. Donc, ce n'est pas grave, je vais refaire votre test. C'est probablement négatif. Ce n'est pas pour s'assurer que vous êtes vraiment négative, c'est vraiment qu'il y a eu un impair. Cette dame-là, elle riait. Elle était arrivée, pas coiffée. Elle s'en venait, elle avait peur d'avoir attrapé la COVID, raconte Mme Deschênes.

Une femme la tête inclinée vers l'arrière alors qu'une tige va entrer dans sa narine droite.

Le prélèvement par écouvillonnage dans le nez effrayait de nombreux usagers, selon Mme Deschênes (archives).

Photo : Reuters / Callaghan O'Hare

L'infirmière explique aussi qu'elle a tenté de rassurer plusieurs personnes qui étaient effrayées à l'idée de devoir subir un échantillonnage par le nez.

J'en ai eu, des personnes qui étaient déçues d'eux autres parce qu'elles n'étaient pas capables de passer par-dessus leur anxiété, mais c'est de leur dire "bien, restez en isolement pour 14 jours. Ce n'est pas grave. Flagelle-toi pas avec ça!", raconte Manon Deschênes.

Selon elle, les personnes qui se présentent à la clinique de dépistage sont plus calmes qu'au tout début des opérations puisqu'elles connaissent mieux la mécanique ou parce qu'elles sont plusieurs à avoir déjà passé un test de dépistage.

Mme Deschênes souligne aussi que les tests par gargarisme plutôt que par écouvillonnage ont aussi rassuré plusieurs usagers.

Des éclosions marquantes

Manon Deschênes affirme que quelques éclosions ont été marquantes.

Elle se souvient notamment d'une soirée très intense, en novembre, où plus de 800 tests de dépistage ont été passés en une seule journée.

Ça, c'est marquant pour moi parce qu'on avance et on ne sait plus où on est rendus. On ne sait plus combien de personnes on a vues. C'est impressionnant, souligne-t-elle.

Des gens font la queue devant le centre de dépistage de Rimouski.

Les Rimouskois ont été nombreux à se rendre au centre de dépistage, surtout en novembre.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

L'éclosion qui a touché le cégep de Rimouski, en septembre dernier, reste aussi gravée dans la mémoire de Manon Deschênes.

C'était le premier gros dépistage et une clinique mobile de dépistage a rapidement été mise en place au PEPS du cégep.

Il y a eu beaucoup de bouleversements. Il y a eu des éclosions, beaucoup d'apprentissages à faire.

Une citation de :Manon Deschênes, infirmière

Selon elle, l'organisation de cette clinique mobile a permis d'apprendre à s'organiser de manière encore plus efficace.

Elle cite en exemple le fait que, le premier jour de la clinique mobile, tout était consigné à la main, ce qui ralentissait les opérations.

C'est là qu'on voit qu'on est vraiment dépendants à l'informatique, lâche-t-elle en souriant.

Manon Deschênes explique que des ordinateurs ont été installés dès le lendemain et que, maintenant, des caissons remplis de matériel informatique sont prêts à être déployés en tout temps sur le territoire pour ouvrir de nouvelles cliniques mobiles, si jamais la situation épidémiologique le demande.

Le souci du détail

Manon Deschênes raconte également que son équipe et elle s'assurent que les gens qui ont des préoccupations particulières reçoivent l'aide dont ils ont besoin.

Pour moi, c'est important. Chaque petit détail compte dans ce qu'on fait pour les gens, soutient-elle.

Chaque fois qu'on prend le temps, les gens ont vraiment beaucoup de gratitude.

Une citation de :Manon Deschênes, infirmière

Manon Deschênes cite l'exemple d'un homme qui avait besoin d'une preuve papier du résultat négatif de son test de dépistage, mais qui n'avait pas d'adresse courriel.

Mme Deschênes s'est assurée personnellement qu'un courriel avec le résultat serait envoyé à la fille de l'homme.

Elle affirme que c'était primordial pour lui, pour qu'il puisse rendre visite à sa femme en traitements.

Une femme prend ses courriels.

Manon Deschênes s'est notamment assurée qu'un homme puisse obtenir une trace écrite de son résultat de test de dépistage, même s'il ne possédait pas d'adresse courriel (archives).

Photo : iStock

Manon Deschênes se réjouit qu'un vaccin ait été trouvé si rapidement et que la lutte au virus s'accélère.

Malgré les longues heures de travail qu'elle a cumulé en compagnie de ses collègues cette année, elle garde tout de même l'amour qu'elle porte à son métier d'infirmière.

Je pense que c'est important que les gens s'engagent, même si on entend dire que c'est très difficile. Oui, c'est vrai que c'est difficile. Oui, c'est vrai qu'on fait beaucoup d'heures, mais je pense que, quand on est capables de travailler ensemble, c'est toujours plus gratifiant, plus facile. Je pense que c'est vraiment important que des gens se dirigent encore vers cette profession-là, conclut-elle.

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